Zone libre, Warehouse, O’ death, Olga Kouklaki, Frightened Rabbit, Abbie Gale, L’objet, Frog eyes, M.B. + E.D.A., Let’s go outside, Lewitt, Luis Franco Arena
Zone libre – Zone libre
Au vu des événements, dits « de Vilnius », c’est un vrai plaisir de retrouver Serge Teyssot-Gay une guitare dans la paume, loin de l’agitation désormais passionnelle, entourant Noir Désir. Même s’il se cache derrièrere le patronyme de Zone libre,en compagnie de Cyril Bilbeaud (ex batteur de Sloy, puis de Theo Hakola) et Marc Sens (guitariste bruitiste, accompagnant Yann Tiersen depuis 5 ans) et un artworkdigne d’un groupe de metal. Et musicalement, c’est un peu comme si Mogwai n’avait jamais inventé le post rock en partant de bases pop rock: Zone libre arrive à un mode musical assez similaire dans son atmosphère, mais en faisant feu du bois d’un arbre rock blues dont quelques branches porteuses se nomment Rolling Stones ou Satriani. A défaut d’être très innovant, on dira pourtant que c’est efficace, même si ça flirte parfois avec la guitare virtuose un brin irritante. (3.0) Denis Verloes
T-Rec – sortie janvier 2007 – L’espace Myspace
Warehouse – Escape Plan (EP)
Découvert en première partie du concert parisien de Zenzile au mois de novembre dernier, Warehouse a de quoi séduire. Après un très bon premier album Social lepers club signé en 2004 et passé un peu inaperçu (madré une excellente reprise de Cult hero des Cure), le groupe franco-newyorkais revient dans l’actualité musicale avec ce EP Escape Plan (disponible en vynil ou en version numérique) composé de trois titres inédits et de deux remix signés l’un par le féru de Krautrock, Turzi et l’autre par le meilleur groupe hexagonal de dub, Zenzile. Warehouse poursuit sa quête d’identité en s’éloignant un peu plus de ses grands frères Fugazi et en s’ouvrant à des collaborations juteuses. Même si le chant reste très proche de celui de Ian Mackaye, Parasite est marquée par un retour à l’énergie punk tout en conservant les aspects mélodieux très affirmé et cassette complication superstar flirte avec les instints tribaux d’LCD Sound System. Du côté des remix, là encore l’oreille du manchot ne sera pas déçu. Zenzile a transformé le titre phare du Ep en tube dansant sur les traces de leurs confrères de Birdy Nam Nam. Turzi de son côté l’a délesté de son chant et de ses guitares pour ne conserver que la rythmique et jouer de ses boucles hypnotiques. Leur second album devrait voir le jour en mars 2008 sur le tout jeune label parisien Darenne. Affaire à suivre de très près dans les bacs comme sur scène. (3.5)Cédric Vigneault
Darenne – L’espace Myspace
O’ death – Head home
O’ death c’est une version américaine et hype, de nos Poubelle boys à nous. Soit des gars qui se radinent avec un banjo, un violon, une batterie faite de bric et de broc qui font des bruits presque bizarres et un chanteur foufou qui se roule par terre en hurlant. « Entre choeur gothique et bal populaire crépusculaire » dit la bio vantant un des groupes pionniers dans le New York contemporain, à réhabiliter le bluegrass dans la scène pop rock stricto sensu. On se trouve un peu vite lassé, quant à nous par l’exercice de style rugueux, qui consiste à sucer la substantifique moelle de la country pour la réinjecter ensuite dans un rock pur jus, contemporain avec des non-isntruments. Il manque à O’ death la mélodie qui percute, le refrain qui s’insinue durablement pour faire de l’album plus qu’un simple exercice de style, dans un genre que David Eugene Edwards (16 horsepower, woven hand) nous a appris à révérer de manière bien plus consistante. Reste que la réputation de O’ death s’est construite sur scène, et que c’est peut-être là que l’exercice donne toute sa mesure. (2.0) Denis Verloes
City Slang / Cooperative Music / Warner – sortie 10 juillet 2007 – L’espace Myspace – Le site officiel
Olga Kouklaki – Get a life
