Brisa Roché à  la Maroquinerie, 13 déc. 2007

brisa_rouge.jpg » On vous a longtemps attendu, vous savez.  » Drôle de présentation pour une jeune fille que tout le monde attendait depuis belles lurettes sur scène. Brisa Roché a choisi la salle intimiste de la Maroquinerie à  Paris pour offrir la version live de Takes à  son public avec un mélange de maladresses techniques et d’amour.

Le concert annonçait complet. La salle s’est remplie tranquillement sur les notes Protection de Massive Attack et ce choix n’est peut-être pas le fait du hasard, car visiblement la jeune Brisa Roché a le trac et ne montera sur scène qu’après l’entrée de ses musiciens vêtus de blanc tels ces fameux chevaliers condamnés par l’imaginaire des hommes à  l’éternel devoir de défendre la jeune princesse qui s’est encore fourré dans le pétrin. Quatre chevaliers donc : un petit guitariste énergique (électrique ?), un grand bassiste aux ondulations groove, un batteur de taille moyenne et une jeune blonde aux claviers. Tête légèrement inclinée, sourire en coin, Brisa Roché suivra dans un bustier noir serré, la coupe de cheveux japonisante, et les yeux joliment relevés de noir. Le groupe entame sur High. Curieusement, l’interprétation aux dernières mesures complètement psychédéliques et bruyantes jouée dans une nappe bleutée et brumeuse relève plus d’une apothéose de fin de soirée que d’un début. La suite sera malheureusement moins enthousiasmante avec un son mal maîtrisé qui cherchera pendant tout le set l’équilibre entre la voix et les instruments, voire entre les instruments eux-mêmes avec une basse trop souvent en sourdine et des aigus au clavier à  la limite de l’audible. Les meilleures interprétations, outre High et Ali Baba qui ont montré une vraie nature live alliant jeux de lumières, effets visuels et bonnes sonorisations, seront acoustiques (Hand on steel, et Call me). Les titres plus remuants de l’album comme Heavy Dreaming ou Egyptian qui auraient pu être l’occasion d’un nouvel élan retombent comme des soufflés tristes. Dommage. Reste la personnalité de Brisa Roché, toute mignonne, toute en maladresse avec des mimiques dont Robert Smith pourrait revendiquer la paternité (nez plissé, mouvements de pantin désarticulé). Elle parle, conte des histoires et se laisse aller à  son bonheur.  » Je ne vous vois pas, je vous sens et ça sent bon, très bon.  » Le public transformé en »petites sardines » aimées au fil de la conversation lui répond et les échanges se poursuivent dans une douce chaleur.

Comme elle l’a souvent déclaré à  la presse, avec Take Brisa Roché commence une nouvelle vie, la chrysalide jazzy a pris ses traits de papillon folks et veut désormais assumer son envol avec tous les risques liés à  l’altitude. Mais aussi tous les plaisirs, et ce soir-là , Brisa Roché planera pendant toute la soirée sur son petit nuage arc-en-ciel.

Post-scriptum enervum : l’absence de photographies est dû au zèle ridicule de managers qui ne comprennent pas qu’aujourd’hui tout le monde peut prendre des photos avec des moyens dérisoires comme un petit portable, ou un compact et que de refuser aux chroniqueurs la moindre prise de vue pour illustrer leur article au titre que »que »éh bien justement, ils ne savent pas vraiment, mais bon ils vous demandent de comprendre quand même, pénalise plus l’artiste qu’elle ne le sert.

Cédric Vigneault

Set List
High
Heavy dreaming
Trampoline
Call me
Egyptian
The building
Pitch Black spotlight
The Choice
The Drum
Sugarfight
Without a plan
Baby shut your eyes
Halfway on
Whistle
Breathe in speak out
Hand on steel
Ali baba

Rappel
Whistle

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