Mon frère est fils unique

aff_film.jpgNous avions (tant ?) aimé il y a quelques années Nos meilleures années, immense fresque élégiaque de six heures retraçant à  travers le destin de deux frères Nicol et Matteo une partie de l’histoire contemporaine de l’Italie. Mon frère est fils unique pourrait se voir comme une version condensée sur une trame similaire (la fratrie) de l’épopée de Marco Tullio Giordana, avec néanmoins un aspect politique plus important.

En effet, il faut savoir que le titre en italien du livre dont le film de Daniele Luchetti signe l’adaptation signifie Le facho-communiste, oxymore singulier qui désigne le parcours de Accio Benassi, cadet d’une famille ouvrière. Le gamin affublé du sobriquet La Teigne eu égard à  son goût immodéré pour la bagarre fait de sa vie un terrain d’expérimentation où il se montre à  chaque fois plus extrêmiste : d’abord au séminaire qu’il abandonne très vite parce qu’il estime que son goût de la pureté totale y est galvaudé, puis comme membre du MSI – mouvement d’extrême-droite glorifiant les actes et la vie de Mussolini – avant de rejoindre, à  côté de son frère aîné, les jeunesses communistes.

C’est donc une trajectoire pour le moins illogique que nous suivons, sans bien saisir les raisons de ses soubresauts : est-ce la conscience politique qui vient tardivement à  ce garçon turbulent, le vilain petit canard de sa famille ou est-ce la rivalité avec son frère qui régit son attitude ? Franchement difficle à  savoir, mais quelle que puisse être la réponse, il est hélas évident que le réalisateur du Porteur de serviette passe à  côté de son sujet : comment quelques années après la fin de la guerre un mouvement comme le MSI pouvait voir le jour et entraîner à  sa suite une partie de la jeunesse désenchantée par l’état du pays. L’action se situe d’ailleurs à  Latina, une des nombreuses villes nouvelles situées à  la périphérie de Rome, défigurée par une architecture hideuse (le problème du logement qui fit les beaux jours du Parti des Maisonnettes, est récurrent dans le film).

On n’arrive donc jamais à  prendre au sérieux ce que nous voyons, presque des blagues potaches de jeunes gens qui se cherchent. La langue italienne, toujours idéale pour les cris, les coups de gueule et les tirades lyriques, circonscrit l’histoire à  une aimable comédie, une joyeuse farce. Un ton que le dernier quart d’heure démentira en optant pour une fin honteusement démagogique et facile.
Plus encore que pour Nos meilleures années, qui avait d’abord été une série télé, l’esthétique téléfilm est ici convoquée. Rien d’inventif dans une mise en scène certes vive et énergique à  l’unisson de son personnage principal, zébulon qui ne tient pas en place, en perpétuelle colère. Dispensable.

Patrick Braganti

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Comédie dramatique italienne de Daniele Luchetti – 1h40 – Sortie le 12 Septembre 2007
Avec Vittorio Emanuele Propizio, Elio Germano, Riccardo Scamarcio, Anna Bonaiuto

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2 thoughts on “Mon frère est fils unique

  1. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien sévère pour un film qui me semble mériter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le réalisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’émotion vient de là : de l’énergie déployée par la Teigne, un enfant inadapté à son monde dans lequel il relève toute les hypocrisies et tous les compromis imbéciles, à s’accrocher malgré tout et à chercher à jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mère, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frère ou de ses lèvres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des clés et de l’arrivée dans les logements je te l’accorde est ratée, on dirait du Spielberg émotionnel ridicule mais les dernières images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voilà, voilà,
    A plus tard peut-être,
    Cédric

  2. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien sévère pour un film qui me semble mériter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le réalisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’émotion vient de là : de l’énergie déployée par la Teigne, un enfant inadapté à son monde dans lequel il relève toute les hypocrisies et tous les compromis imbéciles, à s’accrocher malgré tout et à chercher à jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mère, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frère ou de ses lèvres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des clés et de l’arrivée dans les logements je te l’accorde est ratée, on dirait du Spielberg émotionnel ridicule mais les dernières images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voilà, voilà,
    A plus tard peut-être,
    Cédric

  3. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien sévère pour un film qui me semble mériter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le réalisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’émotion vient de là : de l’énergie déployée par la Teigne, un enfant inadapté à son monde dans lequel il relève toute les hypocrisies et tous les compromis imbéciles, à s’accrocher malgré tout et à chercher à jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mère, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frère ou de ses lèvres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des clés et de l’arrivée dans les logements je te l’accorde est ratée, on dirait du Spielberg émotionnel ridicule mais les dernières images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voilà, voilà,
    A plus tard peut-être,
    Cédric

  4. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien severe pour un film qui me semble meriter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le realisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’emotion vient de la : de l’energie deployee par la Teigne, un enfant inadapte à son monde dans lequel il releve toute les hypocrisies et tous les compromis imbeciles, à s’accrocher malgre tout et a chercher a jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mere, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frere ou de ses levres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des cles et de l’arrivee dans les logements je te l’accorde est ratee, on dirait du Spielberg emotionnel ridicule mais les dernieres images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voila, voila,
    A plus tard peut-être,
    Cédric
    Ps : c’est chiant un peu ces problèmes de lettre accentuée !!!

  5. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien severe pour un film qui me semble meriter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le realisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’emotion vient de la : de l’energie deployee par la Teigne, un enfant inadapte à son monde dans lequel il releve toute les hypocrisies et tous les compromis imbeciles, à s’accrocher malgre tout et a chercher a jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mere, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frere ou de ses levres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des cles et de l’arrivee dans les logements je te l’accorde est ratee, on dirait du Spielberg emotionnel ridicule mais les dernieres images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voila, voila,
    A plus tard peut-être,
    Cédric
    Ps : c’est chiant un peu ces problèmes de lettre accentuée !!!

  6. Bonjour Patrick,

    Voilà une critique bien severe pour un film qui me semble meriter un jugement beaucoup plus doux. Je pense que si le realisateur n’a pas repris le titre de facho-communiste, c’est justement pour montrer que le parcours politique de la Teigne est secondaire. Le sujet du film n’est pas le contexte politique du film qui n’en est que la toile de fond finalement, mais la relation de deux frères replacée dans ce contexte politique. L’emotion vient de la : de l’energie deployee par la Teigne, un enfant inadapte à son monde dans lequel il releve toute les hypocrisies et tous les compromis imbeciles, à s’accrocher malgre tout et a chercher a jouir de l’existence.
    A travers le regard de sa mere, ou celui de son frère, du sourire de la petite copine de son frere ou de ses levres, ou de l’attention du membre du MSI. Finalement c’est une histoire d’amour que nous offre Luchetti à travers La Teigne.

    La scène des cles et de l’arrivee dans les logements je te l’accorde est ratee, on dirait du Spielberg emotionnel ridicule mais les dernieres images du film, le plan sur la mère et la mer est lui parfaitement réussi et, à mon avis aurait suffi à exprimer une émotion beaucoup plus forte.

    Voila, voila,
    A plus tard peut-être,
    Cédric
    Ps : c’est chiant un peu ces problèmes de lettre accentuée !!!

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