Pas vraiment une inconnue dans le milieu de la musique électronique, la jeune grecque Olga Kouklaki a fait ses premières armes aux côtés de Jay Alanski, Avril puis a ensuite prêté sa voix pour le fameux « Budapest » de Poni Hoax en 2005. On la croise également sur le projet Bang Bang et aux claviers du Nouvelle Vague de Marc Collin. C’est en compagnie de ce dernier qu’elle va s’atteler à la production de son album solo « Get a life ». De cette collaboration avec l’homme à tout faire Marc Collin (qui passe sans problème de la bossa nova à la pop électronique), ressort un album à la fois sombre et lumineux, sensuel et généreux, jamais lourd, réussissant le parfait dosage entre pop et arrangements electro soignés. (4.0) Benoît Richard
Perfect Kiss/Pias – janv. 2008 www.myspace.com/olgakouklaki
Frightened Rabbit – Sing the Greys
On sait que quand le label anglais FatCat signe un groupe de rock c’est qu’il est forcément un peu différent des autres. La preuve encore avec Frightened Rabbit, formation venue de Glasgow qui avec sa formule guitare/basss/batterie/chant nous assène un folk/rock direct, sans fioriture et rudement efficace, un peu comme si Coldplay avait couché avec Grandaddy et Clap your Hands say Yeah… et ça marche ! Les douze titres présentés s’avèrent relativement convaincants et, sans atteindre des sommets d’efficacité et d’originalité, le groupe arrive malgré tout à tirer son épingle du jeu grâce notamment à la sincérité et à l’énergie qui se dégagent de cet album. Bref, beaucoup de spontanéité et d’enthousiasme pour un album finalement plein de charme et auquel on s’attache un peu plus à chaque nouvelle écoute… malgré ses défauts. (3.5) Benoît Richard
FatCat/Pias – 2007 www.myspace.com/frightenedrabbit
Abbie Gale – 2
Abbie Gale est une formation grecque qui fait de la pop. Malheureusement c’est presque tout ce que l’on peut dire tant la musique de ce groupe respire trop l’originalité. Malgré l’application et la joliesse qui se dégage de cet album, qui bénéficie en outre d’une pochette digipack de belle facture, on ne ressent que peu de choses à l’écoute des chansons présentées ici. On pense à plein de choses, et pas forcément que des bonnes, et on se dit que finalement ce genre de pop gentillette et inoffensive et surtout archi-rabattue n’a vraiment plus aucun intérêt aujourd’hui. (1.5) Benoît Richard
Inner ear – 2007 www.myspace.com/abbiegale
L’objet – Monorail ep
Seulement 3 titres et 27 minutes pour faire connaissance avec L’objet, une formation conduite par le guitariste Arnaud Boulogne, le bassiste Antoine Harpagès et le batteur Julien Harpagès. A eux trois, ces garçons donnent vie à un post-rock dominé par un rythme de batterie soutenu et une bass bien en avant sur lesquels viennent se développer des motifs de guitare un peu à la manière de ce que pouvait faire certains groupes au temps du krautrock. Ce « monorail » montre donc une formation aiguisée, plus tournée vers l’efficacité que vers l’originalité. Malgré tout le plaisir ressenti à l’écoute de ce trois titres reste intact, ce qui n’aurait peut-être pas été le cas sur un format plus long. (3.0) Benoît Richard
Structure Records – janv 2008 www.myspace.com/lobjet
Frog Eyes – Tears of the Valedictorian
Homme multi-projets, (entre autres Wolf Parade) Spencer Krug revient en compagnie du chanteur Carey Mercer avec la formation Frog Eyes avec un quatrième album « Tears Of The Valedictorian ». Pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, on pourrait définir la musique de Frog Eyes comme un croisement improbable entre Pulp et et la vague canadienne portée notamment par Arcade fire. A partir de là (comme dirait mieux que moi Didier Deschamps) on peut imaginer très vite à quel genre de musique on a affaire, entre envolées de guitares et claviers et poussées vocales lyriques désormais classiques. Bref, une pop gentiment barrée, (vous savez, celles que Pitchfork porte régulièrement aux nues depuis quelques années) et que l’on retrouve ici dans une de ses différentes déclinaisons. Vous l’aurez compris rien de bien neuf, mais encore beaucoup de folie et de bruit pour, au final, un album qui sans être désagréable n’apporte pas grand chose par rapport à tout ce qu’on a pu entendre jusqu’ici dans un genre à peu près similaire. (3.0) Benoît Richard
ruminance/Pias – janv 2008
