Chroniques express 55

Apple Jelly, Aucan, Sibyl Vane, Ludo Pin, F.M., Seelenluft, Jade, Pierre Vervloesem, Ralfe band, Julien Ribot, Go Go Charlton, Tahiti 80, Il cielo de Bagdad, Nicolas Bernier, Roland Appel       Apple jelly – Nanana Club Mêlant plutôt habilement pop, rock et electro, les deux frères, BEnn. & ViKtor qui forment la base du [...]

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denims.jpgApple Jelly, Aucan, Sibyl Vane, Ludo Pin, F.M., Seelenluft, Jade, Pierre Vervloesem, Ralfe band, Julien Ribot, Go Go Charlton, Tahiti 80, Il cielo de Bagdad, Nicolas Bernier, Roland Appel

 

 

 

apple.jpgApple jelly – Nanana Club
Mêlant plutôt habilement pop, rock et electro, les deux frères, BEnn. & ViKtor qui forment la base du groupe Apple Jelly sortent un second album groovy à souhait, incontestablement taillé pour la fête et le dance-floor comme peuvent l’être ceux des Stereo Mc’s, ou de Gorillaz (groupes auquels on pense par moment). Un album bourré d’influences et de clins d’œils puisés dans une culture cinéma populaire (Sergio Leone, Robert Rodriguez, John Carpenter, George Romero…) Même si l’ensemble manque parfois un peu d’originalité et souffre peut-être aussi d’un chant un peu trop maniéré sur certains titres, on reconnaîtra malgré tout au groupe cette envie forcenée de faire bouger tout le monde quitte à utiliser les recettes les plus classiques qui soient. Au final, « Nanana Club » est un album direct, sans prétention, pour un groupe qui ne se prend pas la tête et qui veut juste mettre un peu d’humour et de folie dans vos écouteurs. (2.5) Benoît Richard
MSV records/anticraft – oct. 2008 www.myspace.com/applejellyy

 

aucan.jpgAucan – aucan
Dans un genre où Shellac et Don Caballero font figure de maître étalon et où dernièrement des gens comme Pivot et surtout Battles ont redonné de la vigueur et du souffle, aucan se pose comme une belle alternative. Le trio italien Aucan martèle son rock instrumental avec application mais détermination saupoudrant ses assauts de guitares et de batterie de sonorités électroniques bien sentis, ce qui le mérite de donner un peu d’air à leurs compositions. On notera également des arrangements audacieux qui font qu’on s’arrêtera avec curiosité et intérêt sur ce disque avec des titres qui sortent un peu du tout venant math-rock (« Ac Ha B », « satellite ») même si on n’est pas franchement fan de ce type de musique. (3.0) Benoît Richard
ruminance/africantape/pias – sept. 2008 www.myspace.com/aucan

 

sibylvane.jpgSibyl Vane – The Locked Suitcase
Formation paloise dont a déjà pu entendre un premier album paru fin 2005 « Paradoxes », Sibyl Vane revient 2008 avec un album produit par Howard Bilerman (Arcade Fire, Silver Mt. Zion…) assez différent du précédent, franchement moins pop, plus direct, plus psychédélique, plus sombre, plus noise aussi. Et me si le groupe a le mérite de prendre des risques, d’oser des choses, n’hésitant pas à aller vers quelque chose de plus expérimental par moment, on lui préfèrera malgré tout son côté plus lumineux, plus soyeux et moins orageux, que l’on avait pu apprécier sur l’album « Paradoxes »… un album globalement plus intéressant que ce « The Locked Suitcase ». (2.0) Benoît Richard
A Tant Rêver Du Roi/Mosaic Music – oct. 2008 www.sibylvane.net

 

ludo_pin.jpgLudo Pin : Ludo Pin
Chanteur d’à peine 30 ans, Ludo Pin s’est d’abord fait remarquer sur radio Nova puis c’est les Louise Attaque qui lui offrent quelques premières parties en 2006. Doté d’un certain sens de l’humour et d’un sens de la mélodie évitent (3 secondes), Ludo Pin jette un regard espiègle sur son petit monde, sur la société dans des chansons simples, directes. Il chante des petites ritournelles légères, il reprend un vieux poète communard avec un texte de 1871 (« Ca branle dans le manche »), tout ça sur des musiques hip hop/trip hop mêlant guitares, beats et samples de manière très convaincante. Un côté décalé, une façon de faire de la musique bricolée, la fleur entre les dents, qui rappelle Ignatus (auquel on pense souvent sur cet album) mais également des gens aussi précieux que Dick Annegarn ou Albin de La Simone. Je vous assure, Ludo Pin c’est vraiment bien. (4.0) Benoît Richard
audiogram – oct. 2008 www.myspace.com/ludopin

