Chroniques express 47

denims.jpgClark, Nada Surf, Steak (BOF), Client, Aaron, The do, Malajube, Thomas Fersen, Cocoon, Dark Dark Dark, Hell Nino, Nicholson, H-Burns, Our Brother The Native

clark.jpgClark – Turning Dragon

Beaucoup plus tournée vers le dance-floor que son prédécesseur, »Turning Dragon » annonce le retour de Clark avec une techno brute et abstraite qui joue sur le mélange des genres avec sonorités acides, textures épaisses et ambiances froides pour un album qui lorgnera autant du côté d’Aphex Tim que l’IDM d’Autechre ou de la techno dans ce quelle a de plus cérébrale et dérangée. Normal me direz-vous, on est chez Warp »et »Turning Dragon » se place dans la grande tradition des disques d’essence Warpienne tels que ceux de Boards Of Canada, Plaid ou encore Squarepusher. Reste que l’aspect rêche et minimal, voireindustriel par moment, d’un album qui devrait quelque dérouter les auditeurs plus habitués aux douceurs en provenance d’Allemagne ou celle plus groovy, plus pop des labels Ed Banger ou Citizen par exemple. Vous êtes prévenus. (2.5) Benoît Richard

Warp/Discograph – 28 janvier 2008

lucky.jpgNada Surf – Lucky

Après deux albums exceptionnels (« The proximity effect » en 1998 et surtout l’immense »Let go » en 2003), les Nada Surf baissent nettement le niveau avec leur quatrième album »The weight is a gift » (2005) sur lequel on ne retrouvait pas la fougue et la force mélancolique appréciée par le passé. Encore convalescents, ils reviennent avec »Lucky »en 2008, un album sur lequel ils retrouvent par instant leur allant d’antan (« See These Bones » »Weightless » »I Like What You Say »), pour le reste, encore un peu trop de sirop dans leur musique pour nous emballer totalement. Pas complètement réussi donc, ce nouvel opus aura au moins le mérite nous réconcilier avec cette machine à  tubes incomparable qu’est définitivement Nada surf. (3.0) Benoît Richard

Barsuk/Polydor -5 février 2008 www.myspace.com/nadasurf

steak.jpgMr Oizo, Sebastian, Sebastien Tellier – Steak (BOF)

A l’inverse du film de Eric et Ramzy dont cet album est la bande son, on ose imaginer un futur radieux aux compositions collectives de Sébastien Tellier, Sebastian et Mr.Oizo. Parce qu’à  l’exercice de créer une musique qui soit à  la fois futuriste et d’inspiration ancienne -une des composantes du film- les bonshommes se jouent de l’obstacle. Tout en arrivant à  placer les inspirations synthé et vintage, en vogue dans la musique électronique 2007. Du coup c’est un peu comme si Richard D James (la déstructure, les cassures rythmiques) essayait, avec le matos de JM Jarre (les synthés, le côté froid et machinique) de faire un album de Laurent Garnier (le côté mode, l’orientation club). Le résultat est honorable, vit sans le film qui l’a vu naître, et reste du coup sans prétention aucune. (3.0) Denis Verloes

Because -13 Janvier 2008 – L’espace Myspace de la BO

Client.jpgClient – Heartland

Jadis duo, A et B sont désormais rejointes par une troisième paire de jambes gainées de bas nylon. Ce nouvel intervenant ne change pas fondamentalement la donne pour le groupe produit par Andy Fletcher. On retrouve donc la touche »Depeche modienne » du groupe, élément qui a sans doute charmé le producteur, qui en est issu. On y trouve aussi une bonne dose de dance musique. Mais Client invente surtout un genre: la musique électronique de bonne famille. Bien sous tous rapports -et donc pas aussi pire que ce qu’on a lu dans plusieurs chroniques – mais totalement vide d’âme et de sens. Un disque totalement inutile, du coup. (2.0) Denis Verloes

Poptones – 10 avril 2007 – L’espace Myspace

Aaron.jpgAaron – Artificial animals riding on neverland

A l’écoute de cet opus tire-larmes, on est tenté de se dire que Keane et Coldplay se sont mariés; et de leur union est né le petit Aaron. On n’engage personne, bien sûr, à  y préter une oreille tant l’ensemble sent la confiture FM anglo-saxonne. Sauf que… Aaron est hexagonal. Et c’est d’ailleurs en français (1titre) qu’on trouve enfin un peu d’identité augroupe. Benzinomane passe ton chemin. M.’est avis qu’en plus ils vont se rafler des prix aux victoires de la musique 2008 (2.0) Denis Verloes

