MGMT – Oracular spectacular

Mgmt.jpgOn le sent venir gros comme le nez au milieu d’une figure, le coup de Columbia. Essayer de performer une rentabilité minimale avec une musique qui eût été il n’y a pas si longtemps encore réservée à  de gros indés ou des défrîcheurs ex-majors, à  la Because.

Le corollaire de cette démarche nouvelle est qu’on va en bouffer à  toutes les sauces du MGMT: synchro sur des pubs, illustration sonore chez Telefoot… Jusqu’à  user un peu le plaisir d’écoute sur l’autel de la hype et de la vente. Alors vite, il reste encore un petit créneau avant transformation.

Parce qu’on est pas encore usé à  force de l’entendre l’album de MGMT (pour ManaGeMenT), cet oracular spectacular en provenance du duo très Justice-o-chemichalbrotherien-rien-à -voir-mais-un peu-quand-même. Du coup, on peut encore jouer avec le gimmick addictif de l’indispensable time to pretend, et se repasser la dizaine de titres, dont aucun n’est à  jeter, sans avoir à  ressentir de lassitude. Pénétrer sans la force de l’habitude dans l’univers unifié en concaténé d’oracular spectacular. Puis louer la communauté de fans du duo Brooklynois: Andrew Vanwyngarden, Ben goldwasser. Se dire que c’est grâce à  leur opiniâtreté, grâce à  leur constitution en label, pour sortir leurs deux premiers EP, qu’ils ont ouvert les portes d’une distribution très/trop large offerte par une major.

Définissons la musique de MGMT, maintenant, une fois ce long préambule posé. Facile? Une nouvelle émanation de ce »résumé en avant » dont est pavé la musique contemporaine! Soit la capacité (produite par Dave FridmannFlaming lips, Mercury rev -) à  condenser: une évidente capacité pop, l’hallucination psyché / hippie lascive des années Flower power, le glam, les inflexions de Bowie, le soleil d’une Californie phantasmée, l’énergie et la fougue des rockeurs en fin d’adolescence (Strokes, Oasis, Babyshambles) ainsi que la force des rock opera à  la Who? et quelques touches de l’électro d’Orbital. La capacité aussi, dans un mouvement d’implosion d’abord, et d’explosion ensuite, à « rebalancer »cet »emmagasinage » de références élimées en une forme novatrice, immédiatement identifiable comme la patte d’un groupe qui sait où il va.

Et dans cette formule dont l’imagerie présente deux zébulons hirsutes qu’on croirait téléportés tout droit d’une rave party nineties dans un bois de Seine et Marne au feu de camp d’une plage de la côte ouest américaine; on est enclins à  imaginer plutôt MGMT sous acide, pénètrant, sous la musique d’un Beethoven joué à  l’orgue électronique, dans le milk bar d’Orange Mécanique.

Le résultat est un album qui fera sans doute les belles heures de 2008, alternant bombinette pop et titre accentuant l’ambiance psychédélique générale. Un album à  écouter de toute urgence, avant que le marketing musical ne s’en empare et ne nous en écoeure pour un bon bout de temps. Attention album hype! Attention album bon!

Denis Verloes

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Columbia / SonyBMG


Tracklist

01. Time to Pretend
02. Weekend Wars
03. The Youth
04. Electric Feel
05. Kids
06. 4th Dimensional Transition
07. Pieces of What
08. Of Moons, Birds & Monsters
09. The Handshake
10. Future Reflections
11. Electric Feel (Video)

Date de sortie: 22 janvier 2008

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