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Dave Gahan - Hourglass

hourglass.jpgL’histoire est devenue légende: Dave Gahan a bien failli y rester, après une overdose dans une chambre d’hôtel à L.A. Mais ce qui n’était pas forcément écrit, depuis cet épisode miraculeux; c’est qu’il décide d’empoigner la vie à pleine main et de se mettre à composer en son nom propre. Et voici Hourglass, second opus solo réussi, pour le frontman de Depeche Mode.

Il y a d’abord le constat: alors qu’il a longtemps été le porte-voix d’un groupe essentiellement guidé par Martin Gore, depuis son premier essai; et plus encore sur Hourglass, Dave Gahan décide de sauter à la fois le pas de la composition, et celui de la mise à nu rédactionnelle. La reconnaissance qui en découle, remodèle d’ailleurs les liens du groupe dont il fait partie, pour lequel il endosse désormais en partie, le rôle d’auteur-compositeur.

Entouré du batteur de scène de Depeche Mode (Christian Eigner) et de son programmeur (Andrew Phillpot) il réalise un album personnel, dans la droite ligne du destin de son auteur mais pourtant ni plombant, ni une pâle ressucée d’un Depeche Mode vieillissant. Non. Si la comparaison se fait inévitablement, les sonorités machiniques, la voix puissante de Dave Gahan, nous renvoient bien plutôt du côté du music for the masses que d’exciter, pour ne citer qu’eux. Et s’il est vrai qu’il faut avoir fait un doctorat en Gahanologie pour percevoir dans le détail, dans quelle mesure la musique du soliste se départit de celle de son groupe référent; reste que le bonhomme pioche dans l’époque glorieuse du groupe dont il émane.

Le second argument en faveur de l’album se situe quelque part entre texte personnel et voix. On sent le chanteur en phase avec ce qu’il décrit. Il y a quelque chose dans sa manière d’évoquer le little lie du music business ou le trou down duquel on finira tous, qui étreint le coeur. Sa voix est puissante, poussée comme à sa meilleure habitude par des nappes synthétiques qui la portent et une réverbération qui met en valeur sa capacité à descendre dans les graves. Est-ce un leurre? Ou une manière nouvelle d’envisager le chant? Mais il semble qu’au dela de la facture impeccable de l’organe, il y a comme une étincelle de plus, quelque chose qui fait que l’auditeur a l’impression d’entendre un chanteur concerné par son propos. Une véracité de la forme qui finit par gagner l’auditoire et agit comme un miroir de son âme.

Miroir. Voilà une jolie transition pour évoquer le troisième atout du sablier musical de Dave Gahan . Parce qu’au delà de sa qualité musicale et de l’implication de son auteur, on se rend compte qu’avec le temps, la formule des tout meilleurs DM, ici usitée par le seul Dave; a gagné en pouvoir d’authentification, en reflet du monde qu’il décrit/vit depuis près de 20 ans et dans lequel il s’insère. Ainsi Hourglass est le rejeton et la mauvaise conscience d’une société occidentale contemporaine technologique (ici campée par les synthétiseurs et la batterie cybernétique, métronomique) qui refuse d’abord d’entendre le cri de l’homme moderne (ici jouée par Dave Gahan, à la fois esclave et acteur star de ce nouveau monde) d’abord ignoré (le côté froid de la musique de Depeche Mode) puis considéré comme une émanation artistique (le vécu de l’artiste, la forme jadis à la mode,) un peu vaine ; avant que de finir par étreindre l’âme de l’auditeur. Et serrer tellement fort les sens qu’il devient, pour tout qui a grandi entre Speak and Spell et Violator, comme un verre poli de sa propre vie, mélancolique et indispensable.

Ecouter l’album le matin, dans un métro suburbain forcément bondé, au fil des lignes et des bifurcations, au fil de la routine et des questionnements égotistes, laisse des traces indélébiles sur le moral de la journée et des prochains jours.

Denis Verloes

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Mute / EMI

Tracklist
01. Saw Something
02. Kingdom
03. Deeper + Deeper
04. 21 Days
05. Miracles
06. Use You
07. Insoluble
08. Endless
09. A Little Lie
10. Down

Date de sortie: 22 octobre 2007
Durée: 48′:05”

Plus+
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La chronique de Paper Monsters
Les vidéos via Google

La vidéo de Little lie sur Youtube

La vidéo de Kingdom sur Youtube

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