Chroniques express 54

denims.jpgOrouni, Marianne feder, DFA présente Supersoul, Mud flow, Recloose, My Name is Nobody, Street dogs, Sioen, Fake Oddity, Fancy, v/a Sonar Kollektiv, Sten, The Walkmen

 

orouni_JumpOuttheWindow.jpg

Orouni – Jump Out the Window

Orouni nous avait fait découvrir sa musique pop folk il y a un peu plus de deux ans avec un premier album assez dépouillé mais très prometteur (« a matter of scale ») dans lequel le parisien laissait déjà  entrevoir un sacré talent pour composer des chansonnettes ensoleillées et printanières. Second album, nouvelle étape avec »Jump out The window » dans lequel on se rend très vite compte que le garçon a musclé son jeu et a donné plus d’amplitude à  sa pop music même s’il reste toujours ce petit coté musique de chambre d’étudiant qui donne à  l’album le côté frais et direct que l’on avait apprécié part le passé. Plus varié, plus arrangé, mieux produit, avec un son moins sec, »Jump out The window » prouve qu’on avait bien raison de croire en ce résident du toujours chouette label Monster K7 à  qui l’on doit notamment la fameuse compilation face A face B. (3.5) Benoît Richard
Monster K7 – sept 2008 www.myspace.com/orouni

feder.jpgMarianne Feder – Toi mon indien

Si, habituellement ce genre chanson française n’attire pas plus que ça ma curiosité, je dois dire que ce deuxième album de Marianne FEDER après le nombril du monde a fini par me toucher. Bien entourée (le trompettiste Daniel Yvinek, Alexis HK, Seb Martel, Albin de la Simone« ) la demoiselle, auteur compositeur, fait preuve sur cet album d’un vrai talent et réussit le pari d’écrire des chansons légères, drôles, touchantes, douces, alliées à  des musiques jazzy, groovy, un brin manouche, très plaisantes qui donnent à  l’ensemble uen vraie épaisseur et une grâce indéniable. On pense aussi bien à  Emily Loizeau qu’à  Stacey Kent ou à  la canadienne Lhasa. De belles références qui devraient amener un grand nombre à  découvrir les chansons de cette charmante jeune femme. (4.0) Benoît Richard
Lepic & Colegram – sortie 13 octobre 2008 www.mariannefeder.com

dfa.jpgDFA présente Supersoul – Nobody Knows Anything

La bonne surprise en matière d’electro/techno en cette rentrée est sans conteste ce »Nobody Knows Anything » un double CD reprenant une bonne poignée de maxis (soit 29 titres au total) que le label berlinois Supersoul Recordings a sorti en vinyl et en digital pendant ses deux premières années d’existence. Death From Abroad, le sous label de DFA, a eu donc la bonne idée de rassembler tous ces titres, l’occasion de se rendre compte de la grande qualité de ces productions aux influences multiples, mêlant parfois disco, electro, house techno avec une préférence pour des titres assez longs et une dominante avec un son assez froid et sec qui n’est pas sans rappeler un certain son des années 80. Impeccable de bout en bout. (4.0) Benoît Richard
Supersoul recordings/DFA/Modulor – août 2008 www.myspace.com/supersoulrecordings

Ryunosuke.jpgMud flow – Ryunosuke

A l’instar de leurs compatriotes de Girls in Hawaii, les belges de Mud flow tissent une musique pop-rock classique, mélancolique et romantique que l’on avait pu apprécier déjà  avec l’album »A life on standby » paru en 2005. Trois ans après ce beau petit succès, les Mud Flow remettent le couvert et ressortent leurs mélodies imparables, leur beaux arrangements ; une façon de faire qui rappelle toujours autant les premiers Radiohead ou le meilleur de Coldplay. Sans folie mais avec application, le groupe de Vincent Liben suit son petit bonhomme de chemin, donne encore plus de coffre et de force à  sa musique sans pour autant changer grand chose. A découvrir. (3.0) Benoît Richard
Booster/Discograph – août 2008 http://mudflow.com/

recloose.jpg

Recloose – Perfect timing

Remarqué, notamment 2002 pour l’album »Cardiology » Matt Chicoine aka Recloose revient en 2008 avec un album moins marqué par la techno de Detroit, mais carrément tournée vers sonorités chaudes. Avec ses accents funk, soul, ses ambiances latino-jazzy, »perfect timing » marque aussi la collaboration de voix qui viennent renforcer le côté sensuel de l’album. Vous l’aurez compris, rien de bien neuf dans tout ça, juste un album cool, tranquille de plus, plutôt bien fichu, d’où ressortent un ou deux titres, mais globalement avec une musique que l’on a l’impression d’avoir déjà  entendu des centaines de fois avant. (2.5) Benoît Richard
sonar kollektiv/modulor – septembre 2008 www.myspace.com/mattchicoine

