Primal scream - Beautiful future
Par la petite porte, dans la foulée de leur précédent et excellent riot city blues Primal Scream s’en revient hanter nos chaînes hifi et autres baladeurs mobiles. Avec un album qui se retourne sur le passé et le passif du groupe, dont il se propose de donner une relecture inspirée.
Et c’est d’ailleurs dans ce constat que se cache les ferments d’une réussite qu’on présume en demi teinte pour le groupe. Parce que les succès d’estime ont toujours été, pour la bande à Bobby Gillespie, quand les Primal Scream se mettaient à surgir d’où on ne les attendait pas vraiment. Rappelons-nous des époques de sortie de Screamadelica, XTRMNTR et Riot city blues, pour ne rappeler que quelques-uns des moments du groupe qui ont commencé par « waouw, quelle surprise ». Ici, la surprise n’est pas forcément de mise. Et c’est sans doute ce qui explique le passage relativement inaperçu de ce nouvel album.
Un album qui mélange Death in Vegas aux Rolling stones, avec une pointe de gospel. Soit un album qui se propose de se retourner sur les agissements du groupe pour fournir une joyeuse partouze sous acides de l’énergie électronique d’un Vanishing point mélangé au rock de riot city blues.
Oui certes, ce n’est pas nouveau. Enfin tout du moins pour Primal Scream, qui fait du ici du neuf avec son vieux, et du coup disperse ses chroniqueurs. Pourtant, un jour quand on fera l’analyse des 20 et 21e siècle, il faudra bien se rendre compte que ce groupe passe au travers des modes comme le chameau au travers d’une aiguille. L’air de rien, avec un air de juste, allant vers la place qui lui revient de droit et sans effort apparent. C’est qu’ils sont passé du baggy à la britpop puis à l’électronique et au garage avec une maestria sans égale. Quand on se penche sur ce nouvel opus, que d’aucuns décriront en demi teinte, ou dans la continuité, on y repère néanmoins quelque trois singles minimum aptes à pêter les tympans de tout apprenti popeux, apte à renvoyer à leurs classes quelques aspirants wanabees à la page Myspace bien clinquante.
Avec moins de surprise, - mais l’amour n’est-ce pas aussi, parfois retrouver chez l’être aimé ces petits tics, ses petites manières, gestes, phrases et odeurs qu’on s’est plu à y repérer le premier jour ?- Primal Scream nous délivre un album bien loin de démériter à sa discographie. La basse de Mani joue le groove, et trouve ici un terrain de jeu blues qu’elle expérimentait déjà sur le précédent opus. Elle y retrouve aussi ses bons vieux copains électroniques, ces artisans obscurs d’un déhanchement incontrôlable malgré leurs dehors agressifs. Bobby caresse tout en grinçant, de cette voix qui s’étouffe comme un chat qui feule, retrouvant ici le plaisir des chants à deux voix, jouant de l’alternance masculine féminine. Les titres mélangent parfaitement les guitares et l’électronique, la pop et le rock.
On en redemande. Qu’on soit surpris sur le prochain opus ou pas, le 21e siècle sera marqué de l’empreinte de Primal Scream. Compagnon idéal parce que discret et addictif à la fois, les beautiful days du groupe de Manchester se sont frayés une chemin discret jusqu’à notre platine, qu’ils reviennent hanter comme à leur habitude, dès que le temps s’y prête ou qu’il faut se mettre d’aplomb pour enquiller une soirée à haut potentiel d’énervement chimique ou électrique.
Denis Verloes
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Tracklist
01. Beautiful Future
02. Can’T Go Back
03. Uptown
04. The Glory Of Love
05. Suicide Bomb
06. Zombie Man
07. Beautiful Summer
08. I Love To Hurt (You Love To Be Hurt)
09. Over & Over
10. Necro Hex Blues
11. The Glory Of Love (Single Version)
Label: Atco / WEA
Date de sortie:15 juillet 2008
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La vidéo de can’t go back via Youtube


