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Garage

aff film_7.jpgQuelque part dans l’Ouest irlandais : des ciels gris saturés de nuage lourds surplombent une lande à l’herbe vert foncé et grasse. Triste et beau, deux qualificatifs qui servent bien à noter l’ambiance générale du second film de Lenny Abrahamson, qui confirme son faible pour les paumés et autres déclassés.

Josie - personnage central de Garage - est un homme limité intellectuellement et légèrement handicapé physique : un problème de hanche l’oblige à claudiquer et à marcher souvent. Il est la figure aujourd’hui désuète de l’idiot du village : un garçon solitaire qu’un ancien camarade d’école, M Gallagher, emploie à la limite de l’exploitation pour s’occuper d’une station-service vétuste et peu fréquentée. Enfermé dans son propre monde, cette occupation revêt une énorme importance pour Josie, capable de se focaliser sur d’infimes détails : un présentoir de bidons d’huile à sortir et rentrer chaque jour. Quand son patron lui envoie David, un jeune assistant, pour le seconder les soirs de fin de semaine, Josie se sent investi, d’autant plus que le jeune David, au contraire de la plupart des habitants du village, ne se moque pas du comportement du pompiste.

Ca démarre comme une gentille chronique sans que l’on sache bien où tout cela va nous mener. Sourd aux sarcasmes qu’il essuie au pub du coin, Josie paraît vivre dans un monde à part obéissant à son propre rythme. Pourtant, il en devient de plus en plus attachant car le jeu dépouillé et tout en retenue de l’acteur Pat Shortt - la célébrité comique de l’Eire - parvient à nous faire ressentir ses états d’âme. Garage se teinte alors d’une angoisse diffuse avec l’irruption du cercle des copains de David mais Lenny Abrahamson préfère se concentrer sur Josie en dépeignant de manière très sensible et digne ses souffrances intérieures que sa placidité bonhomme semble nier.
Cet équilibre instable sera rompu par un évènement mineur aux répercussions tragiques, confirmant hélas l’impression de trouble, sinon de malaise, déjà éprouvée. D’individu étrange accepté parce qu’inoffensif - et idéal récipiendaire des quolibets de ses concitoyens - Josie se transforme en pestiféré dès lors qu’un soupçon, aussi mince et dérisoire soit-il, pèse sur lui.

Au final, il ne se passe pas grand-chose dans ce Garage, mais le choix même de l’épure et du traitement sobre et lumineux contribue à faire sonner juste son propos. Des sourires indulgents on est passé à une profonde sympathie pour ce Josie, doux et gentil garçon comme lui déclare en guise de piètre consolation une cliente du pub.

Patrick Braganti

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Garage
Film irlandais de Lenny Abrahamson
Genre : Drame
Durée : 1h30
Sortie : 9 janvier 2008
Avec Pat Shortt, Conor Ryan, Anne-Marie Duff

Plus+ : http://www.garage-lefilm.mk2.com/

La Bande-annonce :

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