Tue-Loup - Le lac de Fish
Si on se met à compter sur les doigts, on se rend compte que ça fait deux bonnes mains, que les Sarthois apparaissent dans le paysage ondulé de la musique indé française
Cela fait 12 années que paraissait le premier album La Bancale découvert sur une compile saisonnière des Inrocks. Depuis 1996/ 97 en fait, peu après la date de création officielle du groupe autour de Xavier Plumas, Thierry Plouze, Stéphane Gosnet et Romain Allanot… et d’une ferme de la Sarthe à Dollon,( pour les natifs du coin). Un album sorti sur la base d’une demo envoyée aux seuls Pias et Inrockuptibles.
Et malgré l’insistance de plusieurs de nos amis, malgré les essais à varier les styles rock abordés, au fil des albums, on est resté de marbre. La belle inutile, Penya. Mieux. On en a fustigé l’un ou l’autre, dont le dernier en date paru au village vert, Rachel au rocher, parce qu’on peinait à en comprendre l’intérêt et la logique.
Du coup, on est surpris de l’efficacité et de la maturité du nouvel opus. Et on est content de pointer Tue-Loup exactement où on espérait les retrouver un jour. Soit à égale distance de la pop d’un Miossec et du rock thématique de Gomez. A mi-chemin entre les plages éthérées du post rock et l’écriture de Murat.
Tous les éléments qui font et ont fait la signature des Manceaux sont ici présent: pas de révolution formelle majeure, mais pour la première fois exactement, précisément et efficacement agencés.
On y retrouve la voix, un peu maniérée de Plumas, là où elle risquait d’agacer, posée sur des paroles trop obscures ou trop écrites; elle s’installe parfaitement dans le nouveau schéma: sans doute d’autant plus efficace que les textes mélancoliques ou tristes (mais jamais tire-larmes) touchent plus directement l’auditeur, et que le mixage a la bonne idée de la relever un peu par rapport aux différents instruments.
Musicalement, on retrouve le Tue-loup du premier album, soit des longues phrases musicales qui titillent le post rock sans jamais y toucher vraiment (on évite de justesse les longues plages éthérées) et viennent se positionner dans une filiation de chanteurs français, sur l’exact médiane engendrée par un Dominique A le moins pop possible. Côté paroles, l’abscond fait ici place au compréhensible et à l’audible, même non rimé, surtout puisque la voix remonte efficacement dans le mix. Les mélodies sont pile poil entre direct de la mélodie et élargissement de l’univers sonore. Les guitares ragent, explorent, mais ne se perdent jamais, retenues d’une main de maître par un schéma directeur puissant. Quand Tue-loup se calme, il assombrit le tableau au pastel foncé. Le groupe rend l’ambiance spleenétique mais pas du tout lacrymogène.
Tout ce qui était « trop » sur le précédent opus, devient mesuré, tout ce qui était « brouillon » sur le premier album est désormais maîtrisé. Et voici comment, à pas de …loup, après un album râté, Tue-loup s’en vient se repositionner sur la carte des groupes français, avec lesquels on a envie de compter. Et ça nous fait bigrement plaisir.
Denis Verloes
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Village vert / Wagram
Tracklist
01. Cabale
02. Avalanche
03. Le Tour De La Terre
04. En FlèChe
05. En Terre Inconnue
06. En Robe DéChiréE
07. Adieu Les Bordes
08. Gisant
09. Le Plan De Rome
10. Ma Diagonale Buissonnière
11. Le Saut De L’Ange
12. Le Lac De Fish
Date de sortie: 15 octobre 2007
Plus+
L’espace Myspace
Les vidéos via Google
La chronique de Rachel au rocher
Viva España (le morceau caché) enregistré en acoustique par Le Cargo, et diffusé sur Youtube


