Jens Lekman – Night falls over Kortedala

Oui oui, on sait, on sait… On vous a déjà fait le coup du crooner décalé venu du froid, innondant le monde occidental de ses mélodies à l’ancienne, traitées pourtant de manière modernes. Et alors? La dernière fois qu’on vous parlait d’un crooner nordique, cela devait être rapport au folk suave et arrangé, impeccable, de [...]

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Lekman.jpgOui oui, on sait, on sait… On vous a déjà fait le coup du crooner décalé venu du froid, innondant le monde occidental de ses mélodies à l’ancienne, traitées pourtant de manière modernes. Et alors?

La dernière fois qu’on vous parlait d’un crooner nordique, cela devait être rapport au folk suave et arrangé, impeccable, de Thomas Dybdahl. L’idée de base est un peu la même: utiliser la voix comme moteur d’une forme surannée ou élimée puis redonner vitalité à cette même forme, en ouvrant les fenêtres et laissant entrer un vent qu’on imagine forcément frais, rapport à l’origine géographique. Mais la comparaison s’arrête là.

Parce que ce que Jens remet à l’honneur ici, avec son timbre qui renvoie parfois à Morrissey, c’est la pop orchestale de Barry Manilow et … De The Divine Comedy, si si.

Sauf que: ben Jens Lekman ne pratique la caricature que par distillation, à petites touches, sans abus et sans surenchère. Un peu à l’image de la pochette, tiens où l’on croise un Jens gominé, tout rosé, façon photo de Pierre et Gilles en train de se faire palper le cheveu par une évanescente coiffeuse, présente sur l’album. Où s’arrête le romantisme niais? Où commence la parodie?

C’est avec cette question sans réponse que Lekman joue au fil de l’album. Les fantômes de Barry Manilow et Harry Belafonte semblent amener l’ondulé ensoleillé, les cuivres orchestraux, la boîte à rythme, le pantalon de lin blanc et le sourire pepsodent. Tandis que l’esprit de Jarvis Cocker (Pulp) y apporterait son cynisme, son œil torve, et la corrosion induite par ce qui semble un quotidien banal. Puis le mâne de Neil Hannon, celui des ballades romantiques (cf a short album about love…et pas celui de la choucroute orchestrale un peu vaine), s’amuserait à lisser le tout. Il y instillerait un peu de charme ravageur pour masquer le trivial, des cuivres et de la réverbération quand le propos nécessite un peu d’ampleur.

Le résultat serait, est est, l’oeuvre de Jens Lekman. A cette ouvrage, somme des collaborations imaginaires entre plusieurs cadres de la musique, il dépose la cerise sur le gâteau d’enrober son exercice paranormal dans des coquilles faites en écaille de composition pop.

Solides, elles recouvrent la recette d’appel aux esprits, et rendent l’ensemble accessible, simple d’accès. Et tandis que leur gimmicks accrocheurs et les mélodies évidentes fourbissent les jeunes hommes, au cheveu pétard et veste Paul Smith/Hugo boss cintré trendy, en slows langoureux qui feront se pâmer des jeunes filles frangées bien à leur goût; le chroniqueur sourit dans son Paris-Provins. Parce que l’air de rien, Lekman vient de fournir un album universel, sentimental, et qu’on ne saurait trop qu’en conseiller l’écoute.

Denis Verloes

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Secretely Canadian/ Differ-ant

Tracklist
01. And I Remember Every Kiss
02. Sipping on the Sweet Nectar
03. Opposite of Hallelujah
04. Postcard to Nina
05. Into Eternity
06. I’m Leaving You Because I Don’t Love You
07. If I Could Cry (It Would Feel Like This)
08. Your Arms Around Me
09. Shirin
10. It Was a Strange Time in My Life
11. Kanske Är Jag Kär I Dig
12. Friday Night at the Drive-In Bingo

Plus+
Le site officiel
Les vidéos via Google
Les vidéos via Dailymotion

La vidéo de You are the light (album précédent, mais égalité d’atmosphère) via Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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