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Chroniques express 53

denims.jpgInfadels, Your hand in mine, Nortec Collective, Compilation In The Air, Setting Sun, Quitzow, Matmos, Hungry Giant, Los Alamos, Stereo MC’s, The Strugglers, Fantasy bar, Fire engines, La Fabrik, The bird and the bee, Seventeen Evergreen, Les Vedettes





infadels.jpgInfadels - Universe In Reverse
Il y a deux façon de voir ce nouvel album des Infadels. Celui qui est accro à MTV (ou tout autre robinet à soupe du même genre) et qui se contente largement de pop FM fadasse, dira que les chansons de ces anglais gentiment barrés sont entraînantes, primesautières, juvéniles et bougrement efficaces. Et puis à celui qui a minimum de recul et un peu de culture indie rock et qui a déjà vu passer un bon paquet de groupes anglais, affirmera lui que ces anglais (qui avaient on se souvient, cartonné avec leur premier album à la faveur d’un ou deux singles porteurs) sont ici définitivement ridicules dans cette pop pompière et sans originalité que même un Placebo fatigué n’oserait même plus proposer. Peur de rien, les Infadels osent tout pourvu que les ados se trémoussent et que les refrains soient repris en cœur. Alors si certains sont conquis par cette production boursoufflée et ces refrains faciles, moi je leur propose simplement d’aller fouiller dans le bacs soldes et de chercher des disques de Pulp, les premiers Placebo pour comprendre que la pop carrée et efficace peut aussi s’accorder avec talent. (1.5) Benoît Richard
Wall of sound/pias - juin 2008 www.myspace.com/infadels


yourhand.jpgYour hand in mine - Every night dreams
Conçu à l’origine pour servir d’accompagnement musical à un vieux film japonais de 1933 ( “Yogoto no yume”) “Every night dreams”, est aujourd’hui l’album magnifique d’un duo grec basé à Thessaloniki qui à la manière de Pascal Comelade, Chapi Chapi et les petites musiques de pluie ou de Klimperei utilise une flopée d’instruments (ukulélé, melodica, piano jouet, glokenspiel, piano, wurlitzer piano…) pour créer une musique riche et éminemment cinématographique. Composé de 22 courts morceaux “Every night dreams” nous entraîne dans des valses mélancoliques comme l’avait fait en son temps ou Yann Tiersen pour “Amélie Poullain” pour ne plus nous lâcher jusqu’à la toute dernière note. En exergue de ce joli album on trouvera dans le digipack, un superbe livret composé d’illustrations signées du français Benjamin Nerot inspirées de scènes du film. (4.0) Benoît Richard
inner ear records - juillet 2008 www.myspace.com/theyourhandinmine


nortec.jpgNortec Collective Presents: Bostitch + Fussible
On l’avait déjà bien entrevu avec leurs précédent albums (”Tijuana sessions Vol.1 & 3″) les Nortec Collective mélangent musique populaire, musique traditionnelle mexicaine avec des sonorités electro, en y ajoutant même par moment des influences slaves qui ramènent du coup le tout du côté des b sons déjantées des films de Kusturica. Bref, rien de vraiment ordinaire dans tout ça, mais plutôt le sentiment, à l’écoute de cet album, que le son et la façon de faire de la musique des ces gens de Tijuana n’appartient qu’à eux et ne ressemble à rien de réellement connu jusqu’à alors. En passant à la moulinette et au laptop les sons d’accordéon et les rythmes mexicains, les Nortec Collective proposent quelque chose de totalement festif et de vraiment surprenant mais comme souvent, dans ce genre de démarche, les choses ont vite tendance à devenir redondantes… et pas sur que le mélange, aussi détonant soit-il, nous fasse encore le même effet au prochain album. (3.5) Benoît Richard
Because Music - juin 2008 www.myspace.com/nortec


air_france_in_the_air.jpgCompilation Air France : In The Air
“On peut voyager confortablement et écouter de la bonne musique”, c’est sans doute ce qu’on du se dire les chargés de communication de la société Air France au moment de concevoir cette compilation dont certains titres d’ailleurs ont déjà servi de bande son à la compagnie aérienne française. Du désormais classique “Asleep From day” des Chemical Brothers qui servit un temps de bande son à la fameuse pub de Michel Gondry, aux douceurs du genre “Elvis”(Alpha) “Wild Roses” (Hope Sandoval) ou “Ghost Girl” (Telepopmusik), tout ici est entiérement dédié aux ambiances lounge et aux sonorités douces. Pas étonnant donc de retrouver également des gens comme Boards Of Canada, José Gonzales ou les excellents français de Aswefall sur ce tracklist, certes facile, mais impeccable de bout en bout. Une compilation qui pourra également servir de bande son à un apéro le soir en terrasse ou à un bon bain en hiver. (4.0) Benoît Richard
Le village vert - juillet 2008 www.villagevert.com



