The Teenagers - Reality check
Français, exportés en Albion, ils y jouissent d’une réputation qui doit un peu à leur “cute frenchie accent” et en grande partie à un album rock immédiat, tout bien tout pop comme seuls savent ou savaient, pensait-on, en engendrer l’Angleterre.
Et, de fait, The Teenagers est un groupe pop dans son acception la plus simple: mélodies accrocheuses, guitares distordues, angoisses teenage et le timing parfait avec la mode. Quentin Delafon (voix), Dorian Dumont (guitare, synthétiseurs,voix) et Michael Szpiner (basse,voix) ont rapidement franchi les barrières contemporaines de la notoriété. Page Myspace > buzz > concerts > première partie > Single chez Merok > remix d’artiste Kitsuné > Festivals > Festival les Inrockuptibles > album > tournée d’été 2008. On pourrait s’arrêter là. Vous croiriez avoir tout compris. Et en fait non…
Musicalement, à l’instar de nombreux groupes, mais tous n’ont pas la même efficacité, c’est du côté des décennies passées qu’on ira chercher les références. Quelque part entre la toute fin des années 80 et le début de la britpop clinquantes de 93, 94.
A côté d’une emphase toute Depeche Mode-ienne et de la perpétuelle hésitation quant à savoir si on est face à une batterie ou à une bonne vieille beatbox des New Order ou plus grand public façon Pet shop boys; on trouve le doublement de voix et les vagues sonores propres au Shoegazzers dont Ride époque pop de carnival of light.
Dans ce même registre vocal, on repère ce timbre grave et atone, deuxième voix, qui prend de la distance avec la mélodie, hésitant entre chant et déclamation, comme le signait Jarvis Cocker jusque his n hers.
Puis, parce qu’on ne s’appelle tout de même pas the Teenagers sans raison on trouve aussi, dans cet album inaugural où deux jouvenceaux se roulent de grosses galoches, le ferment de ce qui fait d’habitude les cartons auprès des djeun’s ou assimilés: l’angoisse, le sexe, la fanfaronnade, l’alcool et un côté rebelle de cours d’école. Dans le genre, on citera le premier Placebo, parklife de Blur ou popular de Nada surf en parallèles dans la systématique.
Et si cet album de Teenagers, album de jeunes par et pour les jeunes réussit son coup pop plus large, même sur de vieux croûtons de chroniqueurs, c’est parce qu’il fait converger plusieurs éléments. Le timing sur une mode qui, Justice aidant, se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps l’électronique était reine; des mélodies efficaces, un style de branleurs mettant le public en connivence, des références au passé musical des trentenaires, de bonnes guitares tendues comme si la vie en dépendait, et l’adoubement du public britannique qui d’habitude est un bon baromètre du degré d’adhésion pop d’un album.
On profite de l’instant, avec un réel plaisir, et on souhaite pourquoi pas que ces Teenagers là grandissent avec la jeunesse d’aujourd’hui fournissant de ces albums qu’on réécoute plus vieux autant pour le plaisir d’écoute intrinsèque que pour la bonne dose de souvenirs qu’ils convoquent. Parce que ça aussi, c’est une des règles de la pop music.
Denis Verloes
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Tracklist
01. Homecoming
02. Love No
03. Feeling Better
04. Starlett Johansson
05. Streets Of Paris
06. Make It Happen
07. Wheel Of Fortune
08. Fuck Nicole
09. French Kiss
10. Sunset Beach
11. Ill
12. End Of The Road
Merok/ XL recordings / Beggars / Naïve
Date de sortie:18 mars 2008
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La vidéo de Starlett Johansson via Youtube


