Ker Violette, de Karine Fougeray

ker.jpgUne jeune femme de 36 ans arrive dans un village breton, elle recherche son cheval. Elle est très mince, a de gros seins, elle est blonde, avant de virer au jaune. Dans le premier bar venu, elle commande un kir-champagne et rencontre Félix, un pêcheur devenu artiste peintre. Elle tombe dans ses bras, ivre morte, et débarque chez Violette, une septuagénaire propriétaire d’une maison d’hôtes, les Albatros.

Clara doit absolument retrouver son cheval. Pour comprendre pourquoi, il faut faire le chemin en arrière et grandir dans un foyer où brillait l’amour, entre la radieuse de mère et le père qui s’absentait en mer. La naissance de Clara est venue. Clara comme une eau claire. Clara comme la clarté de son bonheur. Suivie par l’arrivée de Clarence.

Longtemps Clara a cru être libre, légère, butinant d’un point à  l’autre, d’homme en homme, de trois petits tours et puis s’en vont. Tous ont craqué en la voyant : un sourire, un s’il te plaît, des yeux noirs qui scrutent le fond de l’autre. Mais Clara se sent morte à  l’intérieur, alourdie par ses fantômes, pressée de rejoindre son cheval pour reprendre le cours de sa vie, pour revivre. Tout bonnement. Un cheval ?! pense-t-on. Alors je vous vois venir, mais non chassez de votre esprit les images de Robert Redford, le monsieur n’a pas sa place ici. Pas dans cette histoire qui se construit comme un jeu de lego, petit bout par petit bout. Un peu compliquée l’histoire que tu cherches à  nous vendre, rétorquez-vous. Ah mais non.

Que je vous dise… Ceci est un roman qui parle d’amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C’est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu’on se frôle… C’est l’histoire d’une tristesse, d’un abandon, d’un deuil, d’un chagrin. C’est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s’encroûte avec les années. C’est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s’unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l’air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l’eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l’admire, on court après, on s’y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n’est pas tout. La mer, ou la mère ?…

Je ne vous cache pas que »Ker Violette » offre un bonheur de lecture instantané. Première page ouverte, plouf ! c’est l’éponge. Les mots nous collent aux doigts, les lignes s’inscrivent sur notre peau, les personnages sortent du livre pour nous offrir une bolée de cidre et nous partons de suite dans leurs aventures. On s’attachera aussitôt à  Clara, la jolie petite fille qui cherche son cheval ; on voudra se pendre au cou de Félix et on cherchera compulsivement dans le bottin si la pension de Violette existe pour de vrai ! … Ce sont trois personnages jetés sur le tapis vert, les dés sont joués, à  eux de tenir les paris.
Faut-il vous préciser ? Ker Violette sait aussi préserver ses secrets. Pour en savoir plus, lisez le livre !!!!

Stéphanie Verlingue

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Ker Violette
Auteur : Karine Fougeray
Editions Delphine Montalant
250 pages – 18 €¬
Parution : 28 février 2008

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