 

fm.jpgF.M. – A dream or two
F.M. (parce que François Maurin) est un garçon qui a décidé de prendre la pop à l’envers. Au lieu de mettre les guitares à fond et de cogner très fort sur sa batterie, F.M. a préféré aller directement là où d’autres mettent des années à arriver : faire sonner sa musique pop sur des arrangements pour cuivres, cordes frottées ou pincées avec une élégance folle. Pas vraiment impressionné par le challenge, F.M. s’attaque même à du lourd (Cure, Stanglers, Blondie) avec des reprises culottées mais maîtrisées. Au fil des écoutes l’album impressionne un peu plus à chaque fois et on se dit que le parisien a vraiment tout pour aller loin, et que déjà avec cet album (pas prétentieux pour deux sous) il a déjà accompli une sacrée prouesse. (4.5) Benoît Richard
Remark/Warner – 2008 www.myspace.com/fmpopmusic

 

Seelenluft.jpgSeelenluft – Birds And Plants And Rocks And Things
C’est pas forcément un des albums dont aura le plus parlé cet été et pourtant ce sera un de ceux que j’aurai le plus écouté. Découvert il y a quelques années avec le tube « Manila », Seelenluft n’avait, depuis, pas trop marqué les esprits jusqu’à ce nouvel album « Birds And Plants And Rocks And Things », electro pop à souhait et plein de jolies mélodies, vienne nous ravir les ouies. un album porté par la reprise du superbe « Horse With No Name » du vieux groupe America. Au programme : guitares, sonorités électroniques lounge et juste ce qu’il faut de disco ensoleillée pour nous donner envie de remuer les doigts de pieds jusqu’en octobre. Un album qui devait plaire à ceux qui aiment les douceurs mélancoliques du type Swyazak ou Notwist. (4.0) Benoît Richard
Gigolo/ Nocturne – juin 2008    www.seelenluft.net - 2 titres en écoute ici

 

jade_analogic.jpgJade – Analogic
Jade est une formation lyonnaise, un quatuor dont la musique s’inscrit directement dans la lignée des formation trip-hop phares de la fin des années 90, début 2000, et qui avaient pour nom, par exemple, Archive, Massive Attack, Morcheeba… Sans doute abreuvés au son de ces groupes, Jade redonne ses lettres de noblesse à ce style de musique, à ces arrangements si particuliers, par l’intermédiaire d’un premier album plutôt plaisant et fort bien produit intitulé « Analogic ». Si, vous l’aurez compris, le style de Jade n’a rien de très personnel, en revanche on appréciera l’application avec laquelle le groupe s’attache à jouer une belle musique, à donner vie à ses chansons, à les rendre palpables, touchantes, évocatrices, comme en témoigne le très joli morceau piano/voix (« Sacrifice ») qui clôture l’album de fort belle façon. Dommage, juste, que jade n’ait pas 10 ans de moins. (3.0) Benoît Richard
z production – oct. 2008 www.jade-analogic.com - 2 titres en écoute ici

 

pierre_vervloesem.jpgPierre Vervloesem – Not even close
Drôle de gus que ce Pierre Vervloesem. Guitariste belge, producteur de l‘ombre pour un bon paquet de groupes belges, ce garçon sort là son nouvel album, le bien nommé « Not even close » où les styles de musiques se télescopent en permanence dans un O.M.N.I aussi barré et inclassable qu’un disque de Franck Zappa. Véritable touche-à-tout, Pierre Vervloesem ne se refuse rien, n’hésitant pas à piocher dans le jazz autant que dans la musique électronique que dans le rock pour faire sonner ses compostions qui auraient d’ailleurs fière allure sur des labels comme Warp ou Ninja Tunes. Le label Stilll peut donc s’enorgueillir de tenir là un sacré numéro, capable de rassembler sur un même titre Jean-jacques Perrey et Aphex Twin (oui m’sieu !). Bref , si vous cherchiez un disque frais, drôle et ludique pour surprendre votre petit monde, ne cherche plus, il s’appelle Not even close et il est signé du fou génial Pierre Vervloesem. (4.0) Benoît Richard
Stilll – oct. 2008 www.pierrevervloesem.be