Discograph – Discograph – 29 janvier 2007 – Le site webL’espace Myspace

thedo_a_mouthful.jpgThe Do – A mouthful

On connaît la chanson : un buzz créée sur internet, un myspace aux connexions qui explosent, une musique de pub en guise de bonus, et voilà  comment la sortie d’un album devient très vite un petit événement médiatique (toutes proportions gardées, évidemment). Et comme souvent l’album n’est pas vraiment à  a hauteur de l’attente suscitée. Mais rassurez-vous, rien de très mauvais dans les 15 titres proposés, simplement l’impression d’écouter un album finalement assez quelconque malgré des formes assez originales. Alors qui y a t-il dans cet album évènement de la rentrée 2008 ? Des chansons légèrement foutraques, dans un mélange des genres pas forcément très réussi, qui finit -à  la longue- par lasser… un peu, sans doute, parce que ça part dans tous les sens et qu’on finit par s’y perdre, et aussi peut-être parce qu’il manque à  ce disque une vraie force qui le placerait au-dessus du lot. (3.0) Benoît Richard

Cinq 7 / Wagram – janvier 2008 – L’espace Myspace

malajube.jpgMalajube – Trompe l’oeil

Comment ça, chez Benzine, on avait pas chroniqué le Trompe l’oeil de Malajube? Hé bien on voulait juste se le garder au chaud pour les frimas hexagonaux : la pop-rock sucrée-susurrée des 5 québécois, c’est de la barbe à  papa pour oreilles congelées, un nuage de coton pour cervelles engourdies. Pourtant ces petites guimauves goût sirop d’érable se transforment en piments au vinaigre dès qu’ils apparaissent à  la lumière d’une scène. Mais le vrai art de Malajube, c’est faire gober son yaourt francophone ultra-mélodique aux plus réfractaires du chant dans la langue de Molière. On ne comprend rien sous les canons de voix, les guitares, batteries, xylophones et autres vibraphones, et c’est génial. On arrive à  saisir des bribes surréalistes des ours polaires dans l’autobus, je suis le sang sur ton bistouri, Jesus crie encore plus fort… On sourit et nous aussi, on crie »Encore » plus fort… (3.5) Delphine Maupuy

V2 / Warner – février 2006 – Le site officielL’espace Myspace

Thomas_Fersen.jpgThomas Fersen – Gratte-moi la Puce

Tiens, déjà  un nouvel album du Fersen ? Ah non, c’est un Best-of de poche. 20 chansons de son répertoire revisitées au ukulélé. Allons bon. Mais c’est une maladie, un virus cet instrument ou quoi ? On ne sait plus qui a piqué l’autre, Sharko ? Julien Doré ? Joann Sfar ? les Ukulélés Sessions du Soir.be ? Bon, les chansons légères et cocasses de l’auteur-compositeur-interprète accompagnées d’un instrument qui ne l’est pas moins, pourquoi pas. Et bien »pas » ou du moins, pas les 20 chansons à  la suite. Gratte-moi la Puce, c’est pire que de l’urticaire au bout de 3 morceaux. Cette guitare tahitienne, c’est la puce que vous avez dans le dos, dans les oreilles, dans le cerveau…. Ce petit son aigu et répétitif devient puéril, urticant, horripilant, vexant. La reprise de Bella Ciao, c’est l’Å’dème de Quick assuré. J’en oublierai presque de vous dire qu’il y a tout de même un inédit, »Georges » sur cet album. Je crois surtout que le ukulélé est un instrument aérobie, laissons ce projet s’épanouir sur une scène, peut-être révélera-t-il ses vraies vertus? (2.5) Delphine Maupuy

Tôt ou tard / Warner – 26 novembre 2007 – Un site de fan – L’espace Myspace

cocoon.jpgCocoon – my friends all died in a plane crash

Très justement lauréat du concours CQFD 2007, le duo auvergnat Cocoon sort fin 2007 un premier album aussi prometteur que profond dans lequel on découvre une musique folk envoûtante et mélancolique qui transpire la vielle Amérique à  chaque note. C.’est pourquoi on ne remerciera jamais assez Mark Daumail et Morgane Imbeaud d’avoir chois l’anglais comme langue d’expression tant celle-ci paraît tout naturellement indissociable de leur belle musique qui a, il faut reconnaître, plus à  voir avec celle d’Elliott Smith qu’avec celle de Johnny. Finesse des mélodies, précisons des arrangements, insolente simplicité… rien ne semble manquer sur ce »My Friends All Died In A Plane » où l’on ne compte plus les tubes. Du coup, on en viendrait presque à  se dire que le groupe a déjà  signé là  son meilleur album et qu’il va falloir être très fort ou alors très malin au moment d’aborder la suite. (5.0) Benoît Richard.

