On doit être malade, un peu, ou en phase de régression. Voilà qu’après avoir dit et écrit le bien qu’on pensait de l’album de Siouxsie, c’est à nouveau par un groupe de papy’s qu’on se laisse surprendre.
Parce qu’ils ne datent pas d’hier quand même, le bonshommes de Duran Duran. La formation officielle et le premier line up provient en fait de 1978. Votre serviteur avait trois ans. Puis Duran Duran a parsemé sa jeunesse de tubes: notorious, girls on films, wild boys… Jusqu’à ce que le chroniqueur larvé soit en âge de porter un jugement sur un groupe qu’il finit par qualifier de « gosses beaux people », aux multiples occurrences d’ailleurs signalées dans le dossier de presse joint à l’album.
Titillé par une chronique dans Magic! On s’est décidé à prêter une oreille plus attentive au nouveau red carpet massacre. Et bien nous en prit. Comme Siouxsie et à l’inverse de, mettons, The Rolling Stones, Duran Duran inscrit son nouvel opus plutôt dans la continuité d’une logique créatrice que dans une volonté à rassembler une base de fans conquis par avance. Ainsi, quitte à les catégoriser, comme à la grande époque, dans la récupération de tendances; autant que cette tendance soit contemporaine, que trop calquée sur leurs flamboyantes années 80.
Du coup, Duran Duran s’entoure de metteurs en son contemporains (Nate Danja Hills) et mâtine sa pop labellisée années 2000 d’influences RNB. Des influences finalement pas ineptes, puisque les mélodies tiennent au corps et provoquent une indiscible envie de dodeliner de la tête, au fil de l’écoute -à l’exception d’une ou deux britpop songs finales dispensables et molles du genou-. Des influences frappées du sceau de la crédibilité, quand Timbaland prète sa voix, ou se glisse derrière les manettes (Night runner, Skin Divers) et que Justin Timberlake se joint à l’effort collectif, le temps de produire un eighties vs 2000′s falling down ou de venir filer un coup de main vocal (Night runner, falling down).
Si l’ensemble n’est certes pas la révélation pop de l’année, il parvient néanmoins à convoquer l’effet madeleine tout en tenant au corps comme une bonne soupe à l’oignon d’après sortie du samedi soir. Efficace donc. Renforcé par les featurings de qualité, mais surtout boosté par une production clinique, d’orfèvre. En matière de rock, il faut remonter au premier Garbage pour retrouver un son rock passé ainsi à la moulinette des machines, ou aux productions de Timbaland pour un RNB aussi léché. Et si chez Garbage , on trouvait que parfois la production nuisait à la spontanéité, quand il s’agit d’un groupe en costumes à paillettes glamour, l’ensemble passe plutôt bien. Et fournit un élément de plus à retenir au crédit de cet album. Plaisir, efficacité, retour gagnant, production léchée… après, on s’en fout non si l’album passe ou non à la postérité?
Denis Verloes
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RCA/ SonyBMG
Tracklist
01. The Valley
02. Red Carpet Massacre
03. Nite-Runner
04. Falling Down
05. Box Full O’Honey
06. Skin Divers
07. Tempted
08. Tricked Out [Instrumental]
09. Zoom In
10. She’s Too Much
11. Dirty Great Monster
12. Last Man Standing
Date de sortie: 19 novembre 2007
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Les vidéos liées au dernier album via Google
L’EPK lié à l’album Red carpet massacre














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