mynameisnobody.jpgMy Name Is Nobody – At the wolf pit

Troisième album et toujours le même allant pour My Name Is Nobody, un nantais à  guitare lié depuis longtemps au Collectif effervescence (Stuntman 5…) qui continue de nous livrer ses folk-songs mélancoliques plus habitées que jamais avec ici deux reprises : d’abord celle d’un vieux morceau traditionnel hongrois »Winds Are Blowing Cold » adapté en anglais et surtout une reprise magnifique du »Eye in the Sky » de Alan Parsons Project, véritable morceau de bravoure de cet album. Au-delà  de ce clin d’oeil, la musique de Vincent Dupas, plus belle et plus dépouillée que jamais, continue de nous promener sur les petites routes de l’Amérque profonde avec toujours autant de réussite. Ainsi My Name Is Nobody poursuit le travail entamé sur les deux précédents LPs et fait de ce ‘At the wolf pit’ un album campagnard extrêmement sincère et touchant. (3.5) Benoît Richard
Collectif effervescence – septembre 2008 www.myspace.com/mninmusic

secretlove5.jpgv/a – Secret Love 5

Voilà  typiquement le genre de compilation dont on n’attend pas forcément grand chose mais qui, de piste en piste, ne cesse de nous réjouir par la qualité et la variété des titres proposés. Assez prolifique actuellement, le label Sonar kollektiv oeuvre habituellement dans une mouvance down-tempo, souvent assez sage et sans folie. Mais le label autrichien, emmené par Jazzanova & Resoul, a eu une fois encore le nez fin avec ce 5ème volume de la désormais classique collection »Secret love ». Comme par le passé, il pour nous ont déniché une poignée de titres magnifiques et langoureux allant de la bossa (Brent Cash) à  la soul (Recloose) tout en passant par la pop/folk music (Pop Levi) ou l’electro. Au final 15 titres aux ambiances urbaines impeccables avec même un tubes en prime (« Broken Promises » de Quiet Village) et surtout quelques découvertes de choix… le tout dans une compilation 100% velours. (4.0) Benoît Richard
Sonar kollektiv/modulor – sept 2008

sten.gifSten – The essence

Avec sa deep-techno minimale dans la droite lignée de techno originelle de Détroit, Peter M. Kersten aka Lawrence ou Sten rend hommage au genre tout en restant fidèle au son et à  l’esprit minimaliste allemand depuis si longtemps défendu par le label Kompakt. Avec »The Essence » Sten reste totalement dans l’esprit et signe un album sans fioriture, presque trop sage et trop proche de bien des choses entendues par le passé dans ce registre deep hypnotique. Bien produit mais trop classique dans son approche, »The essence » n’arrive pas à  accrocher et se révèle assez monotone sur la longueur. (2.5) Benoît Richard
Dial Records/modulor – sept 2008

walkmen.jpgThe Walkmen – You and Me

Avec leur son de fond de garage, leurs guitares crasseuses, leurs orgues poussiéreux et les voix braillardes, The Walkmen, reviennent avec des chansons toutes neuves.
Deux ans après le brûlant « A Hundred Miles Off » ces écorchés New Yorkais sortent à  un nouveau un album râpeux comme du papier de verre dans lequel ils n’en n’ont pas fini de nous balancer leurs chansons ébouriffées et hors du temps. Sans égal ni rival, les Walkmen, se foutent des modes et des genres, ce qui les rapprocheraient ainsi encore plus de Tom Waits que de Bob Dylan. Et Ceux qui ont découvert quelque chose de vraiement passionnat il y a quelques temps avec Arcade Fire ou Clap Your Hands Say Yeah pourront sans problème aller jeter une oreille sur cet album, et pourquoi pas se dire ensuite que les Walkmen c’est quand même pas mal du tout. (3.0) Benoît Richard
Talitres – sept. 2008 www.myspace.com/thewalkmen

streetdogs.jpgStreet dogs – State of grace

Les Street dogs viennent de Boston et se placent dans la lignée des ska-punk-rockers The mighty mighty Bosstones dont le batteur à  rejoint Street Dogs à  la faveur d’une réorganisation interne. Punk, rock, Ska, dans la plus pure tradition du genre sont les constituantes d’un album réservé aux inconditionnels du genre, tant ce cinquième (?) album publié chez Hellcat ne fait aucun effort pour sortir d’un conventionnalisme bien torché mais peu ambitieux. On passe son chemin non sans signaler la sortie française de l’album, des fois qu’il y aurait parmi les lecteurs de Benzine, quelque inconditionnel de ska à  l’ancienne, en manque de groupe à  se mettre sous la dent. (2.0) Denis Verloes
Hellcat – Juillet 2008 – L’espace Myspace