M.B. + E.D.A. – Regolelettroniche
Du label français Baskaru, on connaissait principalement le très bel album de Gogooo sorti fin 2007 sur lequel le français mettait en avant une musique ambient somptueuse. A la même époque sortait sur ce même label une autre album, lui aussi dédié à l’ambient, mais avec une démarche foncièrement différente pour un résultat lui aussi assez différent. « Regolelettroniche », puisque c’est le nom de l’album, cache derrière son titre en forme de blague une musique ascétique où le drone est roi, où les nappes et les boucles se font répétitives et la mélodie se fait imperceptible, voire inexistante. Composé par le vieux Maurizio Bianchi (né en 1955), figure de la scène avant-gardiste italienne, et la jeune Emanuela De Angelis (née en 1975) associée à de nombreux projets (Tu M’, Mou, Lips !), le duo M.B. + E.D.A. propose quatre titres, dont deux très longs qui servent de plat de résistance à un album assez difficile d’accès et pour lequel on a un peu de mal à tenir la longeur. On conseillera donc avant tout ce « Regolelettroniche » à ceux qui apprécient la frange la plus avant-gardiste de la musique ambient actuelle. (2.5) Benoît Richard
Baskaru – décembre 2007
Let’s go outside – a picnic with the hunters
Pour qui s’intéresse un minimum aux musiques électroniques depuis quelques année, et notamment à la techno, jeter un régulièrement aux sorties du label Soma réserve souvent de belles surprises. Après les rééditions de pièces maitresses de l’IDM signées The Black dog ou encore le formidable dernier album de Vector Lovers paru courant 2007, c’est au tour de Let’s go outside de créer l’événement avec « a picnic with the hunters », une production assez inclassable, entre techno minimale, house et dark pop électronique. Construits très différemments d’un titre à l’autre, les morceaux de l’album s’enchainent sans ligne directrice précise, avec au final un côté assez foutraque qui ressort de l’ensemble. Album finalement assez déstabilisant « A picnic with the hunters » n’en n’est pas une moins une curiosité que les fans de techno s’empresseront de se procurer. (3.5) Benoît Richard
soma/pias – janvier 2008
Lewitt – s/t
Lewitt c’est un groupe de copains, une rencontre à la fac et hop, on se met à composer, à envisager un titre pour le concours CQFD des inrocks. En sortira « table numéro 3″, titre étrange pour une chanson qui va servir d’ouverture à un album de chansons pop/folk, en français (…mais pas tout le temps), quelque part dans le sillage de gens tels que Jérôme Minière, Mathieu Boogaerts ou Superflu. Bref, de la musique pop, des voix posées, tranquilles, de la mélancolie, et plein de jolies mélodies et d’arrangements subtils pour raconter de petites histoires pas forcément tristes. Alors si le cœur vous en dit, laisser vous porter par les ballades légères et pétillantes de Lewitt à qui l’on souhaite un succès à la hauteur de leur talent. (4.0) Benoît Richard
Autoproduit – 2007 www.myspace.com/lewitt
Luis Francesco Arena – PorcelainTandem
On avait découvert Luis Francesco Arena (de son vrai nom Pierre Louis François, ancien membre du groupe Headcases) sur la structure Another Records en 2005 avec un premier album aux accents folk, basé principalement autour de la guitare et de la voix, autour desquels venaient se caler quelques cordes pour des arrangements aussi discrets que jolis. Pas de gros changement serait-on tenter de dire au premier abord. Pourtant, à bien y écouter, on se rend vite compte des progrès fait par le garçon tant au niveau du chant que des compositions. Moins maniéré, le chant de Luis Francesco Arena se révèle ici plus naturel et plus agréable. Côté musique, c’est d’abord au niveau des arrangements que l’on appréciera l’évolution. Entouré d’un quatuor à cordes, ce dernier enrichit sa musique lui donne plus de relief encore, preuve en est cette superbe reprise du « Help » des Beatles. De la belle ouvrage. (3.5) Benoît Richard
Fiat lux records – janvier 2008 www.myspace.com/luisfrancescoarena
















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