Amiina - Kurr
Amiina est un quatuor islandais composé uniquement de jeunes filles. Forcément avec un liminaire pareil vous avez des images qui sautent immédiatement aux yeux. De jolies vikings qui composent de la musique façon Sigùr Ros ou Olvis. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais avec Kurr, les Islandaises se réapproprient surtout un concept un peu décrié depuis une décennie. L’ambient music.
Parce que c’est vrai que l’album a des vertus soporifiques ou tout le moins apaisantes, pour ne pas que vous alliez vous imaginer qu’il s’agit d’un disque intrinsèquement chiant. Diaphane sûrement, fantômatique évidemment, mais jamais indigent. Edda Rún Ólafsdóttir, Hildur Ársælsdóttir, María Huld Markan Sigfusdottir, Sólrún Sumarliðadóttir (j’adore ce job!) réussissent à imposer une petit monde avec une parcimonie de sons, avec la méticulosité de l’horloger. Un univers aérien qui nous fait finalement plus songer aux réflexions du Lifeforms de Future Sound of London dans les années 90, qu’aux éthers glacés de Sigùr Ros qui rejoignent parfois leurs charmantes compères sur scène et inversement. En fait, si le premier album de Mùm avait réussi à se débarasser de ses lointaines accointances pop, il aurait sans doute ressemble à ce Kurr qui nous occupe aujourd’hui.
C’est que Kurr est un album volatile, mais pas volatile comme le sont les albums de Sigur Ros, flottant dans l’air à mille pieds au-dessus des paysages insulaires. Non. Plutôt volant, comme on volait quand on était petit. Quand ado, on était couché dans un transat’ au jardin, regardant les cumulus qui passaient par dessus les petites maisons d’un quartier bruxellois par trop paisible: imaginant qu’on bougeait parce que les nuages faisaient de même, et finissant par s’endormir au soleil bercé par le bruit d’une bande de bambins, très loin, par un merle qui se perchait au sommet du toit pour entonner son chant, par un petit carillon à tubes de métal balloté par la brise sur la terrasse des voisins, et par le ballet incessant des insectes en train de butiner trois pauvres fleurs en pot ayant échappé au massacre d’une tonte régulière de la pelouse.
On sent que les filles ont travaillé à l’agencement de chaque son, de chaque partie de corde, chaque percussion de xylophone ou cri de scie, pour que chaque titre s’imbrique adéquatement au précédent, pour que la structure interne de chaque morceau n’en fasse ni trop ni trop peu. Et le résultat est à l’avenant. On est séduit par le charme un peu glacé du groupe, par ces titres qui arrêtent le temps et nous invitent à une sieste, mélange de mélancolie du souvenir et douceur d’un moment paisible. Il manque sans doute un brin d’intensité, de signature, pour qu’on soit définitivement conquis, mais en ces périodes estivales rythmées par les pluies à répétition, avec Kurr pour une fois, la mélancolie ne conduira pas aux idées noires.
Denis Verloes
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Ever / Pias
Tracklist
01. Sogg
02. Rugla
03. Glámur
04. Seoul
05. Lúpína
06. Hilli
07. Sexfaldur
08. Kolapot
09. Saga
10. Lóri
11. Bláfeldur
12. Boga
Durée: 50′ 50”
Date de sortie: 18/06/2007
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