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The White Stripes - Icky thump

ickythump.jpgBon anniversaire les White Stripes. Pour fêter leurs dix ans de carrière, le duo en rouge et blanc publie un nouvel album appelé Icky thump. Un album qui se nourrit des racines du duo, des expérimentations non guitaristiques de get behind me satan, le précédent opus; et de la récente carrière en “groupe” pour Jack White en compagnie des Raconteurs

Album somme que cet opus anniversaire. On pourrait dire: quel pied! et terminer ainsi la chronique. On se ravise. On est le roi de la chronique fleuve. On va essayer de ne pas en faire trop promis, alors que l’essentiel est dans la première phrase. En effet la vraie fausse fratrie se pique ici d’un album qui peut être considéré comme le plus grand commun dénominateur de ce qu’ils ont déjà publié jusque là, sans faute de goût, sans boursouflure (pas d’hymne pour Secret Story dans cet album, promis), sans caricature non plus.

Après avoir tenté de conserver la formule “duo” tout en éliminant au maximum cette guitare poussée en overdrive un peu fuzzy, sur le précédent opus; après avoir poussé le blues de Jon Spencer sur les sentiers de la pop et prouvé que les racines du rock américain peuvent être so hype au milieu des années 2000; après avoir tâté de l’aventure en groupe avec les Raconteurs: les White stripes se posent, se rassemblent et livrent un album condensant les précédentes assertions.

Aïe se dit le lecteur attentif: album somme, résumé… ceci signifie en général un de ces disques qui ne renouvèlent pas l’histoire du groupe. Une galette qui fournit aux fans des occasions de se réjouir et aux détracteurs, des raisons de se gausser. Ce n’est pas tout à fait faux. On ne peut pas franchement dire qu’Icky thump surprend dans sa construction, comme avait pu le faire, à l’époque, le précédent album. Jack White asseoit effectivement sa formule: du blues, une voix rageuse, une batterie bourrine et des paroles aux gimmicks immédiatement accrocheurs… du White Stripes quoi. On ajouterait bien: du bon; mais vous soupçonneriez un peu trop facilement l’amateur dévoué, caché derrière ce clavier.

Alors qu’est-ce qui peut donner envie à tout qui ne serait pas encore convaincu? D’abord la production. On se rappelle à l’époque de White blood cells en 2002, s’être fait la réflexion que franchement, c’était quand même poussé côté lo-fi. White parvient ici, à retrouver le son “sale” des albums du début, même si on se rend compte qu’il s’agit sans doute ici d’un travail de studio. Qu’importe, le résultat est efficace. On se rapproche des tripes, du jeu de guitare, de l’énergie. Ca le fait. Une production propre qui fait comme si elle était sale, sans tomber dans le cliché ou le clinique.

Ensuite, la prise de conscience. Est-ce l’aventure en groupe de Jack White avec ses Raconteurs ou le sentiment qu’ils finiraient par franchement se répêter à force de multiplier le binôme guitare / batterie martiale? Toujours est-il qu’on entend plusieurs guitares mixées, sur ce nouvel album, des instruments d’appui en forme de cuivre ou de clavier à la bidouille. Les titres qui reviennent pourtant aux origines blues de la formation n’en acquièrent que plus d’ampleur et de facilité rock. L’album est dénué de répétition, de sensation de redondance, ce qu’on ressentait il faut bien l’avouer sur quelques titres de De Stijl ou The White Stripes, pourtant imbibés de la même potion américaine. La réussite tient d’ailleurs dans la capacité à maintenir l’auditeur en haleine au fil du disque, mais aussi de parvenir à éviter l’effet tarte à la crème, ou le mode NRJ… cette méthode qui consiste à plaquer du gimmick imparable mais parfois boursouflé, pour finir en haut des charts et en heavy rotation sur les ondes et dans les stades. Le nouvel album n’est pas aussi “fédérateur” qu’ Elephant, et franchement tant mieux. On est même presque content de se rendre compte qu’il ne se livre pas en entier à la première écoute, qu’il faut se le remettre plusieurs fois pour en percevoir la pleine et magistrale énergie. Bon, d’accord, on est quand même à peu près sûr qu’à quiconque nous demanderait de fredonner le nouvel album, on se mettrait à crier: “connnnnnnqueeeeeest she was just another conquest…” et on est persuadé que ce faisant on contribuerait à user ce single à force de le balancer à tous bouts de champs: bah ce sera toujours plus supportable que 7 nations army non?

Enfin, et c’est induit dans les lignes qui précèdent, on loue ce qui se révèle finalement être une bonne idée: remonter aux racines de la formule musicale des White Stripes. Le blues est roi en la demeure. On se pique même de reprendre l’un ou l’autre standard pour affirmer sa dépendance, plutôt que de courir le lièvre d’un renouvellement factice par l’intellectualisation de la démarche ou par la quête de la “nouveauté à tous prix”.

Non plutôt que cette vaine course au renouvellement, les White Stripes on choisi la voie de l’orfèvrerie. Soit fournir à sa pièce précieuse déjà exposée et reconnue, un écrin qui met en valeur sa beauté originelle. Et l’air de rien, ça aussi, c’est une forme de remise en question de sa formule: la connaître pour mieux la magnifier.

Denis Verloes

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XL / Beggars / Naïve

Tracklist
01. Icky Thump
02. You Don’t Know What Love is (You Just Do as You’re Told)
03. 300 M.P.H Torrential Outpoor Blues
04. Conquest
05. Bone broke
06. Prickly Thorn, But Sweetly Worn
07. St Andrew (This Battle is in the Air)
08. Little Cream Soda
09. Rag and Bone
10. I’m Slowly Turning Into You
11. A Martyr for My Love for You
12. Catch Hell Blues
13. Effect and Cause

Durée: 49′ 23”
Date de sortie: 19 juin 2007

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