BENZINEMAG

La vie d’artiste

viedartiste.jpg“La vie d’artiste” est, tout d’abord, la découverte d’un cinéaste confiant et modeste, qui va droit à son sujet. Sans jamais être maladroit dans sa structure triplée (qui manque toutefois d’audace et d’inventivité), son film offre une réflexion amusante et intelligente de l’échec artistique, autant que de la volonté à parvenir dans les hautes sphères de la reconnaissance. Douce chronique de trois personnages aux caractères différents mais recherchant tous la même chose - gloire et statut d’artiste - , liés par l’évolution de leurs engagements, “La vie d’artiste” se dévoile être une pertinente leçon d’ambition et de courage.

Peut-être le réalisateur se complaît-il un peu trop dans ces personnages parfois détestables, miroitant, on l’imagine, sa propre volonté de réussir (bénéfique d’ailleurs, puisque son film sort dans 141 salles en première semaine), et alors peut-on y voir une certaine tendance nombriliste, n’empêche que son film a le mérite d’être d’une grande objectivité sur toute la ligne ; la chance et le talent sont les deux vecteurs vitaux de la montée vers la gloire, et non pas QUE le hasard, la chance ou la tricherie (la façon respective grâce à laquelle les personnages progressent dans le milieu). Marc Fitoussi nous montre bien qu’entre autres choses (notamment la facilité de relation, l’imagination, etc..), seuls ces deux éléments unis peuvent assurer à 99% la réussite. C’est alors déçu que l’on pense quitter le film sur cette touche optimiste (tout le monde est content et n’a plus qu’un pas à franchir) ; mais c’était sans compter la finesse ironique du réalisateur, qui nous gratifie au final de dix minutes d’une méchanceté aussi inattendue qu’espérée, renvoyant à leur place ces protagonistes rongés par les illusions soudaines du futur à partir du moment où la réussite s’offre à eux.

Portée par une banale mais jolie mise en scène et ponctuée de purs moments comiques (autant que d’autres sont émouvants), cette histoire de déception et d’échec arrive tout de même à se re-retourner pour se conclure dans un bain de positivité jamais lourde ni inappropriée. Et quand on voit la gueule du casting (Kiberlain, Podalydès et Dequenne pour les principaux, sans parler des seconds rôles), ou plutôt de la qualité de l’interprétation pour mieux dire, le bonheur se concrétise en tous points.

Jean-baptiste Doulcet

3.gif

Comédie dramatique française de Marc Fitoussi - 1h45 - Sortie le 5 Septembre 2007
Avec Denis Podalydès, Emilie Dequenne, Sandrine Kiberlain, Valérie Benguigui…

 

Plus+

La bande annonce sur Youtube

Commenter cet article

XHTML: Vous pouvez utiliser ces tags dans vos commentaires: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

« Back to text comment
 

Bad Behavior has blocked 2377 access attempts in the last 7 days.