(swell) – South of the rain and snow

swell.jpgOn n’attendait plus vraiment de nouvelles des San Franciscains de Swell. Les rumeurs parlaient de split, les fans s’en retournaient vers la huitaine d’album du trio. Les autres continuaient dans une indifférence quasi généralisée.

C’était sans compter la détermination d’un label bordelais, connu pour ses choix spécialisés et son éternel gage de qualité. Talitres s’en est allé chercher l’opus du désormais solitaire David Freel, et lui donne dès mai 2008 une sortie Digipack qui ravira les fans.

Séparé de son batteur Sean Kirkpatrick, et de son bassiste à  dread locks Monte Vallier, Freel continue seul son ouvrage folk blues mélancolique, pessimiste et maussade. La bio pointe une évidence: »la tristesse cotonneuse et l’anxiété d’antan ouvrent ici également la porte à  une lueur d’apaisement rarement entrevue ».

Et certes, Freel perpétue son songwriting de bonhomme mal rasé caché sous une éternelle baseball cap de pompiste grasse. Et oui effectivement, l’effet ressenti par l’auditeur est celui d’un homme mûr appesanti sur sa guitare électro-acoustique. Qui ne larmoie ni ne se lamente, évoquant quelque déconfiture.

Oui mais, oui mais… Au risque d’enfoncer une porte ouverte: la basse et la batterie originelle s’en sont allées. Elles ont été remplacées par des faire valoir, comme autant de musiciens de studios, habiles servantes, mais jamais réellement actrices de ce nouvel opus. L’air de rien, la formule sombre mais jamais plombée devait beaucoup à  ce groove discret presque fusion (métal rap) de la basse, et au frappé matraqué de la batterie (qui ressemble un peu au prédécesseur, mais pas tout à  fait). Une forme vitaminée, comme quelqu’un qui hurlerait sa tristesse au vent avec la rage du désespoir, qui faisait la puissance de Swell, et la force des concerts (ah, too many days without thinking en live sur la scène de l’orangerie du jardin botanique à  Bruxelles…)

Et l’auditeur de se retrouver seul avec Freel, comme il écouterait les maquettes de chansons proposées au groupe. Un songwriting expert, égal à  lui-même, contenant les germes du titre indispensable.

Reste que ce blé en herbe, s’il génère beaucoup de regrets (ah si…) reste un album d’homme seul guitarisé, folk, blues, qui ne se laisse pas encadrer pourtant dans les stricts canons parfois casse-burnes du genre. On se laisse gagner par l’exercice, qui sied parfaitement à  un road ou train trip. On savoure même les lumineux moments touchés par la grâce. Mais on a pourtant du mal à  se dire qu’on est en train d’écouter un album de Swell.

Denis Verloes

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Talitres / Differ-ant

Tracklist
01. Kicking all them ghosts
02. Troubles loves you
03. Saved by summer
04. Comes right here
05. Our aquarium
06. South of the rain and snow
07. Good good good
08. Tell us all
09. The measure of this moment
10. Waiting for a beer

Date de sortie: 19 mai 2008

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