settingsun.jpgSetting Sun - Children of The Wild
Les américains de Setting Sun ne sont pas les derniers venus. Auteur déjà de deux album (”Holed Up” en 2002 et “Math and Magic” en 2005), cette formation emmenée notamment par Gary Levitt et la chanteuse multi-instrumentiste Erica Quitzow (auteur d’un album solo plutôt recommandable “Art College”) fait son retour avec 11 titres paisibles, calins et chaleureux entre pop et folk. Derrière l’apparente banalité de l’ensemble, et pour peu que l’on se plonge complètement dedans, “Children of The Wild” laisse entrevoir un song-writing vraiment intéressant et des arrangements bien fichus avec des petits sonorités électroniques ici et là et plein d’autres surprises encore !
Alors si Elliott Smith vous manque un peu, si l’americana veut encore dire quelque chose pour vous, on ne pourra que vous conseiller l’acquisition de cet album qui a déjà conquis bon nombre de personnes de l’autre côté de la manche et de l’atlantique. (3.5) Benoît Richard
Young love records - juin 2008 www.youngloverecords.com


quitzow.jpgQuitzow - Art College
Derrière son nom rigolo, Erica Quitzow (qui se fait appeler simplement Quitzow) ne pouvait pas faire une musique autrement que sautillante, pétillante, pop, sucrée et plutôt raffinée. C’est pourquoi, sur son premier album, vous découvrirez un douzaine de pop songs bien ficelées et bien dans l’air du temps, mêlant sonorités électroniques, samples, vrais instruments et aussi une jolie voix. Ca rappelle plein de choses (Lucious Jackson, Suzanne Vega, Au revoir simone…) ça part dans tous les sens (…un peu trop peut-être) mais ça reste toujours frais, très agréable. En somme, un disque typiquement pour l’été ! (3.5) Benoît Richard
youngloverecords.com www.myspace.com/quitzow


matmos.jpgMatmos - supreme Ballon
Aussi imprévisible qu’incontrôlable, le duo Matmos aime brouiller les cartes et surtout faire joujou avec leur machines, quitte à en dérouter certains. Ce sera sans doute encore le cas avec ce “Supreme Ballon” que l’on peut considérer comme un amusement électronique, une sorte d’hommage (volontaire ou non) à la vielle musique électronique de Jean-Jacques Perrey (”Rainbow flag”) ou à celle plus lyrique mais tout aussi fofolle de Wendy Carlos quand il repasse des standards de la musique classique à la sauce Moog pour le film “Orange Mécanique ” de Stanley Kubrick. Vous l’aurez compris rien de bien sérieux dans tout ça mais une fois de plus on a la preuve que les copains de Bjork ne sont pas des bidouilleurs comme les autres. (4.0) Benoît Richard
Matador/beggars/naïve - juin 2008 www.myspace.com/matmos1


hungry.jpgHungry Giant - [under] Mining Skies
Même si 2008 n’aura pas été une année mémorable en matière de hip hop, on est tout de même en droit de se réjouir à l’écoute de quelques sorties comme ce confidentiel “[under] Mining Skies” signé Hungry Giant. Loin des productions modernes, le duo composé du producteur Ancient Mith et de Unconventional Science propose un hip hop old-school qui fait la part belle aux samples de toutes sortes (musiques de films…) et aux beats, le tout sur un flow très mélodieux, très agréable qui lorgne du côté des productions de Jurassic 5 ou de celles en prevonance du label anticon notamment de par le côté pop qui ressort dans certaiens compositions. Bref, de quoi largement se réjouir après les récentes productions de Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, Atmosphere ou de Giant panda. (4.5) Benoît Richard
Ponowaiflora - mars 2008 www.myspace.com/hungrygiant


losalamos.jpgLos Alamos – El Fino Arte de la Venganza
Après un album sorti en 2005, les argentins de Los Alamos font leur retour avec “El Fino Arte de la Venganza”, un disque enregistré sous la houlette de Don Taylor, connu notamment pour avoir travaillé apr le passé avec Dylan, les Pixies ou encore Beck. Mélange de Courtry-folk-rock, de blues (Johnny Cash) de musiques mariachi remise au goût du jour (genre Calexico), la musique de Los Alamos séduit d’abord sa richesse et la nature évocatrice de ses chansons en langue espagnole. Dans des ambiances qui fleurent bon l’Amérique du Sud, le groupe alterne morceaux mid-tempo et titres plus franchement speedés, mais toujours, avec en fond, cet aspect qui fait que chaque titre ramène inévitablement à la danse et à la fête en général. Pas besoin donc de boire un litre d’alcool de cactus pour s’offrir un petit voyage en Argentine, l’écoute répétée de ce chouette album fera largement l’affaire.(3.5) Benoît Richard
anticraft - juillet 2008 www.myspace.com/losalamospace


