Duffy – Rockferry

De son vrai nom Amy Ann Duffy , la galloise Duffy est à son (joli) corps défendant, un bon produit. Malheureusement, c’est aussi en « produit » qu’on ne peut s’empêcher de l’écouter. Sortir chez une major, c’est à la fois s’offrir le luxe d’une bonne promotion et d’un circuit de distribution efficace. C’est courir le risque, [...]

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Duffy.jpgDe son vrai nom Amy Ann Duffy , la galloise Duffy est à son (joli) corps défendant, un bon produit. Malheureusement, c’est aussi en « produit » qu’on ne peut s’empêcher de l’écouter.

Sortir chez une major, c’est à la fois s’offrir le luxe d’une bonne promotion et d’un circuit de distribution efficace. C’est courir le risque, aussi, de voir son label en faire trop, flairant le bon coup marketing ou le surf sur la vague.

Du coup, il faut arriver à passer outre les photos officielles de jeune Blondie en blouson de cuir, la vidéo stylée, le site officiel en flash décliné en mode armada pour chacun des pays de distribution, avant de seulement se pencher sur la seule musique.

Une musique qui aurait pu être plutôt révolutionnaire, avec son mélange de soul et de voix fêlée de rockeuse, si Amy Winehouse n’était passée par là quelques temps avant, pratiquant la politique de la terre brûlée. Du coup, on se dit: tiens Universal essaie de refaire un « coup » à grand renfort de marketing, même si le joli minoi a été repérée par Rough Trade à Londres, généralement efficace à repérer les talents.

Dommage en fait, parce que derrière, tout là bas sous l’à priori, il y a une musique qui ne démérite pas beaucoup, même si la formule s’étiole un peu sur la longueur d’un album pas toujours égal. Dommage parce que l’à priori plombe les qualités intrinsèques d’un album sur lequel s’est penché avec attention un co-réalisateur émérite: Bernard Butler (ex-Suede et Tears).

Alors essayons de plaider la cause de Duffy. La Galloise a un timbre particulier qui s’approprie la soul Motown de fort belle façon, en une pop qui est à la soul ce que les Andrews Sisters sont au jazz: une vaste entreprise de popularisation. Elle a l’air sincère, et les singles rockferry ou mercy donnent l’orientation d’une évidence pop qu’on aurait aimé croiser plus souvent au fil de l’album. Parce qu’en de trop rares moments, elle synthétise à la fois son identité et l’histoire du genre musical qu’elle aborde. En rendant du coup la réalisation agréable et difficilement datable.

Ca ne sauve pas un album un peu trop usé par l’écoute et un marketing trop prégnant, mais ça nous fait écrire dans la marge de notre agenda: Duffy, à suivre si second album. A re-juger.

Denis Verloes

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A&M/ Rough trade / Universal

Tracklist
01. Rockferry
02. Warwick Avenue
03. Serious
04. Stepping Stone
05. Syrup & Honey
06. Hanging On Too Long
07. Mercy
08. Delayed Devotion
09. I’m Scared
10. Distant Dreamer

Date de sortie: 13 mai 20008

Plus+
Le site officiel
L’espace Myspace
Les vidéos via Google

La vidéo de Mercy via youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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