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Samir Barris - Quel effet?

SamirBarris_VisuelAlbum_mail.jpgC’est avec un plaisir non dissimulé qu’on s’atèle à la chronique de quel effet ?, premier album solo de Samir Barris. Samir et non Samis comme le prénommaient, il y a peu, Les inrocks relayant son travail sur une compile dédiée à la scène belge; ou encore Farris comme le spécifiait Magic en juillet 2007. Avec plaisir, parce qu’on suit le parcours de l’homme autant que de l’auteur compositeur Schaerbeekois depuis longtemps. Avant même qu’il prenne la batterie comme instrument de travail au sein du groupe Melon Galia, un désormais défunt combo bruxellois qui n’a malheureusement pas marqué l’histoire, malgré son caractère de pionnier d’un retour du chant en français dans la pop belge anglophile et l’égide artistique des dessinateurs Dupuy et Berberian.

On devine que cette fin un peu tristoune d’un groupe qui occupait pas mal des journées du jeune homme a du porter un grand coup au moral. Tout comme on se rappelle avoir discuté avec lui un soir, et raconté qu’on trouvait que ce Melon Galia qu’on venait de juger sur pièces aux festival Nuits Botanique, manquait un peu de strass de Katerine, du charme enfantin de Mathieu Boogaerts et de l’énergie qu’on trouvait à l’époque chez Diabologum, Dominique A, puis Miossec, ou chez les anglophones Yo La Tengo et Pavement, (eux aussi aujourd’hui disparus). Autant de références qu’on savait pourtant appartenir aux goûts de Samir. On se souvient aussi, presque pour l’anecdote, des soirées du “Pignon” à Bruxelles, où on le croisait discutant avec Nicholas Yates, son futur contrebassiste, de Mingus et John Coltrane ; de Mc Laughlin et Paco de Lucia

Ce qu’il y a d’amusant avec quel effet ?, au delà de la coquille orthographique qui semble le poursuivre dans la presse hexagonale, c’est qu’on y trouve un peu de tous ces souvenirs mélangés. On sait que Thierry de Brouwer, leader des Melon y pousse texte et chansonnette en marge de Le Yéti son nouveau projet perso, et qu’Aurélie Muller, bassiste des melons, vient parfois prêter main forte sur scène, à côté de son projet perso avec Thomas Van Cottom (ex-Venus): Soy un caballo. On entend au phrasé de Samir, et c’est une des deux petites critiques qu’on a envie de faire à l’album, qu’il se pose souvent en héritier inspiré du « flow » de Boogaerts (mon agenda) et du Katerine de mes mauvaises fréquentations (cf. l’éponyme quel effet ? ou Salut bonjour) ; parvenant à se départir pourtant d’un mimétisme musical qui aurait tenu lieu de faute de goût. On entend aussi, au fil des chansons, que ce jeune papa n’a pas oublié l’étude académique de la guitare classique exercée en ses primes années. Il distille sa maestria avec six cordes, selon un mode pop / jazzy + contrebasse qui renvoie bien évidemment aux discussions enflammées sur les maîtres de la fusion et de la guitare andalouse.

On s’y bat parfois, c’est la deuxième critique -et on sait qu’on pinaille quand on reporte cette dernière à l’aune de la réussite globale de l’opus-, avec des paroles très “écrites” où plane la (dé)formation d’années facultaires passées à l’étude de la littérature: où l’on se « meut » plutôt qu’on bouge, on « souscrit » plutôt que donne son accord, « tend des perches par contumace» et où on a la « berlue » plutôt qu’on est étonné.

On se réjouit enfin, et Samir fait fort, de le voir jeter un pont entre la pop classieuse à la française et l’énergie jouissive des groupes pop/rock anglo-saxons, le tout avec une presque naïve unité d’univers. Ces titres plus enlevés remportent d’ailleurs l’adhésion inconditionnelle de votre serviteur qui voit en outre avec bonheur y ressurgir la mise en rock d’un je voudrais pas crever, de Vian jadis au répertoire scénique de Melon Galia.

Un disque de retour aux affaires donc, qui mord les Lettres à pleines dents et se voit en padawan de la déjà arrière garde de la nouvelle pop française. Un album qui jette les bases du jazz pop français à la Barris. Lilia a de quoi être fier de son papa et l’auditeur y trouve une occasion supplémentaire de passer un moment frais et léger en compagnie de la chanson française. Un disque qui a mis un peu de temps à trouver un distributeur à l’extérieur du royaume, mais qui devrait s’y installer en douceur, mais pour longtemps.

Denis Verloes

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Stakhanova/Bang! (B) Martingale (F) Lugeon (CH)

Tracklist:
01. Le fossé
02. Quel effet ?
03. Fruit mûr
04. Mon vœu
05. Invitation
06. Mon agenda
07. Le chemin
08. Plaire
09. Les remontrances
10. Je voudrais pas crever
11. Salut bonjour
12. Au pré de toram

Durée: 39’15
Date de sortie : (B) 14/04/2006; (F) 15 juin 2007; (CH) Septembre 2007

Plus+
Le site officiel
L’espace Myspace
5+5 avec Samir Barris
Gribouillis de pochette par Olivier Spinewine, auteur de clair soleil
Nicholas Yates officie par ailleurs chez Ruacutane
Le site du label français
Les vidéos sur Youtube
Les vidéos sur Dailymotion
Les vidéos sur Myspace

Le fossé sur Youtube

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