Lonah – Au fond du temps

lonah_1.jpgMalgré plusieurs relances tout à  fait dans l’esprit du groupe (de jolies poésies symbolistes qui n’auraient pas déplu à  Stéphane Mallarmé) on est passé complètement à  côté du premier album de Lonah, diffusé librement sur le web (25 000 téléchargements). On se rattrape avec la sortie de leur second épisode et de leur premier album  » façon ancienne économie  » : Au fond du temps.

Ancienne économie, pas tout à  fait. On se plait ainsi à  souligner l’action du groupe pour une large diffusion de son nouvel opus, disponible à  4 euros sur la plate-forme Fourstep. On note aussi qu’une version « art  » de ce nouvel album est disponible, mêlant album sérigraphié et 40 pages illustrées : sorte de livre-album, livre-objet exclusif. Une initiative, suffisamment sympathique et contemporaine pour qu’on le signale en liminaire de cette chronique.

Reste que même pour quatre euros, ce qui vous intéresse, c’est de quoi il s’agit, avec ce nouvel album de Lonah. Allez on continue de vous faire bisquer un peu, on parlera de musique plus tard. Parce que Lonah, avant toute note de musique, c’est d’abord un univers. Des fresques qui s’épellent sur le Myspace du groupe ou dans les leaflets de l’album, ainsi que apparemment, dans les salles d’exposition. Des fresques à  l’image des relances par mail nous invitant à  découvrir l’album, subtil mélange de mots étranges de vers libres et à  priori absconds ; mixte entre l’univers de David Lynch et les têtes de mort sympa de Tim Burton dessinées, mettons, par De Crécy. Pas clair ? En effet, mais c’est aussi un des atouts majeurs du groupe, que cette capacité à  se draper dans une ambiance étrange, attirante quoiqu’un brin hermétique.

Musicalement, – ah enfin – c’est aussi le mot Univers qui prévaut. Ecouter l’album de Lonah, c’est pénétrer dans un univers musical qui fait feu de tout bois pour le canaliser ensuite dans une chaudière burtono-lyncho-decrécyste. Efficace. Et malgré la multitude de styles et de références qui y sont repérables, l’ensemble se présente de manière très homogène, onirique »Lonah est désormais un groupe de scène, et plus le simple faire-valoir d’un projet artistique multi-formes autour de Raphaëlle Fortier et Eric Debeir né sur les cendres de leur précédente formation. On y croise pêle-mêle des guitares qui n’hésitent pas à  venir tâter de la distortion, des rythmiques jazz, un peu de bidouillages façon Orbital ou Tricky, des mélopées trip hopiennes qui viennent chatouiller l’univers de Beth Gibbons« Et des litanies déposées sur ce lit musical chiadé. Des incantations, des formules magiques, chantées ou psalmodiées par Raphaëlle fortier.

Ces incantations complèteront le charme d’une musique plus que réussie, pour les uns. Pour votre serviteur, c’est leur redondance et le côté hermétique des mots disposés très en retrait dans le mix, qui viennent parfois lasser nos oreilles et qui nous empêchent une lecture complète de l’album sans une pointe de lassitude. Une pointe hein. Il y a ici suffisamment de qualités artistiques variées, pour qu’on imagine un futur serein à  Lonah. Un futur où les ingrédients se cuisineront avec encore plus d’efficacité, et ou les cuisiniers de ce rêve éveillé, de ce chaudron magique, parviendront à  faire disparaître de ci de là , les toutes petites imperfections. A découvrir néanmoins, parce que c’est le genre d’albums pour lequel seul compte la réception individuelle de l’oeuvre.

Denis Verloes

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Fourstep

Tracklist

01. Aurore
02. Morning
03. Fly me
04. Une nuit
05. Mascha
06. Errance
07. With my mind
08. Onirisphère
09. Neige
10. Urban Tale
11. A nuestros huesos
12. Les droides aussi

Date de sortie:
Février 2007
Durée: 45 minutes environ

Plus+
Le site officiel (où acheter la série limitée)
Le site du label (où acheter le disque)
L’espace Myspace
Les vidéos via Google

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One thought on “Lonah – Au fond du temps

  1. Serviteur pour cette chronique (lève son chapeau)

    A signaler juste de ce que suite à une série d’évènements huileux et circonspects, le second album est finalement en libre téléchargement sur le site sous licence Creative Commons conformément à notre engagement dans l’art libre.

    (yiha)

  2. Serviteur pour cette chronique (lève son chapeau)

    A signaler juste de ce que suite à une série d’évènements huileux et circonspects, le second album est finalement en libre téléchargement sur le site sous licence Creative Commons conformément à notre engagement dans l’art libre.

    (yiha)

  3. Serviteur pour cette chronique (lève son chapeau)

    A signaler juste de ce que suite à une série d’évènements huileux et circonspects, le second album est finalement en libre téléchargement sur le site sous licence Creative Commons conformément à notre engagement dans l’art libre.

    (yiha)

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