The Shins – Wincing the night away

Il aura suffi d’une scène de film, où Nathalie Portman évoque un titre de The Shins (New slang) comme le morceau qui change sa vie, pour que les ventes des deux premiers albums du groupe, s’envolent. On se demandait du coup si tant d’attention allait changer la donne pour le troisième opus, ou rendre l’obstacle plus difficile. Il est celui de la consécration. Sans chichi ni embage. Simple et efficace.

On s’excuse d’abord de ne tenir la chronique de cet album que tardivement. Pourtant ça fait un paquet de semaines qu’on le laisse tourner sur notre platine ce wincing the night away insomniaque. Et puis on se dit allez, on y va, on s’y met…. et on ne le fait pas. La faute à  sa qualité d’abord. Impossible de l’écouter sans se laisser emporter par sa qualité pop, par cette capacité qui dépasse toutes celles qu’on pourra évoquer plus bas dans cette chronique: la bande à  James Mercer est avant tout et surtout capable de composer des mélodies qui retiennent l’attention, des pop songs qu’on ne se lasse pas d’écouter et de réécouter encore puis encore. On songe de ce côté là , à  quelques formations de la trempe de Guillemots, Midlake ou même Grandaddy avant le split. Efficace quoi.

Il y a d’ailleurs, comme chez Midlake, cette capacité à  une écriture musicale pas forcément aussi évidente qu’elle n’y paraît, et pourtant jamais casse-bonbons. Même quand les ballades font du zêle et jouent les prolongations, ou quand le titre prend la poudre d’escampette par un chemin de traverse en cours de route; l’auditeur s’y retrouve toujours et continue à  suivre le principe musical moteur, à  adhérer au groupe.

Puis il y a aussi chez The Shins, -comme dans le free the bees de The bees– une capacité à  se jouer des canons californiens des sixties avec une telle évidence qu’on oserait jamais citer un plagiat des Beach Boys ou de la surf music elle-même. Non. Ce serait plutôt comme une méthode distillée dans l’esprit des musiciens, qui permet d’ajouter un peu de soleil dans un ballade pop simple, d’ajouter un peu d’emphase dans un rock qui du coup ne tâte jamais de la FM simpliste.

De l’emphase oui, du soleil de fin d’après-midi ou une nuit de pleine lune sûrement, dans des titres à  la structure pas forcément évidente… mais qui ne versent jamais dans la boursouflure intellectuelle. L’album continue à  s’écouter avec le coeur, simplicité et plaisir primaire. C’est par ailleurs une des grosses réussites de cet album à  côté de la faconde pop évoquée plus haut. Une simplicité qui parvient, mâturité oblige sans doute, à  ne pas se laisser embourber dans les artifices de productions et les arrangements pourtant plus présents, plus nombreux, plus réguliers, plus précis, que par le passé. Les guitares y officient en renfort, comme en léger retrait de la voix qui mène la danse et des arrangements qui s’en font les vassaux zêlés et efficaces. Des grelots par-ci, un banjo par là , une scie, un poil de bottle neck, des bidouilles que ne renieraient pas Islandais et plus de clavier que sur les précédents albums. Il y a pléthore, mais jamais ça ne vire au barnum tapageur.

L’ensemble, mélange de pop, d’orfèvrerie, d’intelligence, de sixties, de rock nerveux et fort d’une signature précise, s’écoute et se réécoute sans lassitude. Il s’écoute plus facilement qu’il ne se raconte. A vos platines.

Denis Verloes

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Sub pop / Pias

Tracklist
01. Sleeping Lessons
02. Australia
03. Pam Berry
04. Phantom Limb
05. Sea Legs
06. Red Rabbits
07. Turn on Me
08. Black Wave
09. Spilt Needles
10. Girl Sailor
11. A Comet Appears

Durée: 41′ 7
Date de sortie: Janvier 2007

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