BO - Koma Stadium
On nous a bassiné avec le retour du punk. Et les journaux spécialisés n’ont eu de cesse que de nous rappeler l’apport de Jacno au genre, “à la française”. Oui mais, le retour gagnant des vieux de la vieille a fait pshit. Même Daniel Darc est devenu plus poète que punk. Et on était presque prêt à croire que le no future français du 21ème siècle, s’appelait Julien Doré. Puis on a découvert BO.
Et soudain, le j’irai chier dans ton vomi entonné par Metal Urbain ces derniers temps a pris un sacré coup de vieux. A l’instar d’Hyperclean dans le domaine de la pop classieuse, BO file avec Koma Stadium un grand coup de pied aux certitudes françaises en matière de punk (Et accessoirement à notre fainéantise, puisque qu’on se rend compte qu’on dispose de l’album depuis pas moins de six mois…. Mea culpa lecteur, on s’est délecté seul pendant tout ce temps). Non le punk n’est pas mort, non il n’est pas forcément issu du Palace et des Ray ban noires. Oui on peut en défaire le code sans passer par Béru ou Ludvig von 88. Oui il y a moyen de tracer une voie originale dans un genre pourtant désherbé jusqu’aux racines. Oui il est possible de réinventer sans nous faire chier. Oui on peut encore placer un album punk idéal, en français, en 2008 (je sais je triche c’est paru en 2007).
Parce que ce qui fait la force de BO c’est sa prise de tête d’avant la création de l’album, qui se transforme en évidence fendarde et en gimmick pop ou rock imparable quand il se présente à l’auditeur. BO a écouté et passé au hachoir à viande, non seulement ses pairs (Dionysos ? Deportivo ?) ses pères (Jacno, Ludvig von 88, Gainsbourg, Bashung) mais aussi tout ce qui a du passer par la platine du bonhomme, depuis l’adolescence. Une pointe de classe, une once de chic, mais rapidement dégonflées par des paroles oulipiennes ou complètement absurdes; mais toujours fondamentalement musicales. On navigue dans le grunge, on rebondit sur la britpop, on effleure les sixties, on pompe avec la soul, on flirte avec le métal, pour mieux sautiller avec le funk, on se prend pour un crooner à cravate….
… Mais on ne se prend jamais pour quelqu’un. On n’oublie jamais de signaler à l’auditeur qu’on est là pour se marrer et non se prendre au sérieux. Un auditeur conquis depuis la première écoute qui se surprend à fredonner l’infredonnable, l’inepte, le fendard. Et un chroniqueur qui va régulièrement au turbin en chantant « Bollywood est à moi…. » sans jamais avoir pensé à prendre le temps de partager. C’est chose faite aujourd’hui, parce qu’il n’est jamais trop tard pour partager un petit plaisir, un amusement badin qui se fait ici musique sans prétention.
Une absence de prétention qui fait enfoncer à BO les cloisons entre les différents genres, avec l’apparente naïveté de celui qui ne saurait pas ce qu’il fait. Ou un foutage de gueule total pour les archétypes et les modèles sérieux de l’histoire de la pop française. Qui semblent avoir eux parfois oublié de dégonfler les mollets. Du coup, BO devient plus punk que les punks label rouge élevé en plein air.
On se disait pour conclure, que c’est sur scène que le BO accompagné de trois musiciens devrait sans doute laisser (s’) éclater la formule. On en a eu la confirmation depuis les six mois qu’on le croise de ci de là en live radio ou ailleurs.
Denis Verloes
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Spozzle / Discograph
Tracklist
01. Bollywood
02. Yokohama
03. Gonzopolis
04. Happy Song
05. Albert & Fred
06. Surf Avec Brian
07. Good Night
08. Pam Pam Pam Pam
09. Miss Pick-Up
10. Dada Klub
11. I Got The Blues
12. Kobenhavn
13. Mary P
14. Un Petit Air Pour Morfar
Date de sortie: 3 septembre 2007
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