Neon neon – Stainless style

Quand il n’est pas à  la barre de ses Super Furry animals, le Gallois Gruff Rhys produit des disques solo plus intimes comme candylion. Sinon? Ben sinon il s’acoquine au producteur et Dj Boom Bip pour la réalisation d’un très réussi opéra rock.

Et en fait d’opera rock, pour le projet nommé Neon Neon, il ne faut pas voir quelque trace de psychédélisme sous acide ou de réminiscence Freddy Mercuryenne. Non. A peine trouvera-t-on, au jeu des parallèles bancals, quelques acouintances avec la démarche d’un Flaming Lips par exemple.

C’est que les bonshommes ont un concept théorique préliminaire fort: raconter en musique l’essor et la chute de l’ingénieur De Lorean dans le milieu des affaires et de la hype. Une épopée qui se matérialise, dans la vie réelle et dans l’imagerie du groupe, par la voiture de sport crée par le technicien: aux portières à  ouverture verticale immortalisée par le retour vers le futur, de Zemeckis.

Maline, l’idée offre aux deux acolytes une excuse musicale à  un voyage rétrofuturiste, autant que des images fortes pour le marketing. D’autres se seraient arrêté là , se bornant à  une ressucée de leurs savoir-faire habituels. Ce n’est pas le cas du duo qui porte fièrement haut ses exigences de qualité.

Comme les seuls opéra rock réussis dans l’histoire de la musique, l’album de Neon Neon enchaîne les bombinettes musicales qui, d’ailleurs farouches, ne se livrent pas immédiatement à  l’oreille de l’auditeur d’abord emmené par le mouvement général. Ce n’est qu’au fil des écoutes qu’on passe du général au particulier et qu’on se permet de préférer tel passage chanté à  tel autre essentiellement instrumental, ou telle ambiance par rapport à  une autre.

L’album prend soin aussi d’alterner moments d’énergie et passages plus calmes; au gré des heurs et malheurs du héros principal, en ascencion, au faîte d’une réussite financière et féminine, le nez dans la poudre, ou plus tard surpris en pleine descente. Les titres des tracks suivent l’histoire.

A ces instantanés d’une vie dont on se foutrait sinon au moins autant que de la dernière cuite de Delphine, collaboratrice honoraire de ce magazine, les deux auriges aux rennes de cet opus font correspondre un genre musical défini et différent. Conférant d’ailleurs à  ce collage bigarré, une pertinence pas forcément évidente avant écoute. On hésite pas à  passer d’un disco presque new wave à  un rap façon De la soul ou à  l’électro enrichi aux années 80 de New Order. On a aucun scrupule à  bondir d’un RNB lascif soulignant la performance (sexuelle) de l’ingénieur auprès de la gent féminine, à  de la pop super furryenne apaisée, voire désabusée.

On se régale, même si on s’entend à  reconnaître que l’album est de ceux qui ne se livrent pas dès la première écoute. La variété formelle liée par la maestria du producteur Boom Bip qui y distille des connecteurs clé s’y révèle une réussite de premier plan. Tout en finesse malgré un sujet à  première vue casse-gueule.

Et on ne peut que se demander si chacun de nos débuts d’années musicales de la seconde moitié de première décennie d’un nouveau siècle est voué à  être dédié à  un certain Gallois chevelu, sous quelque identité scénique qu’il avance.

Denis Verloes

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Lex / Differ-ant

Tracklist
01. Neon Theme
02. Dream Cars
03. I Told Her on Alderaan
04. Raquel
05. Trick for Treat
06. Steel Your Girl
07. I Lust U
08. Sweat Shop
09. Belfast
10. Michael Douglas
11. Luxury Pool
12. Stainless Style

Date de sortie: 17 mars 2008

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