 

ralfe_band.jpgRalfe Band – Attic Thieves
Emmené par Oly Ralfe et Andrew Mitchell le Ralfe Band revient à peine un an après la sortie de l’album « Swords » avec « Attic Thieves », bien dans la continuité du précédent avec un astucieux mélange d’influences qui donnent à la musique de ce groupe la particularité d’être assez peu identifiable autant stylistiquement que géographiquement parlant. Si l’ensemble navigue entre pop, folk et musique de cabaret, on notera tout de même la capacité de ces anglais à nous promener gentiment aux 4 coins du monde en moins de 45 minutes. Profondément mélancolique, « Attic Thives » s’avère pourtant moins surprenant et passionnant que son prédécesseur, sans doute à cause de la plus grande uniformité qui règne tout au long des 14 titres. Mais on notera tout de même la présence de quelques perles ici et là qui font de cet album un objet musical encore largement digne d’intérêt. (3.0) Benoît Richard
Talitres – octobre 2008  – 2 titres en écoute ici

 

julien_ribot_vega.jpgJulien Ribot – Vega
Julien Ribot revient après deux albums sans trop de succès (« Hotel Bocchi », « la métamorphose de Caspar Dix ») avec « Vega », un album un poil différent et plus ouvert que ce qu’il a pu faire par le passé, avec une belle production aux accents 70’s qui convoque Bowie et T-Rex dans des chansons qui parlent du voyage labyrinthique du nouveau chimpanzé. Et si on n’est pas forcément dans un concept album au sens où on peut l’entendre habituellement, on remarquera malgré tout que « Vega » s’écoute d’un bloc plutôt que par petits bouts, sans véritable titre a extraite de l’ensemble. Un disque pop flamboyant et travaillé à l’ancienne, qui rappelle les productions Burgalat et son label Tricatel à l’époque de Valérie Lemercier et d’Aprile Marche. Album appliqué, rempli de mélodies et d’arrangements pop que n’auraient sans doute pas détestés un Gainsbourg à l’époque de « l’homme à le tête de chou », « Vega » impose un peu plus Julien Ribot comme un des plus talentueux auteurs français de son époque. A quand la reconnaissance ? (4.0) Benoît Richard
ici d’ailleurs/discograph – mai 2008 www.julienribot.com - 2 titres en écoute ici

 

gogocharlton.jpgGo Go Charlton – Beaucoup Schlager
Plutôt que de chercher à faire une musique originale ou personnelle, Les Go Go Charlton ont décidé de faire de la musique en hommage à la pop anglaise des années 80 et en reprenant non pas les titres mais la façon de faire de deux des plus emblématiques formations de l’époque : New Order et les Smiths. Le problème c’est qu’au-delà de ce sympathique exercice de style et de cet déclaration d’amour à ces deux géants de la pop, on ne voit pas trop l’intérêt de cet album si ce n’est de la jouer comme…. On espère simplement qu’après ce premier album, les Go Go Charlton vont mettre un peu plus d’eux-mêmes dans leur compos et faire vraiment du Go Go Charlton. (2.5) Benoît Richard
MSV/anticraft – octobre 2008 www.myspace.com/gogocharlton

 

tahiti80.jpgTahiti 80 – Activity Center
« Activity Center », qui titre son nom de cette table d’éveil pour bébé pleine de trucs à pousser à tirer à faire tourner, est aussi le nouvel album du groupe Rouennais Tahiti 80… plus connu au Japon qu’en France. Mais peu importe, car si ces gars-là n’ont pas encore eu la reconnaissance qu’ils méritaient et si les Phoenix leur sont toujours passé devant, Tahiti 80 ne se décourage pas pour autant et tente encore une fois avec ce nouvel album le record du monde du « meilleur album pop français des 10 dernières années » toujours détenu par… Phoenix avec leur album « United » sorti en 2000. Après les influences soul du précédent album « Fosbury », Tahiti 80 revient donc à ses premiers amours, à ce qu’il sait faire de mieux, à savoir une pop directe et sophistiquées à la fois, qui fait de ce groupe un compagnon de chambrée des dignes représentants hexagonaux que sont les Fugu, Orwell ou Mellow. Alors même si « Activity center » n’aura peut-être pas la reconnaissance attendue, cet album n’en restera pas moins une petite merveille de pop légère, spontanée, qui met vraiment la pêche, avec des chansons faciles, à reprendre en chœur par tous ceux pour qui le mot « pop music » garde encore tout son sens aujourd’hui. (4.0) Benoît Richard
Barclay/Universal – sept. 2008 www.tahiti80.com - 2 titres en écoute ici