stereomcsdoublebubble.jpgStereo MC’s - Double Bubble
Stereo MC’s est typiquement le groupe dont on n’attend plus rien depuis bien longtemps et qui se contente de tourner en roue libre, nous resservant à chaque nouvel album la même ritournelle, pas forcément désagréable, mais depuis longtemps loin de nos attentes en matière de pop et de choses qui font remuer la tête et les jambes. Pourtant si on se souvient bien, à une certaine époque, Stereo MC’s était une formation phare. Bien avant Massive Attack, les anglais avaient su trouver l’alchimie entre hip pop, pop et lectro (”deep down and dirty”, 1992). Mais Aujourd’hui, faute d’avoir renouvelé son style, le groupe s’est épuisé tout seul laissant les fans de côté, partis faire la fête avec des gens plus inspirés. (2.5) Benoît Richard
graffiti recordings/Pias - juillet 2008 www.myspace.com/stereomcsofficial


strugglers.jpgThe Strugglers - The Latest Rights
Brice Randall Bickford, celui qu’on avait pris pour un cousin éloigné de Will Oldham est de retour, toujours sous le patronyme de The Strugglers, pour un nouvel album qui se rapprochait plus ici ces derniers album de Smog ou de Lambchop, avec un son plus country rock que folk dépouillé. Ca n’empêche que ça s’écoute toujours aussi bien, que la voix de Brice Randall Bickford fait toujours autant son petit effet et que même les arrangements (piano guitares, violon…) aussi beaux soient ils ne parviendront pas à en atténuer la grâce. Et même si ce garçon de Caroline du Nord ne vendra jamais autant de disques que Weezer, il n’en restera pas moins un artiste précieux et estimable, jouant une musique loin des modes, faite pour ceux qui veulent, pour un temps, quitter les routes toutes droites et bien tracées pour retrouver les petits chemins poussiéreux et accidentés. (4.0) Benoît Richard
Acuarela Discos/Abeille Musique - mars 2008 www.myspace.com/thestrugglers


fantasybar_fridayafternooncar.jpgFantasy Bar - Friday Afternoon Car
Des membres du groupe espagnol Migala décident de mettre (pour un temps ?) leur formation d’origine de côté pour se lancer dans l’aventure Fantasy Bar. Et ça change quoi ? Pas grand chose, serait-on tenté de dire au premeir abord. Fantasy Bar semble reprendre les choses là où elles en étaient restées avec Migala. On retrouve à peu près la même façon de faire la musique, avec néanmoins quelques nuances, notamment ce violon si présent chez Migala, qui semble moins présent ici. On remarquera aussi sur ce Friday Afternoon un net penchant pour les sonorités country folk qui n’apparaissaient pas si évidentes chez Migala. Mais au delà de toute comparaison, on peu affirmer que ce premier essai sous l’appellation Fantasy Bar est une réussite, que le Rubén Moreno, Jordi Sancho, Kieran Stephen et Diego Yturriaga réussissent toujours aussi bien à encourager la mélancolie dans leurs chansons. (4.0) Benoît Richard
Acuarela Discos/Abeille Musique - juin 2008 www.myspace.com/fantasybar

hungrybeat.jpgFire engines - Hungry Beat
18 mois, c’est la durée de vie complète de Fire Engines sur les scènes d’Ecosse. Entre temps : Chaos, rupture avec la convention, musique. Leur base est celle, depuis abondemment exploitée, des Voidods, du Velvet, de Television… soit la frange arty du punk et la noirceur du post punk. Concentré en un mini LP et trois singles. Les seize titres ici présentés par Acute records, dressent le panorama complet de leur carrière éclair. Leur musique sonne so 80’s et c’est d’ailleurs là que se perd le chroniqueur qui n’est pas fan des tics synthétiques et funky propre à l’époque (pourtant certes abondemment pillé depuis) mélangés aux éructations et dissonances chères aux punks. Joli témoignage du passé, Fire Engines jouit désormais d’une certaine aura depuis qu’Alex Kapranos des Franz Ferdinand s’est amusé, en 2005 à faire remonter un groupe pourtant largement splitté à ses côtés, lors d’un show de noël à Glasgow. Un show qui a d’ailleurs donné naissance à un Split single. (2.5) Denis Verloes
Acute records/Import – octobre 2007 – L’espace Myspace

