Chroniques Express 40
Tiny Vipers, Alex Gopher, el boy die, Kathy Diamond, Someone else, Amélie, V/A Sonar Kollektiv, Seychal-Mills, Jacopo Andreini, Jerry Lee Lewis
Tiny Vipers - Hands across the void
Si Chan Marshall (Cat Power), Will Oldham ou Bill Callahan (Smog) on, depuis plusieurs albums, quelque peu musclé voire délaissé leur slowcore des débuts, laissant du coup le champ libre à d’éventuels successeurs capables de jouer des arpèges “à deux à l’heure” et de nous bouleverser par la même occasion, sûr que Tiny Vipers (”langues de vipères” in french) pourra largement faire figure de digne relève du trio magique avec ce “Hands across the world” tout bonnement magnifique. Porté par les petites épaules de Jesy Fortino, Tiny Vipers déploie sa douce mélancolie sur 7 titres et 42 minutes. Largement suffisant pour se rendre compte que la jeune femme a du talent pour des écrire des folk-songs aussi bouleversantes que dépouillées et auxquelles on s’attache très vite. Une vraie découverte qui on l’espère ne restera pas sans suite ! (5.0) Benoît Richard
Sub Pop/PIAS - 24 juillet 2007 www.myspace.com/tinyvipersss
Alex Gopher - Alex Gopher
Avec un premier album bien sous tous rapport (aaah l’inusable party people), orienté dancefloor, en pleine vague french touch; avec un second essai sous le patronyme WUZ, en compagnie de Demon puis une participation au Superdiscount 2 de De Crécy, Gopher a réussi à montrer qu’il faisait partie du paysage et n’en était pas qu’un anecdote temporelle, liée à ses amitiés versaillaises - il a fréquenté et joué avec la paire Air -. Pour son second véritable album il décide de s’affranchir de l’électronique et de tenter le virage pop synthétique, dans une époque qui justement fait ses choux gras du retour à la guitare. Il revient à ses amours adolescentes où circa 1985 il officiait avec les futurs Air dans la formation Orange. Son album est imprégné de eighties, plus qu’imprégné même, c’est une cure de remontée dans le temps à l’époque de New Order et Talking heads qu’on croirait voisins de palliers de ce nouvel opus. Sauf qu’il ne suffit pas de faire “comme si” pour accoucher de titres imparables, et de se replonger dans un univers remis en vogue pour sortir un album qui plait en 2007 (ben oui si c’était le cas, en vêtements, on aurait déjà depuis longtemps ressorti le bandana et la tiag pour homme). L’album est un enfilage de perles pop 80’s à tendance électronique sombre. Mais rien ici de bien enthousiasmant, et point ici la crainte de se couper par ailleurs de son public initial. (2.5) Denis Verloes
Go 4 Music / V2 - sortie mars - L’espace Myspace

el boy die – how the way is long…
Et l’on continue de découvrir avec beaucoup d’intérêt les nouvelles sorties du toujours plus prometteur label Waterhouse records avec cette fois un musiciens ami de Calc et de Herman Dune avec qui il réaliste un split lp sorti sur le label Shrimper en 2002. Mais c’est en compagnie des membres de l’excellent Cyann & Ben qu’il va réaliser ce premeir album intitulé “how the way is long… ” Débutant avec des chœurs qui rappelle le rock venu de Montréal, mais aussi et surtout le bon vieux Neil Young, “how the way is long…” déroule neuf chansons plus belles les unes que les autres, aux ambiances contrastées, mises en valeur grâce à des arrangements parfaits autour de l’harmonica, de la guitare du piano…. Bref, un chouette disque de country folk/rock, bougrement mature, séduisant de premier abord et vraiment passionnant sur la longueur. Oui, el boy die c’est déjà grand ! (4.5) Benoît Richard
Waterhouse Records – juin 2007 -
L’espace Myspace - Le myspace du label
Kathy Diamond - Miss diamond