 

ilcielo.jpgIl Cielo Di Bag­dad – Ex­port For Ma­lin­co­lique
C’est du côté de Naples en Italie que vit le jour le groupe Il Cielo de Bagdad a qui l’on doit un premier Ep 7 titres sorti en 2007. Un trio qui mélange habilement instruments traditionnels (violon, piano, Wurlitzer, melodica, glockenspiels…) et sonorités numériques dans une musique profondément mélancolique qui rappelle autant les islandais de Mùm que Sigur Ros, voire, d’une certaine manière, certains groupes de rock progressif de la fin des années 70. Si l’ensemble est assez lyrique, avec, par moment, des mélodies et des arrangements un poil vraiment trop démonstratifs, le groupe ne tranche  jamais véritablement entre post-rock et electronica. Toutefois, la fin de l’album penche plutôt vers un post-rock enflammé pas toujours très digest. Il Cielo Di Bag­dad gagnerait sans doute à épurer un peu sa musique. (2.5) Benoît Richard
www.recbedroom.com – octobre 2008 www.myspace.com/ilcielodibagdad

 

arbres.gifNicolas Bernier – Les arbres
Connu pour ses créations à caractère expérimental, le canadien Nicolas Bernier s’associe ici avec le graphiste Urban9 pour donner vie à une ouvre construite conjointement et mutuellement à partit du travail de chacun. Un travail d’improvisation qui débouche aujourd’hui sur le Cd les arbres. Au programme 6 compositions qui chacune trouve une correspondance avec une carte postale livrée avec le disque. Une manière de plus de faire coïncider le son et l’image. Dans les compos de Nicolas Bernier mêlant sonorités électroniques et sonorités acoustiques on découvre un univers riche et foisonnant, où chaque ambiance semble travailler jusqu’à l’extrême, historie de faire ressortir le maximum d’impressions, d’images, de ressentis chez l’auditeur. Expérimental dans la forme et dans l’idée, mais très facile à écouter, les arbres dévoile des harmonies profondes, ou le son du piano, de l’accordéon, de la guitare du vibraphone viennent se frotter en permanence aux triturations sonores du canadien. Ce qui donne un assemblage sonore très moderne dans sa conception, étonnant. Une manière, pourquoi pas, de découvrir et se familiariser avec la musique électroacoustique. (3.5) Benoît Richard
No type – mai 2008    www.myspace.com/nicolasbernier

 

Roland Appel – Talk To Your Angel
Plébiscité par les plus grands DJs de la planète avec son titre Dark Soldier (la liste est longue et les commentaires vraiment dithyrambiques), Roland Appel peut se targuer d’avoir composé un disque réellement magnifique. Entre techno soul et house romantique, Talk To Your Angel est un album touché par la grâce. L’émotion poignante qui se dégage de chacune de ses productions démontre un travail de songwriting rigoureux. Ses précédentes collaborations au sein de Fauna Flash (à mi-chemin entre broken-beat pointu et house nu-jazz, très apprécié par Kruder & Dorfmeister) et Trüby Trio (beaucoup plus jazz et latin vibes) lui ont apporté une expérience de l’écriture hors norme: sa techno a une âme. Il élargit la profondeur de champs de ses morceaux grâce à des arrangements de cordes, introduit des vocaux élégants et soul, compose des rythmiques entêtantes et nous sert un disque indispensable. (4.5) Briec Jequel
Sonar Kollektiv – juin 2008  Myspace Roland Appel

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L'Auteur:

Benoit Richard
a créé Benzine en 2000, puis Ondefixe, puis Hop Blog, puis Pop Revue express, puis Netlabels Revue, puis Hop BD, puis Des Chips et du Rosé, puis s'est dit que ça suffisait comme ça.

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