Les meilleures Bandes dessinées 2007

bds2007.jpg2007 en bande dessinée se termine et la rédaction, toujours aussi réduite, (que les amateurs de BD à  plume se manifestent !) a rendu son verdict. Voici donc 10 livres en bande dessinée pour se remémorer les bons moments de lecture de l’année écoulée.



 

Le choix de la rédaction :

 

rocky1.jpg01) Rocky, t.1 la revanche, de Martin Kellerman (Carabas)
On découvre un jeune adulte aux allures d’ado attardé totalement irrésistible, aussi égoîste, méchant, vil, radin, profiteur et misogyne que Joe Matt »en moins torturé peut-être qui vit de petits boulots et galère pas mal, avec des plans plus foireux les uns que les autres, autant du côté du boulot, des copains que des filles. Personnage peu fréquentable et peu recommandable, Rocky s’avère pourtant, dans cette multitude de strips, totalement poilant !

 

acme.jpg02) acme, de Chris Ware [Delcourt]
C.’est un OBNI (Objet  » bédesque non indentifié « ) que vient de réaliser le talentueux auteur de  » Jimmy Corrigan  » tant par son format ( l’ouvrage est dans un format proche du A3, cartonné) que par son propos. Chris Ware recense tous les procédés possibles de lecture de planche dessinée, dénonce également tous les travers de notre sociétés de consommation. Fausses publicités et vrais  » comics  » personnages récurrents ou histoires décousues, Chris Ware a accouché d’un monstre incroyable, une BD hors du commun sur laquelle maintes fois se replonger avec délice (obligatoire, même, puisque je ne l’ai pas moi-même vraiment terminée »!)

 

 

03) Epuisé, de Joe Matt [Le seuil]
Avec ce troisième livre paru en France Joe Matt nous livre une nouvelle tranche de sa vie d’américain moyen, allant jusque dans les moindres détails, même les plus sordides. Et même si on était habitué à  entrer dans l’intimité du garçon, ce nouvel épisode nous surprend encore par la disposition qu’à  ce garçon à  étaler son intimité aussi crûment aux yeux du monde. Bref, ce livre est un véritable régal, et comme le dit si bien l’auteur page 97 de ce livre : C.’est pas une vie de se branler et de regarder des vidéos porno !

 

 

 

04) Rides, de Paco Roca
†œRides† parle de la maladie d’Alzheimer, et de nombreuses autres qui surviennent à  cette période de l’existence, mais Rides parle surtout de la vie : celle qui n’est absolument pas terminée lorsqu’on entre dans ces résidences, celle qui démarre même, dans ces lieux souvent jugés lugubres : nouvelles rencontres, nouvelles amitiés, consolidations d’amours naissantes ou éternelles, bêtises et facéties pour des grands mômes »Mais, comme chacun sait, tout a une fin. Et celle de cet ouvrage est particulièrement émouvante : le dessin se floute, les cases disparaissent, les pages blanchissent au fur et à  mesure que la Grande Faucheuse s’avance vers les condamnés qui savent leur disparition proche et inéluctable. Et la gorge de se serrer, une fois le livre terminé : à  l’instar de Jacques Brel, Paco Roca offre un très bel hommage aux »Vieux ».

 

the_quitter.jpg05) Harvey Pekar & Dean Haspiel – The Quitter (le dégonflé) [panini comics]
On retrouve bien dans »The Quitter » tout ce qu’on avait aimé dans »American Splendor » et tout ce qui fait le charme du personnage, avec ici en plus le dessin en noir et blanc de Dean Haspiel, qui, à  défaut d’être exceptionnel, se révèle malgré tout très agréable et finit par coller parfaitement avec le récit de Pekar. On notera également le soin apporté à  l’ouvrage avec une reliure rigide de belle qualité ainsi qu’un port-folio à  la fin du livre qui en un objet déjà  totalement indispensable.