Petite surprise de l’été du côté du dance-floor version funk soul, jazzy, Kathy Diamond s’impose sans mal avec un album charmeur, pop en diable, nourrie par une bass omniprésente, des percussions, un orgue hammond, un piano, des synthés sautillants, et surtout la voix sensuelle et affirmée de la demoiselle. Sous la houlette du producteur Maurice Fulton, l’album dégage force et assurance avec des arrangements largement au dessus de la moyenne et surtout une grande variété dans l’approche de la musique electro-funk. Certes rien de bien neuf dans tout ça, mais l’impression de tenir là un bon disque, facile à écouter, jamais vulgaire, bref, typiquement le genre de musique que l’on peut faire découvrir à n’importe qui… sans risque. (4.0) Benoît Richard
Permanent Vacation/Nocturne - juillet 2007 - L’espace Myspace
Someone else – pen caps and coloured pencils
Minimal. C’est d’abord l’adjectif qui vient à l’esprit pour qualifier la musique de Sean O’neal, producteur techno originaire de Philadelphie. En utilisant une recette simple qui consiste à assembler des samples de voix et autres éructations sonores à des micro beats, il créé une musique assez linéaire, peu attractive, qui a un peu de mal à tenir les 75 minutes que dure l’album. Bref, un disque très vite lassant qui nous fait dire en guise de conclusion : n’est pas Akufen ou Plastikman qui veut. (1.0) Benoît Richard
Foundsound/nocturne – juin 2007
Jacopo Andreini - Bossa storta
Jacopo Andreini est le batteur du groupe rock-expérimental-tendance-barbare l’Enfance rouge, alors autant dire que le titre de son nouvel album, Bossa storta, à de quoi surprendre. Les néophytes qui ne comprendraient pas l’ampleur de la discordance peuvent imaginer Philippe Delerm aux commandes d’un OVNI death metal par exemple, un truc fou. Mais tout est dans le deuxième mot « storta » qui en italien signifie « entorse » ou encore « foulure » et là, tout devient limpide. Andreani nous livre une bossa explosée, destructurée avec ajouts de bruits bizarroïdes, de sons électroniques, et d’une rythmique cassée. Une évidente entorse à la bossa de Chico Buarque. La voix de Jacopo très proche de Gainsbourg à ses débuts intervient sur la moitié des compositions. Mais à force de vouloir s’extraire d’un style auquel il souhaite rendre hommage, Jacopo Andreini se fourvoie dans le chanté faux et la musique de laboratoire froide, sans saveur. Erreur qui intervient au détriment d’un travail sur le son qui aurait pu offrir à sa bossa storta une attelle chaleureuse et original. Dommage donc. (2.0) Cédric Vigneault
Saravah - Date de sortie : 23 octobre 2006 - Le site officiel
Amélie - The real nature of the fantastic ice cream car
Croisement improbable entre PJ Harvey, Cocorosie et Bjork, Amélie dévoile sur ce premier album (après un premier EP From The Burning Tree To The Monster Mountain paru en 2006 sur le label Boxson) un folk électrique, puissant et retenu, incroyablement mature et abouti. Débutant sa carrière à Bordeaux, la jeune femme commence à faire de la musique en compagnie du gars du coin, Kim, pour ensuite retrouver Thomas Mery et quelques amis (Jérôme LaMontagne, Erwan Fauchard ou Vincent Dupas de My name is nobody) pour enregistrer son premier album en terre bretonne. Le résultat sonne impeccablement bien. On découvre treize titres tenus, sur le fil, aux textes sous forte influence Tim Burton, où il est question d’enfance, de rêve, de monstres, et d’histoires d’amour. Porté par la voix assurée de la jeune femme, la guitare, le piano jouet et quelques bricoles, l’album dévoile quelques perles… suffisamment pour nous laisser dire la musique d’Alémie est loin, très loin, d’avoir le côté impersonnel que son nom d’artiste laisse présager. Un disque à découvrir très vite. (4.0) Benoît Richard
Boxson/anticraft - juillet 2007 - Le site officiel - L’espace Myspace
v/a Sonar Kollektiv - Ten years who cares !