lafabrik.jpgLa fabrik – Engrenages
Engrenages c’est le premier opus, paru fin 2006 (oui on découvre maintenant…) L’ensemble constitue une vision du rock français d’antan. Celui dont raffole une population férue de Sinsémilia et des groupes qu’on voit tourner sur les affiches de petits festivals de province depuis des siècles. Plus de 10 ans dans le cas présent au départ de leur Mont de Marsan originel. Les belges ont leur Roger Binamé, les français leurs groupes tels La Fabrik, rock hybride, teinté d’électro, forcément énergique, presque pogotant parfois, mais sans négliger de lorgner de temps à autres vers la pop ou le hip hop fumant. Chanté en français, ce qui est le plus difficile à encaisser pour votre serviteur, tant le phrasé, la forme, le débit et les thèmes sont éloignées des préoccupations du branleur adulte qu’est votre serviteur. Bien torché, mais album de niche, c’est de cette manière qu’on se risquera à qualifier un album bien trop éloigné de mes habitudes d’auditeur pour en donner un chronique constructive.(2 .5) Denis Verloes
Sage/Pec création/Nocturne – 30 octobre 2006 – L’espace Wat

thebirdandthebee0_.jpgThe bird and the bee – The bird and the bee
L’oiseau c’est sans doute Inara George, tandis que l’abeille c’est sans doute son compagnon d’aventure Greg Kurstin. Depuis leur studio d’Echo park en Californie, ils nous envoient un album un peu surranné, comme on aurait pu en entendre dans la seconde moitiè de la dernière décennie du siècle précédent. Avant que la techno proprement dite, dame le pion au chill, trip hop et autres électro d’ambiance. C’est d’ailleurs de Dubstar, groupe de l’époque, qu’on se rapproche dans le cas the bird and the bee. Une voix un peu plus haut perchée que la norme, qui hésite entre la plainte façon Beth Gibbons et la rouerie façon Bjork servie sur un lit électro ou le piano en mode glockenspiel est un témoin récurrent de l’ambiance feutrée que le duo induit pour son opus entre électro et jazz blue. Mais à se plonger dans un passé encore très récent, il faudrait une sacré dose d’identité pour se démarquer des essais popularisés précédemment. Une identité que ne trouve jamais ou presque un agréable opus éponyme. (3.0) Denis Verloes
Blue Note / EMI - Sortie le 23 janvier - l’espace myspace

LifembarrassesmeonPlanetEarth.jpg

Seventeen Evergreen - Life Embarrasses me on Planet Earth
Très attentif au monde qui les entoure, le duo Seventeen Evergreen est surtout extrêmement sensible à la nature de notre bonne veille Terre. Bien qu’habitant dans la patrie du « sea, sex & fun » : la Californie (San Fransisco), les deux musiciens sont plus réceptifs aux riches paysages bucoliques de cet état. Sans pour autant tomber dans le cliché baba cool, Caleb Pate et Nephi Evans cultivent des ambiances pastorales à coup de guitares folk et d’arrangements électroniques. “Life Embarrasses me on planet Earth” est un premier album vraiment réussi. C’est une succession de belles balades mélodiques accompagnées par un chant langoureux et une petite pointe de psychédélisme. Ils sont parvenus à faire vibrer les sonorités synthétiques de manière très organique. On a vraiment le sentiment de se promener avec eux dans une forêt impérieuse, au milieu d’une nature accueillante. (4.0) Briec Jequel
Lucky Number/Differ-Ant - 2007 www.seventeenevergreen.com

les_vedettes.jpg

Les Vedettes EP
Amies avec les Little Rabbits depuis quelques années, soutenues par Katerine au moment de la présélection pour l’eurovision 2007 avec le titre “Vive papa”, Les Vedettes, une bande de 8 filles un peu barrées, ont accompagné Katerine sur sa tournée “Borderlive” pour enfin se voir proposer un album à paraître en octobre sur label cinq7, précédé aujourd’hui par un ep 4 titres. L’occasion de découvrir ces filles dans un style finalement assez proche de ses chansons type “Louxor j’adore”. Quatre titres pop fun, punk, très courts, amusants et potaches… mais pas sûr pour autant que ça toute tienne la longueur d’un album… on verra. Produit par la dream-team Katerine/Gonzales/Renaud Letang, le premier album des Vedettes devrait être un des événements de la rentrée. (3.0) Benoît Richard
Cinq7 / Wagram - juin 2008 www.myspace.com/vedettes

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