Sober and gentle – octobre 2007 www.myspace.com/listentococoon

darkdark.jpgDark Dark Dark – Love You, Bye

Originaire de Minneapolis et désormais offert à  la France par l’entremise du label toulousain What a Mess, Dark Dark Dark, composé de Nona Marie Dark et de Marshall LaCount, est typiquement le genre de groupe que l’on verrait bien dans les concerts à  emporter de la blogothèque tant la musique de ce combo respire la générosité et se prêterait aisément à  ce genre de performance improvisée au coin d’une rue. Joué avec accordéon, violoncelle, et contrebasse, »Love you, bye » charme et nous convainc dès la première écoute du bien fondé de ce groupe qui, avec ses chansons pastorales, son folk mélancolique, ses mélodies entraînantes constitue un des belles surprises de ce début d’année. Il va sans dire que l’on suivra avec attention la suite des aventures musicale de Dark Dark Dark. (4.0) Benoît Richard

www.myspace.com/wamrecords – février 2008 www.myspace.com/darkdarkdarkband

hell_nino.jpgHell Nino – motion Picture
Après »Sound Movie Experience » en 2006, le premier essai de cette formation, Hell Nino revient, toujours sur un format court, nous donner des nouvelles avec une musique qui emprunte un peu la même recette que par le passé, à  savoir un mélange de post-rock, de dub et de samples issus du cinéma populaire (Tarantino, James Bond »). De ce mélange, le groupe met en place des ambiances tendues, sur le fil, qui se révèlent plus ou moins réussies selon les morceaux »notamment ceux où la chanteuse (qui rappelle un peu les pires heures d’Archive) se fait trop présente comme sur le titre »land & freedom ». (2.5) Benoît Richard

www.myspace.com/hellnino – février 2008

nicholson.jpgNicholson – les rastas et les punks
Bénéficiant là  encore d’une belle production aux accents 70.’s (on pense à  Air ou à  Julien Baer) la formation marseillaise Nicholson distille dans ce nouvel album un chanson pop élégante et suffisamment décalé pour attirer notre attention. Un groupe qui n’a pas l’air de trop se prendre au sérieux et qui nous surprend d’abord par la qualité de sa musique et de ses arrangements avec vieux synthés et piano Rhodes en guest. Si la pop nous a dernièrement habitué à  l’excellence (Orwell, Syd matters« ) on peut affirmer aujourd’hui qu’il ne reste plus trop de chemin à  parcourir à  Nicholson pour que ces derniers attrapent enfin le bon wagon. (3.5) BenoîtRichard

www.leschroniques-sonores.org – février 2008 www.myspace.com/nicholsonfrommarseille

OurBrotherTheNative.jpg Our Brother The Native – Make Amends For We Are Merely Vessels

Auteur d’un album assez hallucinatoire (« Tooth And Claw » déjà  sur Fatcat, en 2006) Our Brother The Native remet le couvert avec un nouvel O.M.N.I dans lequel le groupe laisse une fois de plus aller son penchant pour les longues plages post-rock/ambient instrumentales. Empruntant la meme voie que des formations comme Godspeed You Black Emperor, A Silver Mount Zion ou Set Fire To Flames, le groupe aura vite fait de conquérir les amateurs du genre, malgré peut-être le manque criant d’originalité de l’ensemble. Les autres resteront pour le moins dubitatifs devant ces chants gutturaux, ces accents soniques parfois un peu vains et ce côté expérimental propre au genre mais à  la longue assez fatigant. (2.0) Benoît Richard

http://fat-cat.co.uk – février 2008 www.myspace.com/ourbrotherthenative

H_Burns.jpgH-Burns – How Strange it is to be anything at all

On avait découvert le garçon en 2006 avec un premier album généreux mais pas totalement abouti. On n’en dira pas autant pour ce deuxième opus qui marque clairement une progression dans la carrière musicale de ce bluesman qui avec »How Strange it is to be anything at all » se rapproche un peu plus de l’Amérique de Calvin Russell ou de Leonard Coen (au choix). Toujours attaché à  une certaine musique blues/country/folk, H-Burns donne ici un vrai volume à  ses compositions avec des arrangements plus que soignés où l’on retrouve un beau panel d’instruments (guitare sèche, harmonica, piano, guitare slide … ) qui confère à  cet album un côté authentique très appréciable. A ranger tout prêt des albums de Bob Dylan ou Bruce Springsteen. (3.5) Benoît Richard

www.boxson-prod.com – mars 2008 www.myspace.com/hburnsmusic

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