Eux, de Joyce Carol Oates

eux.gifLes éditions Points sortent en version poche classieuse une des parutions de Stock les plus emblématiques, une grande saga, parue en France en 2007, et imaginée par la romancière Oates. Dans son oeuvre plus qu’imposante, , cette dernière s’est toujours intéressée au destin de personnages simples, dont l’existence peu glorieuse au départ peut s’avérer dans l’avenir unique (« Blonde« ) comme désastreuse, à  l’image de Loretta, héroîne de ce roman-fleuve racontée par sa fille Maureen, icône d’une Amérique des non-nantis, victime de ces »eux ».

Qui sont-ils ? Eux, ce sont les hommes qui ont compté dans la vie de, Loretta, ainsi les femmes qui les ont aimés, haîs ou subis. Une pléiade de, personnages s’entrecroisent, autour de cette figure féminine intense mais résignée, avec en toile de fond une Amérique post-Steinbeck, éprouvée par les conséquences de la grande Dépression et qui, tente de faire face, à  des, changements sociaux sans précédent, à  des émeutes raciales, et surtout à  des bouleversements familiaux multiples.

Immense sujet, traitement ample et démesuré : Oates maîtrise en tous points son sujet, le délite au fil des ans et des relations humaines qui régissent son groupe de héros malgré eux. On est vite emporté par ce torrent romanesque, même si, il faut l’avouer, la lecture de Eux me semble réservé aux amateurs de sagas passionnelles et bien souvent interminables.

Car, ce pavé de plus de six, cent cinquante pages, n’est pas exempt des défauts évidents de ce genre littéraire : longueurs, détails inutiles, lourdeurs de certains passages…le livre tombe parfois un peu des mains, manquant de dynamisme et d’efficacité, en particulier au milieu de l’ouvrage. De plus, la collection de malheurs qui s’abat sur cette pauvre dynastie, n’échappant à  aucune des difficultés sociales les plus connues (alcoolisme, violence, prostitution, racisme…) donne un ensemble sombre et parfois misérabiliste qui devient éprouvant à  la longue. On préfère la romancière plus légère et plus concise, comme par exemple l’auteure de délicieuses pourritures qui enthousiasme davantage dans les formats plus courts.

Pour le reste, c’est du roman foisonnant et fiévreux, de la très belle ouvrage pour qui adore les épopées contemporaines.

Jean-François Lahorgue

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Eux, de Joyce Carol Oates
Editions Points, Collection Signatures
649 pages, 14 €¬
Date de parution : octobre 2008

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