The Dodos – Visiter

Le label French Kiss avait repéré initialement le dodo, drôle d’animal éteint, en provenance de San Francisco. Un groupe qu’il a ensuite adressé aux bons soins du label Wichita. Structure distribuée en France par un Cooperative music dont la rentrée de septembre 2008 s’avère riche en groupes intéressant à promouvoir et suivre en concert.

Ainsi The [...]

thedodos.jpgLe label French Kiss avait repéré initialement le dodo, drôle d’animal éteint, en provenance de San Francisco. Un groupe qu’il a ensuite adressé aux bons soins du label Wichita. Structure distribuée en France par un Cooperative music dont la rentrée de septembre 2008 s’avère riche en groupes intéressant à promouvoir et suivre en concert.

Ainsi The Dodos, qu’on pourrait décrire en première intention comme un groupe folk basique (voix / guitare électro-acoustique ) qui viendrait tailler des croupières au rock psyché d’un côté du spectre, et aux White Stripes de l’autre.

Parce que The Dodos c’est surtout l’histoire d’un chroniqueur époustouflé. Non pas tant par l’originalité structurelle de visiter que par son énergie. Le trio -quoi, ces gars ne sont même pas une poignée à souffler sur les braises d’un feu d’enfer ?- composé de Meric Long et Joe Haner (que les plus fidèles des Benzineux ont eu l’occasion de croiser en chronique sous le patronyme de Gris-Gris aux percussions et piano) a été enrichi en y incluant Logan Kroeber, pour trouver sa forme définitive qui a allumé une première tournée panaméricaine.

Et quelle énergie. Ce qui frappe l’auditeur, c’est l’unité générale de l’album qui se déroule autour du son de la guitare électroacoustique. Véritable moteur, mais peut-être devrait-on dire locomotive, la guitare emmène l’album, tandis que les petites mélodies bien troussées, la voix de folkeux ainsi que la rythmique sous caféïne composent tout à la fois le sel et les wagons qui donnent corps au convoi frénétique de The Dodos. Une écoute distraite n’en laisse d’ailleurs pas de prime abord percevoir les subtilités constitutives et risquerait de faire passer l’auditeur distrait à côté d’un des albums sans doute les plus intéressants de 2008.

Avec une économie de moyens qui ferait pâlir de jalousie n’importe quel groupe disposant de possibilités de production pharaoniques (Coldplay ?), The Dodos pose un album simple mais diablement addictif. Ce groupe là a trouvé le feu sacré qui se cache derrière une guitare folk et le ryhtme de martèlement des fûts, comme les White Stripes qui ont a l’époque retrouvé la quintessence du blues derrière ce même binôme. Ces deux formations ont d’ailleurs en commun d’arriver à tourner des ingrédients simples et une formule restreinte en … putain de machine rock. Mais chacun via une recherche formelle différente. Le rock distordu pour le duo en rouge et noir le folk d’enfer pour the Dodos.

Mais dans les deux cas, on imagine aussi bien ce que peut donner chacun des titres seulement porté par une formule voix/guitare au milieu du salon d’un pote qu’emmené par des percussions et une rythmique élargie pour des concerts qu’on se plait à imaginer à la fois tribal et vecteur d’électrisation des foules.

On pourrait citer plein de références encore, dont rapprocher The Dodos, afin de vous donner envie d’écouter l’album. C’est l’apanage des chroniqueurs, que d’étaler leur culture au milieu des chroniques. Des bonnes ou des mauvaises références d’ailleurs: Bob Dylan, Levellers, Led Zeppelin, Moose, The Auteurs, Chris Brokaw, Gene… chaque fois pour un des ingrédients de leur son ou de leur formule. Autant dire que si the Dodos évoque beaucoup, il ne ressemble à aucun, et que derrière cet apparent duo entre la caisse de résonance et la résonance des caisses vient de naître un groupe qui devrait mettre nombre d’auditeurs à genoux, dès la seconde écoute.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Walking
02. Red and Purple
03. Eyelids
04. Fools
05. Joe’s Waltz
06. Winter
07. It’s That Time Again
08. Paint the Rust
09. Park Song
10. Jodi
11. Ashley
12. Season
13. Undeclared
14. God?

Label : Wichita / Cooperative Music / Pias
Date de sortie : 18 mars 2008

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La vidéo de Fools sur Youtube

2 Commentaires

  1. benoit a ajouté ces quelques mots le 23 septembre 2008 | Permalien

    Dans le même registre chez nous on a François Virot dont on va très vite parler à mon avis.

    PS : « visiter » Album de l’année… sans doute. :)

  2. sebum a ajouté ces quelques mots le 24 septembre 2008 | Permalien

    Benoît,
    si tu restes campé surs tes positions, il n’est pas exclu qu’à nouveau, nous ayions le même album de l’année (en tout cas, sur une des marches du podium, assurément).
    Bon, ce François Virot, faut que je me l’écoute, ça fait 2 mois qu’il attend sous mon piano.

2 Rétroliens

  1. [...] la chronique de l’album [...]

  2. [...] Plus+ L’espace Myspace Le site officiel Les vidéos via Google La chronique de Visiter [...]

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