Dix ans que le label allemand Sonar kollektiv nous distille à un rythme régulier ses sorties toutes placées sous le signe du soleil, des rythmes chaloupés et délicats. Dix ans de musiques sensuelles, veloutées, dix ans de musiques plus ou moins passionnantes, pour déboucher aujourd’hui sur un double cd retraçant l’aventure du label fondé en 1997 par le duo Jazzanova. La première partie est entièrement dédiée à l’histoire du label à travers la sélection de 17 titres sensés représenter l’évolution et les temps forts du label. Le second cd est un mix signé Jazzanova dans lequel le duo laisse aller son imagination et son flair pour nous proposer un set dansant. Un disque anniversaire et surtout l’occasion de se souvenir que sans avoir jamais été au sommet de la hype, le label a toujours réussi à tenir la barre haute, à proposer des choses agréables, modestes, entre jazz, soul, electro-bossa.
Bref, Si ce double Cd n’apportera rien de bien neuf à certains, il permettra en revanche à d’autres de découvrir le travail de deux passionnés qui peuvent dignement souffler les dix bougies de leur bébé. (3.5) Benoît Richard
Sonar kollektiv / Nocturne - juillet 2007 - www.sonarkollektiv.com
Seychal-Mills – Dandelions
Projet du Suisse Vincent Verselle, Seychal-Mills propose une musique électronique qui se distingue d’emblée par des sonorités claires, des rythmes mid-tempo, un côté pop et expérimental à la fois, avec en fond, une démarche intellectuelle qui consiste à inviter la littérature à travers les compositions. Plus précisément l’”oulipo” (ouvroir de littérature potentielle), mais également Camus, Nietzsche ou Bram Stoker dans des textes associés à la musique. Tout ça mis bout à bout donne un album vraiment original, où les sonorités électroniques se mêlent à des instruments traditionnels dans un ensemble harmonieux comme en témoigne par exemple le titre “Weathervane”, un des plus belles pièces de l’album. Sans se rattacher à un courant musical précis, faisant sans cesse le grand écart entre post-rock (made in Chicago) et l’electronica (façon Plaid) Seychal-Mills semble naviguer en électron libre, délivrant une musique qui ne doit rien aux autres et qui s’impose par une façon de faire très singulière, pour donner naissance à quelque chose de très accessible, très palpable et de vraiment passionnant. (4.0) Benoît Richard
Autoproduit - 2007 L’espace Myspace
Jerry Lee Lewis - Last man standing
Dernier représentant encore vivant du légendaire label Sun records (Elvis Presley, Johnny Cash, Roy Orbison…), Jerry Lee Lewis publie ici son premier disque depuis plus de dix ans. Et il met le chroniqueur dans l’embarras. Qui ose juger une légende vivante du rock n roll, quand elle se pique de fournir une galette pile dans la lignée de ce qui l’a fait connaître, admirer, respecter. Il n’y a pas de surprise, mais ce n’est pas la surprise qu’on vient ici chercher. Il y a surtout la patte tranquille d’un pionnier encore alerte et une kyrielle d’invités qu’on se pique de nommer ici, parce qu’on se croirait dans un gala mondain: Jimmy Page, B.B. King, Bruce Springsteen, Mick Jagger, Ronnie Wood, Neil Young, Toby Keith, John Fogerty, Keith Richards, Robbie Robertson (The Band), Ringo Starr, Merle Haggard, Kid Rock, Rod Stewart, Willie Nelson, George Jones, Eric Clapton, Little Richard, Delaney Bramlett, Buddy Guy, Don Henley (Eagles) et Kris Kristofferson. Ouf on a tout dit, ou presque. Le bonhomme de great balls of fire (pour ma génération), édile de son genre propre où se mèle la pop, le blues, le gospel et le jazz éléctrisé/sant y entonne 21 standards d’un rock qu’il a lui même contribué à populariser. 21 titres qui lui doivent en fait beaucoup, interprétés de manière irréprochable: à l’ancienne. Juste nickel. (pas notable) Denis Verloes
Naïve - Septembre 2006 - Le teaser du DVD sorti en parallèle


