Le grand alibi

alibi.pg.jpgJeu de personnages, caractères miroirs, ambiance à  la limite du film choral british, énigme criminelle.. »Le grand alibi » a en façade tout ce qui fait le charme des romans d’Agatha Christie. Mais les moderniser, comme c’est l’idée ces derniers temps (« Mon petit doigt m’a dit.. » »L’heure zéro »), lui enlève justement beaucoup de ses qualités. A commencer par le sens du détail minime, de quelques odeurs ou de quelques regards qui, assemblés dans un même geste sensuel et flottant, forment une atmosphère toute en mystère et en malaise.

C’est le défaut principal de cette adaptation un peu sage dans sa détermination à  vouloir se réapproprier le texte et le décor, et même si le goût du verbe transparaît élégamment et que le jeu félin et instinctif des acteurs a le don de pousser loin la saveur de la contemplation, que la mise en scène sobre et mesurée dépeint parfaitement les enjeux et les marais qui entourent les personnages, que la photographie de velours sait enrober les corps et que la musique d’Alexei Aigui a gagné son ticket pour figurer parmi les plus belles de l’année, il y a une petite pointe de déception qui, au-dessus de tout, règne en maître.

« Le grand alibi » a beau être la meilleure adaptation d’Agatha Christie parmi les récentes tentatives cinématographiques (toutes ratées), il n’en demeure pas moins un film trop léger et dénué d’atmosphère » Agathachristienne ». Mais de style, Bonitzer sait en faire preuve avec une belle maîtrise et une cohérence assez remarquable, qui s’effondre grotesquement et contre toute attente dans un final insipide et bâclé.

Jean-Baptiste Doulcet

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Le grand alibi
Film française de Pascal Bonitzer
Genre : policier
Durée : 1h33
Sortie : 30 Avril 2008
Avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Valeria Bruni Tedeschi…

La bande annonce :

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