 

 

3ombres.jpg06) Trois Ombres, de Cyril Pedrosa [Delcourt]
Il est également question de la mort dans »Trois ombres » mais cette fois-ci, de manière métaphorique, poétique et délicate. Il s’agit là  d’un vraie prouesse, tant les dessins magnifiques, en noir et blanc précis autant qu’épurés, épousent une superbe histoire : un petit garçon choyé par ses parents découvrent des ombres effrayantes au dehors. Troublé, son père décide d’entreprendre avec lui un périple initiatique qui les mènera aux origines de leur famille, et aux portes d’un au-delà  trop précoce. Un album de toute beauté, qui marque durablement.

 

 

07) Jean Régnaud et Emile Bravo – Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill [Gallimard]
Avec un ton et un trait de dessin, des couleurs qui séduisent d’emblée, les deux auteurs, amis dans la vie, ont su trouvé le ton juste et ont réussi à  faire de ce moment difficile de la vie d’un enfant, une bande dessinée superbe, bouleversante, poétique, attachante, pleine de tendresse et d’humanité, mais également pleine de trouvailles aussi bien dans la construction que dans la mise en scène du récit. Découpé en 14 courts chapitres qui rappellent autant de moments forts de l’année des 6 ans du petit jean, †œMa maman est en Amérique »† est un livre qui peut se lire à  n’importe quel âge. Tout plein d’anecdotes et de détails cocasses, il rappellera aux 30/40 ans leur enfance et pourra, pourquoi pas, servir de point de départ à  une discussion entre parents et enfants au sujet de la mort. Quoi qu’il en soit, une grande BD du cru 2007.

 

08) Happy living, de Jean-Claude Götting [Delcourt, coll. Mirages]
Avec ce magnifique récit en noir et blanc, dessiné d’un trait de charbon noir et épais, Jean-Claude Götting nous transporte du côté de la Californie, Hollywood, et nous embarque dans un voyage en forme d’enquête policière, plein de rebondissements, qui voit notre journaliste se transformer en véritable détective privé. Et si †œHappy living† se déguste comme on regarde un bon vieux polar en noir et blanc c’est sans doute grâce à  cette ambiance rétro, à  ce côté grand film en cinémascope si bien restituée dans un livre où l’on ne perd pas une miette de ce qui nous est offert en un peu plus de 130 pages. Un vrai régal !

 

09) Catel & Bocquet – Kiki de Montparnasse [Casterman/Coll. Ecritures]
Dans ce portrait attachant et très documenté, on sent que les auteurs sont tombés sous le chambre de cette femme frivole, gouailleuse et un peu trop libre pour l’époque. Et comment aurait-il pu en être autrement au regarde de cette vie bien remplie, d’une richesse incroyable, dans une époque pleine d’insouciance et milieu dédié avant tout à  l’expression artistique. Une vie trépidante, pleine d’excès, menée à  100 à  l’heure et dont on retiendra d’abord cette photo désormais classique de Man Ray où elle est assise et dont le dos nu est assimilé à  un corps de violoncelle. Il arura donc fallu pas moins de 370 pages à  nos deux auteurs pour compter les mille et unes facéties de Kiki de Montparnasse dans un livre à  la fois, amusant et bouleversant, qui se veut aussi le témoignage d’une page de notre histoire culturelle.

 

10) Pascal Brutal t.2 : Le mâle dominant, de Riad Sattouf [fluide glacial]
Alors que Larcenet déçoit quelque peu en 2007 avec le second volet des aventures de »Nic Omouk » Riad Sattouf continue à  l’inverse de croquer de manière drôlatique et moqueuse son personnage ultra-viril, ultra-sexuel (qui a dit  » bisexuel  » ? Gare au coup de boule de Pascal !), et ultra-cool, donc. Des idées hilarantes à  chaque vignette, surtout quand elles lorgnent du côté de la politique actuelle, et un personnage très bien vu, presque attachant. Un deuxième tome très réussi.

 

 

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