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Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano

modiano.jpgTiré d’une phrase de Guy Debord, le nouveau roman de Patrick Modiano “Dans le café de la jeunesse perdue” nous plonge une fois encore dans un univers modianesque à souhait, où il sera toujours et encore question de lieux parisiens aujourd’hui oubliés, de souvenirs de jeunesse flous et de personnages obscurs.

Après “Un pedigree”, qui pourrait être vu comme un résumé, un condensé, voire une “compilation” des précédents romans de Modiano et pourquoi pas une manière d’entrer dans l’œuvre de cet auteur exceptionnel, Patrick Miodiano revient à ses thèmes de prédilection en nous proposant un récit à points de vue multiples, presque un polar, un livre à enquête où il est question d’une jeune femme : Louki.
Au milieu des années 60, se réunissent au café de Condé quelques étudiants, poètes, intellectuels, auteurs… parmi lesquels Olivier Larronde, ou encore l’écrivain et auteur dramatique Adamov. Parmi ceux-ci, Louki, de son vrai nom Jacqueline Delanque, personnage au centre de l’histoire et au passé pour le moins mystérieux, un peu à l’image des femmes déjà présentes dans quelques livres de Modiano, dont évidemment Dora Bruder.

Dans une histoire composée en quatre parties, comme autant d’impressions, d’appréciations différentes sur cette femme (dont la sienne), Modiano propose un portait, un album de souvenirs de femme fragile, en quête d’identité, fuyant des ombres de son passé, aussi énigmatique que fondamentalement bouleversante. Une femme libre, sans attache, dont on découvre à chaque page les pièces du puzzle de sa vie sous la plume précise et minutieuse d’un Modiano dont chaque mot, chaque tournure s’apprécie comme une gorgée d’un grand vin.

Roman aussi fascinant que poétique, “Dans le café de la jeunesse perdue” poursuit l’édifice d’une œuvre littéraire unique, dont la simplicité et la force en constituent quelques unes des principales caractéristiques et que l’on retrouve exprimées magistralement encore ici.
Dans la lignée de “Rue des boutiques obscures”, “Villa triste”, “Une jeunesse” ou encore “Vestiaire de l’enfance”, ce dernier livre devrait sans mal combler les amateurs de cet écrivain sans égal.

Benoît Richard

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Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano
Editions Gallimard, Collection : Blanche
160 pages - 14,50 €
parution : 4 octobre 2007

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Un commentaire pour “Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano”

  1. http://lesbouquinsdemaman.free.fr/dotclear/rss.php fbmarin Dit:

    La musique rétro et nostalgique de Modiano, comme une rengaine. Pas d’étoile jaune ici, mais comme d’habitude la peur de vivre, la mort comme cachet d’aspirine. Un Modiano de plus, ni meilleur ni pire, un plaisir de le lire teinté du doute de se laisser avoir par cette délicieuse brume qui entoure ses histoires.

    Posté sur http://lesbouquinsdemaman.free.fr

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