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Vanessa Paradis - Divinidylle

Vanessa_paradis.jpgSur papier l’équation est bonne. Une artiste reconnue, dont le bliss paru au début du nouveau siècle a réussi le grand écart entre murmure, variété et crédibilité, est de retour. Pour ce nouvel essai, elle s’entoure d’une grande partie de l’écurie Tôt ou tard : Thomas Fersen, Franck Monnet, Albin de la Simone ; mais aussi d’Alain Chamfort, Brigitte Fontaine et M ; qui à l’écriture qui aux instruments. Le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur des espérances ni du casting.

Une déception bien réelle qui trouve sans doute essentiellement son terreau dans la musique qui soutient l’album. M est le « bon génie » aux commandes de la plus grande partie de la mise en son et des arrangements de l’album. Le « probl-M », si on peut l’appeler ainsi, c’est qu’on reconnaît immédiatement sa touche au fil d’un album qui n’est pourtant pas le sien. Manière d’amener le gimmick, mais surtout chœurs “à la M” sur plusieurs titres. Ouahaaah gémissant qui déjà fatiguent un peu sur l’abum rose du bonhomme –mais passent très bien en concert du trublion- et qui ici semblent non seulement un poil superflus, mais aussi un brin casse-bonbons. Sauf qu’ici, le bonbon s’appelle Vanessa Paradis, et sa voix, posée sur des textes qui demeurent à la fois efficaces et dans la lignée du précédent opus, ne méritaient pas ça.

Parce que même, allez, si on fait fit des tics Chédidiens, et des gimmicks qui font de divine idylle (le single) un tandem de gainsbourg revisité à la sauce M - c’est dur mais on peut essayer- on ne comprend toujours pas plus pourquoi il s’est entêté à mettre une « couleur » américaine distillée au fil de tout l’album. Une touche mélange de country et de France, d’Arizona et de Meudon, qui étire les notes et évoque des grands espaces des cartes postales vendues près de Beaubourg, où a fragile voix de l’oiseau de paradis à tendance à se perdre dans le vent. Une impression encore augmentée par un travail de studio si clinique, si léché, si propre ; qu’aucun instrument ne semble vivant, joué, malmené, aimé – c’est d’ailleurs une des constantes qu’on reproche aux albums de M, et qui sont généralement balayés quand le fils Chédid passe à l’épreuve de la scène.

Du coup, en plus d’irriter par la « touche M » omniprésente, l’album parfois même lasse, à jouer tout le temps dans le même pré carré musical. Les arrangements (ondes martenot, orgue, violons, moog…) y appraissent comme des éléments « so chic » alors qu’ils auraient pu ou du apporter leur présence douce et romantiques. La voix apparaît détachée, distante, peu concernée, un brin bobo, suffisamment mode… On se rattache par hasard aux branches du final Jackadi qui murmure un amour sincère et dont la proximité dénote avec le reste de de l’album si distant quand on l’aurait voulu si proche. Et on rebondit sur l’incendie qui perpétue les moments les plus rock du précédent opus (commando?) et envoie la mélodie où le texte de Monnet s’accorde parfaitement au timbre fragile de sa muse d’un temps.

On referme l’album avec sa jolie pochette amoureuse signée Johnny Depp, avec un sentiment de douce déception. Pas amère, non, mais un brin de tristesse. Les retrouvailles musicales ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Mais qu’espérait-on réellement ? Pas un disque lisse, trop propre pour être honnête, musicalement pas assez inspiré et trop M-isé pour espérer remporter la mise paradisiaque. Reste à espérer qu’on ne doive pas s’en contenter pour les sept prochaines années.

Denis Verloes

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Barclay / Universal

Tracklist
01. Divine idylle
02. Chet Baker
03. Les piles - En duo avec M
04. Dés que j’te vois
05. Les revenants
06. Junior suite
07. L’incendie
08. Irrésistiblement
09. La bataille
10. La mélodie
11. Jackadi

Date de sortie: septembre 2007
Durée:34′,26”

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