Montgomery – Montgomery

montgomery.jpgSi les Français de Montgomery avaient pratiqué la musique électronique, ils se seraient appelés Arling & Cameron et auraient quitté la scène (ou presque), après avoir donné une relecture de la musique pour autant de films imaginaires. Sauf que les Rennais ont été »(Mal) élevés aux 45 tours des Beatles période Sgt Pepper et au sanguinolent In utero de Nirvana« . Du coup leurs musiques de films imaginaires à  eux, marient tout ce qu’il est possible de mélanger en matière de pop pas si naîve qu’elle veut bien en avoir l’air.

De leur référence assumée on repère la guitare saturée de Sonic Youth et la facilité à  pondre des mélodies accrocheuses, quasi rock, complètement barrées, enrichies à  l’esprit du Flaming Lips et à  la réussite de Deportivo il y a une grosse paire d’années.

Des additions de piano qui ressemblent à  du glockenspiel, des choeurs qui font boooouh mieux que Casper le fantôme et il n’en faut pas plus pour que leurs pop songs énergiques de shoegazzers s’en aillent bricoler quelque part dans la chambre de gamin désertée par Tim Burton ou par la Wynona Rider de Beetlejuice. On ne sait jamais vraiment si l’humour est potache, satirique ou vraiment inquiétant. On oscille entre le grand bac plein de bulles de plastique où se vautrent les gamins réjouis, et le film du Dharma experiment des naufragés de Lost. Se fout-on du spectateur/auditeur, ou cherche-t-on à  le mettre mal à  l’aise? On ne parvient jamais vraiment à  savoir si les paroles sont dites avec conviction dans une langue française qu’on voit rarement si peu torturée ou si quotidiennement usitée quand il n’est pas question de variétoche toute pourrie. On prend les ingrédients de, mais on fait mieux: plus étrange, bizarre. Et c’est justement ce qui fait de cet album la lampe bleue qui lénifie puis électrifie les mouches.

Comme une aventure hippie en plein retour de bad trip: pas suffisamment flippant pour savoir qu’on est sorti du réel, pas assez normal pour arriver à  ce dire que jusqu’à  présent tout va bien. Les descentes de Las Vegas Parano doivent avoir quelque chose de Montgomery. Le cadre musical revient, mais pas encore la prise directe avec la réalité; la musique est maîtrisée, mais sa direction artistique reste encore aux mains de quelque chimique décoction. Jean-Louis Murat et son écriture automatique ont du souci à  se faire. Montgomery prouve que, dans le registre, il y a moyen d’éviter la posture / torture de vieux poète buriné par les affres de la vie, mais plutôt d’arborer la coolitude du post adolescent: »façon débraillée, avec lacets défaits, cheveux en pétard et costard froissé.. »

Rafraîchisso-inquiétant. Cool: un néologisme.

Denis Verloes

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Phantomatik / Naîve

Tracklist
01. Champagne
02. Melody
03. Les Astronautes
04. L’Homme Qui Dit
05. Moi
06. Agathe
07. Ornicar
08. Choubidou
09. Jeremy
10. Ma Chair
11. La Recette
12. Page 87
13. Les Larmes

Date de sortie: 15/05/2007
Durée: 40′ 30 »

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