Your Happy End + Seabear + Múm, Cabaret Electric, Le Havre 8 décembre 2007

mum01.JPGEn guise de dernière escapade annuelle dans la cité portuaire, nous avions rendez-vous avec toute une délégation islandaise. Avec seulement 3 dates françaises, le détour des simili-stars de Múm par la case Cabaret Electric s’assimile à  une aubaine. Est-ce la notoriété non usurpée dudit groupe ou le côté pratique du calendrier (le samedi, c’est sortie !), ou le cumul des deux faits ?…Allez savoir. Toujours est-il que ce soir, la justice est faite, le public n’a pas rechigné à  s’extraire de ses pantoufles.

En guise d’amuse-bouche, le Cabaret Electric s’en est allé pêcher dans son vivier local pour nous en extirper Your Happy End. Visiblement connus de quelques éléments constitutifs du public, Aurélien Bortoluzzi (voix, piano, guitare) et Guillaume YHE1.JPGZolnierowski (synthés, machines, scratches, guitare, boîte à  rythme) proposent une musique qui navigue dans plusieurs eaux et propose de jolis contre-pieds. Cela va de la chanson piano-voix minimaliste et intimiste à  des orientations ouvertement pop qui ne boudent ni les scratches, les samples et les rythmiques hip-hop à  la sauce Anticon, ni les déchirures noisy ou les tensions rock plus incisives. Un set à  l’éclectisme éclairé pour une musique à  tiroirs que tout un chacun aura le loisir de découvrir sur disque, puisque la paire a annoncé être actuellement en session d’enregistrement.

seabear01.JPG Partis sur les routes d’Europe avec leurs compatriotes et amis de Múm, les joyeux drilles de Seabear emplissent l’espace scénique affublés de tenues très indie dans l’âme, c’est-à -dire négligemment étudiées. Les traits tirés et l’humour pince-sans-rire du leader-guitariste-chanteur Sindri Már Sigfússon offrent un joli contraste avec les frimousses souriantes et l’attitude ingénue des demoiselles flanquées de leur fatras de claviers bon marché, toy piano, glockenspiel et mini-casserole. La situation prête à  sourire, au même titre que leur musique. Fidèle à  ce qu’elle peut être sur disque (The ghost that carried us away, sorti chez Morr), et bien que véhiculant des textes traitant de relations difficiles, d’espoirs (et autres sujets universels très prisés de la sphère pop), leur musique est dotée d’un charme évident et contagieux. Il s’agit d’une pop joviale (très proche de celle de Benni Hemm Hemm, avec qui ils partagent quelques membres), bien troussée, dont les origines scandinaves se trouvent quelque peu estompées, partiellement remplacées par des accents US, ne serait-ce que de part le recours au duo banjo-violon qui tend à  pigmenter l’ensemble de couleurs countrysantes. Une transition plaisante qui aura eu le don de répandre une dose non négligeable de bonne humeur dans son entourage direct.

Pour l’arrivée de Múm, l’élan de solidarité s’exprime : tout le bus islandais (tout juste 15 musiciens) est au rendez-vous pour entonner en choeur solennel Winter, morceau caudal du récent Go go smear the poison ivy. Belle entrée en matière pour un set qui piochera allègrement dans leurs dernières compositions en date, et plus sporadiquement dans le reste de leur impeccable discographie (à  l’exception du très onirique Finally we are no one, complètement zappé ce soir).

mum02.JPGComparativement à  ce que nous avions pu voir il y a 3 ans au Café de la Danse, Múm a su à  l’instar de ses albums, se renouveler sans pour autant remiser au placard ce qui constitue sa substantifique moelle ; à  savoir ce savoureux mélange d’électronique rêveuse, de chants balnéaires, et de mélodies ayant su préserver leur caractère enfantin, sans jamais sombrer dans la niaiserie. Gunnar et à–rvar se détachent de leurs machines pour davantage se focaliser sur la basse pour l’un (le câble sert autant que les cordes pour les émissions sonores), le chant, le mélodica et divers IDI (Instruments Difficilement Identifiables) pour l’autre. Les soeurs jumelles ayant quitté le navire depuis des lustres, l’indéfectible paire s’est entourée d’une belle brochette de compatriotes pour tenir les pupitres de piano, trombone, violoncelle, etc…et du finlandais Samuli Kosminen, absolument remarquable derrière les fûts !

Avec ses allures de jardin d’enfants expérimentateurs un tantinet agités du bocal (l’armada d’harmonica et les la-la de guingois de They made frogs smoke †˜til they exploded), Múm aura une fois encore distillé un bien joli bouquet de saveurs, et par-là  même admirablement défendu un quatrième album lumineux et haut en couleurs.

 

A défaut d’assister à  la messe de minuit qui pointe le bout de son nez, prions pour que le Cabaret Electric et la saison prochaine nous réservent d’autres soirées de cet acabit.

Liens
www.cabaretelectric.fr
www.myspace.com/cabaretelectric
www.yourhappyend.com
www.myspace.com/yourhappyend
www.myspace.com/seabear

www.myspace.com/mumtheband

Photos de Nicolas Carlier

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