Scout Niblett – This fool can die now

niblett.jpgOn pourrait se gausser, et prétendre qu’on en était sûr quand on évoquait, il y a un chapelet d’années, dans une chro express l’album I am de l’intéressée. Pérorer qu’on était sûr que du magma sous produit et de l’énergie gueularde du précédent essai naîtrait la perle this fool can die now.

Ouais, sauf que… On se rend compte qu’on laissait à  la demoiselle, à  peine le bénéfice du doute. Tant on trouvait la démarche une fille seule, une gratte, beaucoup de disto, des compositions à  l’emporte-pièce et des mélodies aussi absentes que la production, un peu vaines. Même si on trouvait à  la demoiselle ainsi qu’à  sa volonté cathartique, un zeitgeist punk plus sincère que nombre d’héritiers revendiqués du Clash ou des Sex Pistols.

This fool can die now est du coup une bonne grosse claque dans la gueule du chroniqueur pétri de certitudes. D’abord parce qu’à  part les murs de son univers musical, à  peu près tout a changé. Ensuite, parce que c’est une sacrée bonne surprise.

Au rayon des éléments connus, on retrouve sa voix de fausse adolescente pas si naîve, qui ferait passer un ange pour un enfant de choeur. On y retrouve aussi le principe fondateur: une fille+une guitare électrique = un album. Mais cet élément sait ici se parer d’une production digne de ce nom, qui nettoie le son, en accroît la rémanence dans les tympans, plus qu’elle ne cherche à  enjoliver le son oú à  tirer la couverture à  elle: gloire donc à  Steve Albini, qui semble avoir changé son fusil d’épaule sonore sur cet album.

Pourtant Scout Niblett parvient à  ne pas dupliquer sa méthode, et explorer d’autres horizons. La folk imprégnée jusqu’à  la moindre de ses notes de l’esprit du blues américain essentiellement. Un folk blues d’ange, souvent d’ailleurs cautionné sur this fool can die now par la présence de Will Oldham aka Bonnie Prince Billy, excusez du peu, en quatre fragiles duos comme touchés par la grâce. Des passages mélancoliques, presque sereins, desquels explosent parfois et soudainement des décharges de pure adrénalyne menées par une femme et sa guitare en colère.

Une belle et originale réussite d’autant plus efficace qu’on ne l’attendait pas à  cet endroit, ni d’ailleurs réellement de cet artiste. Finalement, le vrai esprit punk au 21è siècle, n’est-ce pas plutôt ce genre de doigts d’honneurs?

Denis Verloes

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Too pure / Beggars / Naîve

Tracklist
01. Do You Want To Be Buried With My People ?
02. Kiss
03. Moon Lake
04. Let Thine Heart Be Warmed
05. Your Last Chariot
06. Black Hearted Queen
07. River Of No Return (reprise du theme du film avec Marylin Monroe)
08. Nevada
09. Baby Emma
10. Yummy
11. Dinosaur Egg
12. Hide And Seek
13. Comfort You
14. Fishes And Honey

Durée: 55′,7 »
Date de sortie: 15/10/2007

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Les vidéos via Google

La vidéo de Kiss (avec Bonnie Prince Billy) sur Youtube

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