cantillon.jpgGuillaume Cantillon – Des ballons rouges

chanteur du groupe Kaolin, dont je n’ai jamais entendu la moindre note (à  tort ?), Guillaume Cantillon sort son album solo, Des ballons rouges. Dans cet album pop folk, musicalement plutôt intéressante sans être forcément original, Guillaume Cantillon chante des textes légers, faciles, qui évoquent des souvenirs de jeunesse d’adolescence(un peu faciles, genre nostalgie gloubiboulgla) . Bref, des french pop songs sans prétention, totalement inoffensives, qui toucheront sans doute un large public (celui de Raphaël ou Delerm) mais qui risquent de frustrer ceux qui aiment la chanson qui offre un peu plus que du sucre et de la guimauve. (2.5) Benoît Richard
Cinq7 – sept. 2008 www.myspace.com/guillaumecantillon

sioen.jpgSioen – A potion

Sioen vient de par delà  Quiévrain. Ah oui, du coup prononcez-le Sioune pour ne pas avoir l’air trop Français. Le bonhomme s’asseoit derrière son piano, à  la manière d’un Ben Folds, pour composer des mélodies dont le timbre et la prononciation rappellent étrangement celle de Stef Kamil Karlens époque Moondog Jr et tirent jusque certaines ambiances noires portées par Mygük à  Pau. Portées par le piano, ses ballades enlevées ou non, sont complétées de discrets arrangements charmants comme le sont généralement les arrangements des groupes anversois. En fait il ne manque guère qu’une petite étincelle, un détonateur, un fiifrelin de quelque chose qui ferait voler l’ensemble en éclat, et de sympathique formation du nord passer à  groupe majeur de la scène Benelux d’abord puis d’Europe ensuite. Dans l’attente, la somme des parties n’est néanmoins pas désagréable du tout à  l’écoute et s’avale avec plaisir (2.5) Denis Verloes
Autoprod / Universal – Sortie (F) janvier 2008

fake_oddity.jpgFake Oddity – Runfast

Fake Oddity c’est une histoire musicale comme il y en a sans doute de nombreuses, à  l’heure des FTP, des mails et de Myspace. Faîk, Stamboulote , rencontre Fred, Mathieu et Antoine dans le cadre de ses études à  Lyon. Le groupe se forme rapidement et suivent les traditionnels autoproduits pour une formation qui enchaîne les succès locaux. En 2007, ils émigrent au studio Imaj à  Istambul, où l’album résolument rock est enregistré. Les petits gars envoient le bois, serait-on tenté de dire, une pointe d’ironie dans la voix. Les Strokes et Iggy pop dans le viseur serait-on tenté de penser, tant prédomine l’esprit du rock garage bruitiste et un certain esprit punk au fil de Runfast. Faîk écrit sur son quotidien, sur ses relations parentales »Mais on peine à  déjà  trouver ici les germes d’un  » grand  » album. Manque de direction, manque d’originalité, sans doute aussi un peu blasé par la pléthore de groupes post ado entendus dans un créneau assez similaire, on hésite du coup à  prédire de quoi l’avenir sera fait pour eux. Efficace mais sans aucun lustre, on espère que leur bio entreprenante et le brin de morgue à  l’anglaise, puisse les emmener plus loin que cette chronique le laisse penser. (2.0) Denis Verloes
Muzikotek/ Emi publishing / Discograph – Sortie septembre 2008 – l’espace Myspace

fancy.jpgFancy – Kings of the world

Fancy est un de ces OSNI (objet sonore non identifié) que la scène et la presse encensent parfois, ou parfois pas: on se rappelle ici d’un album de 2006 par les Young Heart Attack, dans la même veine, totalement passé inaperçu. Soit un chanteur à  la coupe afro et la voix androgyne, carrément barré, et pour ça jouissif, qui balance un mélange de glam rock et de Guns and roses sans la moindre once ni d’ironie, ni de moquerie. Ces gars envoient le son comme d’autres des bombes sur les villes assiégées. Avec certitude mais aussi une bonne dose d’autodérision, bien que le résultat ne soit pas dut out créé comme une blague. On ne sait finalement pas trop quoi en penser. Ni dire du mal, ni être persuadé que l’album est fait pour durer. On dira juste que la voix criarde fait parfois songer à  Courtney Love, et qu’elle séduit parfois autant qu’elle agace. Musicalement Led Zeppelin, les Stooges, AC/DC et les Guns sont clairement dans le viseur. Et le plus dingue, c’est qu’à  force d’y croire, à  force de percussion et de titres plutôt bien torchés, ils nous feraient presque attendre un retour de ce glam punk metal qui fit les belles heures du moule-couilles d’Axl Rose. On apprécie dans l’instant, quitte à  réviser plus tard notre jugement (3.5) Denis Verloes

Exclaim !/Warner – sortie septembre 2007 – Le site officiel – l’espace Myspace

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *