Actrices

Actuellement, on ne voit pas l’une sans l’autre. L’une, c’est Noëmie Lvovsky, dont le dernier film Faut que ça danse est sorti il y a quelques semaines, actrice et scénariste chez l’autre : Valéria Bruni Tedeschi qui signe son second opus. A les écouter ou les lire, il n’y a pas de doute possible sur l’amitié qui les lie, leurs similitudes de points de vue, leurs manières de travailler et d’envisager le métier de comédienne et de réalisatrice.

Il était donc tentant d’analyser Actrices à  travers le prisme de Faut que ça danse, entre autres parce que des motifs identiques s’y repèrent aisément : l’image du père, la crise de la quarantaine, le désir de maternité. Une tentation hélas qui conduit à  cette conclusion couperet : quand Lvovsky propose une oeuvre débridée et personnelle traitant subtilement de la vieillesse, du rapport à  la famille, Bruni Tedeschi livre un long-métrage mal fichu sur les affres de Marcelline, une actrice répétant et jouant Un mois à  la campagne de Tourgueniev sous la férule d’un metteur en scène despotique – Mathieu Amalric en clone grotesque de Patrice Chéreau. Une actrice qui est aussi une femme sans mari, sans enfants, subissant la présence autoritaire de sa mère, interprétée par la propre mère de l’actrice.
Comme dans Il est plus facile pour un chameau, Valéria Bruni Tedeschi fait entrer beaucoup de sa vie personnelle dans son oeuvre. Ainsi on se souvient qu’elle débuta au théâtre aux Amandiers sous la direction de …Chéreau. Mais il y avait dans le premier film une touche d’émotion, une dimension incarnée qui rendaient sympathque et attachant ce curieux exercice psychanalytique, secondé et encouragé par Noëmie Lvovsky. Valéria Bruni Tedeschi y mettait à  la fois plus de distance, plus de légèreté et d’humour même si par ailleurs la disparition du père malade clôturait le film. Dans Actrices, elle rêve ou croit voir des fantômes : un père hiératique et un frère casse-cou, des visions somme toute attendues et classiques qui n’atteignent en rien la douce loufoquerie des rêves de Sarah dans Faut que ça danse.

Bien sûr, la réalisatrice n’est pas tendre avec elle-même en se peignant comme une femme capricieuse et presque irresponsable, irrésolue à  prendre sa vie en main, s’en remettant aux bonnes grâces de la Sainte Vierge, provoquant une violente dispute avec sa mère, une autre avec sa copine Nathalie au sujet d’un bébé découvert dans les coulisses. A l’image de cette scène – au fort signifiant – Actrices s’éparpille entre les répétitions au théâtre et la vie quotidienne de Marcelline et finit par tourner en rond. On a beaucoup de mal à  adhérer aux problèmes existentiels de cette pauvre comédienne – qui vit quand même à  l’Ile Saint Louis !!!
Rarement drôle, décousu et nombriliste sans la moindre distance, habité de personnages caricaturaux, Actrices déçoit et ennuie.

Patrick Braganti

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Actrices
Film français de Valéria Bruni Tedeschi
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h47
Sortie : 26 Décembre 2007
Avec Valéria Bruni Tedeschi, Noëmie Lvovsky, Mathieu Amalric, Louis Garrel, Marisa Borini

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One thought on “Actrices

  1. Ah merci! Enfin une critique sincère qui n’encense pas tout ce que fait et dit Valéria Bruni-Tedeschi! J’ai trouvé ce film caricatural (sur le monde des acteurs) et ennuyeux (les petites angoisses existentielles de la miss, même si nous sommes nombreux à les partager), et j’ai surtout détesté l’idée véhiculée dans le film qui veut qu’une femme mariée et mère de famille ne peut que s’emmerder dans la vie, vivre dans l’ombre des autres et rêver de tout plaquer! Et une fois de plus, c’est Noémie Lvovsky qui écope de ce rôle… Dommage! Vous avez dit CARICATURE? Je suis sortie de cette séance énervée et frustrée…

  2. Ah merci! Enfin une critique sincère qui n’encense pas tout ce que fait et dit Valéria Bruni-Tedeschi! J’ai trouvé ce film caricatural (sur le monde des acteurs) et ennuyeux (les petites angoisses existentielles de la miss, même si nous sommes nombreux à les partager), et j’ai surtout détesté l’idée véhiculée dans le film qui veut qu’une femme mariée et mère de famille ne peut que s’emmerder dans la vie, vivre dans l’ombre des autres et rêver de tout plaquer! Et une fois de plus, c’est Noémie Lvovsky qui écope de ce rôle… Dommage! Vous avez dit CARICATURE? Je suis sortie de cette séance énervée et frustrée…

  3. Ah merci! Enfin une critique sincère qui n’encense pas tout ce que fait et dit Valéria Bruni-Tedeschi! J’ai trouvé ce film caricatural (sur le monde des acteurs) et ennuyeux (les petites angoisses existentielles de la miss, même si nous sommes nombreux à les partager), et j’ai surtout détesté l’idée véhiculée dans le film qui veut qu’une femme mariée et mère de famille ne peut que s’emmerder dans la vie, vivre dans l’ombre des autres et rêver de tout plaquer! Et une fois de plus, c’est Noémie Lvovsky qui écope de ce rôle… Dommage! Vous avez dit CARICATURE? Je suis sortie de cette séance énervée et frustrée…

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