Les déferlantes, de Claudie Gallay

Claudie_Gallay.jpgC’est l’histoire d’une femme venue se réfugier à  La Hague, après la perte de son amant. On ne sait pas grand-chose d’elle, elle a quarante ans, son travail consiste à  compter les oiseaux migrateurs et elle occupe une maison avec un frère et une soeur à  la Griffue, un lieu-dit à  la pointe du port.

Un jour de tempête, elle rencontre Lambert. Cet étranger n’en est pas un, il est de retour au pays pour vendre sa maison et régler des comptes. Il y a quarante ans, toute sa famille a péri noyée. Il en veut à  Théo, l’ancien gardien du phare, qui vit aujourd’hui seul avec ses chats. Son épouse et sa fille s’occupent du bistrot, et elles aussi refusent de parler du passé. On laisse les morts en paix et seule la mer a le droit de prendre et rendre ce qu’elle souhaite.

La narratrice ressent chez Lambert cette même solitude, un chagrin immense et le vide qu’il laisse. Petit à  petit, ils se parlent. Inconsciemment elle cherche à  lui venir en aide et percer les mystères qui encerclent toutes ses familles. Car derrière tous ces mensonges, ou ces silences, il y a immensément de douleur et de frustration, des espoirs déçus et des amours perdues. Ce n’est pourtant jamais sinistre ni morose.

Car ce roman est tout bonnement magnifique ! L’écriture elliptique de Claudie Gallay y est déjà  pour quelque chose, l’ambiance est ensuite envoûtante. Nous sommes dans le Cotentin, au coeur des éléments, il y la mer, le vent, la pluie. Une force incroyable se déchaîne, pas seulement les jours d’intempéries. On se balade sur la berge, dans les landes ou au bord des falaises. Et puis c’est une région hantée par les légendes, les fantômes et les revenants, les créatures aussi étranges que les goubelins.

La population, pas très nombreuse, s’avère aussi très attachante : Raphaël le sculpteur, sa soeur Morgane, terriblement belle et insolente, Théo, la Vieille et Lilli, enfermés dans leurs secrets, Nan, qu’on dit folle et sorcière, Max, le benêt amoureux fou de Morgane, Monsieur Anselme, toujours dans son habit du dimanche, passionné par Prévert…

C’est difficile de mettre des mots sur le sentiment ressenti avec une telle lecture, mais ne passez pas à  côté de ce livre ! Claudie Gallay confirme son énorme talent de romancière, à  créer des ambiances serrées, mais pas étouffantes, et des personnages à  vif, non pas déprimants. C’est une histoire qui nous absorbe et nous recrache, quelques 500 pages plus loin… Même pas mal, par contre j’ai été profondément sonnée. Je suis toute émue et fébrile après un tel roman, c’est vous dire son enchantement »Les déferlantes » ce sont le nom des vagues par jour de tempête. C’est aussi un titre qui porte le roman, annonçant bien fort la couleur !

Stéphanie Verlingue

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Les déferlantes
de Claudie Gallay
Editions du Rouergue
530 pages – 21,50€¬
parution : mars 2008

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www.lerouergue.com

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One thought on “Les déferlantes, de Claudie Gallay

  1. Un village où chacun pense connaître « l’autre ».
    Une atmosphère lourde de souvenirs que les déferlantes ravivent à chaque tempête
    Ca sent le plâtre, les algues, la laine, le bois mouillé.
    Des mots recrachés qui s’échouent comme des carcasses de bateaux sur des rochers-tendresse…
    Et au bout du chemin cette quiétude espérée…
    Ces maux là nous font revivre et deviennent vite essentiels, alors les pages se tournent trop vite, le dernier mot s’imprime et nous regrettons déjà cette appétence contre laquelle nous n’avons lutté à aucun instant…

  2. Un village où chacun pense connaître « l’autre ».
    Une atmosphère lourde de souvenirs que les déferlantes ravivent à chaque tempête
    Ca sent le plâtre, les algues, la laine, le bois mouillé.
    Des mots recrachés qui s’échouent comme des carcasses de bateaux sur des rochers-tendresse…
    Et au bout du chemin cette quiétude espérée…
    Ces maux là nous font revivre et deviennent vite essentiels, alors les pages se tournent trop vite, le dernier mot s’imprime et nous regrettons déjà cette appétence contre laquelle nous n’avons lutté à aucun instant…

  3. Un village où chacun pense connaître « l’autre ».
    Une atmosphère lourde de souvenirs que les déferlantes ravivent à chaque tempête
    Ca sent le plâtre, les algues, la laine, le bois mouillé.
    Des mots recrachés qui s’échouent comme des carcasses de bateaux sur des rochers-tendresse…
    Et au bout du chemin cette quiétude espérée…
    Ces maux là nous font revivre et deviennent vite essentiels, alors les pages se tournent trop vite, le dernier mot s’imprime et nous regrettons déjà cette appétence contre laquelle nous n’avons lutté à aucun instant…

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