Jape – Ritual

jape.jpgl’histoire est anecdotique. Mais réelle. Un soir, dans un tout petit bar d’Irlande, Brendan Benson des Raconteurs est en train de siroter une limonade (bon ok pas forcément une limonade, Mais ça l’histoire ne le dit pas, alors on improvise). Il entend une toute petite chanson dans ce petit bar. Elle l’impressionne et il décide de s’enquérir auprès du DJ de l’identité du tout petit groupe qui est le dépositaire de cette toute petite chanson. Du coup, tous les soirs, le Dublinois Richie Egan eut ensuite le plaisir de voir Jack White balancer le riff de floating dans les grandes salles de la grande tournée des Raconteurs.

Les labels s’emparent de la chose. Myspace aussi. Et c’est ainsi que le second album – le premier a été tiré a 500 exemplaires – de Jape se retrouve signé chez V2 / Coop et que Richie Egan se voit comparé dans la presse, tantôt à  Beck époque Odelay, tantôt aux Beta Band.

Il y a de cela en effet. Mais on imagine que la comparaison tient surtout au fait qu’on connait peu de groupes bricolo/electro/DIY/énergisant. A ce compte, on pourrait citer aussi le Moby d’avant la grandiloquence »Jape c’est un fourre-tout capable de mélanger une grosse guitare presque métal avec de l’électronique aussi teintée de 80.’s qu’un album de Felix da Housecat.

Il n’empêche, et Moby ou Felix en sont des bons exemples, que la ligne est ténue entre la récupération et l’assimilation, la valorisation et le pastiche, le gros son et la boursouflure. Il n’empêche qu’il n’est pas évident de mélanger électronique, son vaguement 80.’s (ah ces synthés surranés) guitares rock, et pour autant produire une chanson à  la mélodie puissante, aux paroles mnémotechniques, imparable. Dansante et entêtante. D.’être capable ici et là  de passer à  des choses plus douces et calmes sans qu’on ait l’air d’un grand nimporte quoi global, d’une mixtape biscornue faite à  la hâte pour remplir un album un peu plat.

Jape y arrive. Christopher & Anthony avec son refrain  » chris-to-pher and an-thony  » en forme de gimmick ou le doux Young en sont deux preuves indiscutables qu’on vous invite à  aller écouter. On vous invite d’ailleurs à  aller prêter plus qu’une oreille à  ce ritual impeccable.

Un album surgi de nulle part, un peu en décalage avec les murs de guitare du moment. Qui plonge à  la fois dans les méthodes 90.’s et les sonorités 80.’s. Et, s’il était sorti à  la même époque, on est à  peu près sûr qu’on aurait trouvé dans les mêmes soirées un bon Jape suivi d’un Depeche Mode façon Just can’t get enough. Un régal. Simple, goûteux efficace et globalement sans prétention.

Denis Verloes

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Tracklist

01. Christopher + Anthony
02. I Was a Man
03. Replays
04. Graveyard
05. Phil Lynott
06. Streetwise
07. At the Heart of All of This Strangeness
08. Apple in an Orchard
09. Strike Me Down
10. Nothing Lasts Forever

Label: V2 / Cooperative music
Date de sortie: 23 juin 2008

Plus+
L’espace Myspace
Le site du label
Les vidéos via Google

Le clip de floating via Youtube

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