Rothko – A life lived elsewhere

Un peu à l’image de Yellow6, Mark Beazley est de ces artistes qui mènent leur projet (Rothko en l’occurrence) avec une cadence diabolique, accouchant par là même d’une discographie nécessairement pléthorique et éparpillée. Quoi de plus normal et bienvenu donc que ce spicilège regroupant une vingtaine de titres au mieux disséminés dans des recoins inaccessibles, [...]

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rothko_a_life_lived_elsewhere.jpgUn peu à l’image de Yellow6, Mark Beazley est de ces artistes qui mènent leur projet (Rothko en l’occurrence) avec une cadence diabolique, accouchant par là même d’une discographie nécessairement pléthorique et éparpillée. Quoi de plus normal et bienvenu donc que ce spicilège regroupant une vingtaine de titres au mieux disséminés dans des recoins inaccessibles, au pire parfaitement introuvables. C’est ce à quoi s’attache A life lived elsewhere, travail de collecte rétrospective résumant bien l’univers du gaillard.

Ici il est évidemment question de vastes espaces d’expression pour basse et guitare, qui aiment à se perdre dans une toile de nappes, et tissent des motifs impressionnistes que viennent embellir harmoniques et bruits blancs. N’étant pas du genre à faire étalage d’une quelconque technicité tape-à-l’oeil, Rothko est de ces formations pour qui une note sans la résonnance et le silence attenants n’est rien, et qui perd de son sens sans les glissements de doigts qui l’accompagnent et sans les flexions de cordes qui lui donnent sa couleur. Cet éloge du minimalisme transparaît particulièrement bien dans la première moitié du disque, parfaite bande-son au Gerry de Gus Van Sant, évoquant notions d’abandon, d’isolement, de perte de repères, avec tous les instants d’angoisse passagère que cela peut impliquer.

Et puis, les années passant, le doigté s’affirme, les lignes se font plus éloquentes, nous remémorant au passage les belles heures d’Aerial M (Windows Doors And Other Openings), voire celles de Bedhead (Light Traces). Pour éviter toute linéarité, Rothko s’attache à introduire doux crissements et distortions (Forty Years To Find A Voice), dissimule derrière des brumes opaques des lignes habitées de la bonne vieille nostalgie chère à Acetate Zero (Exits Into Open Spaces), agrémente sa palette sonore de bruitages aquatiques, traits d’orgue et notes cristallines (Sharps Box), ou de samples naturalistes et champêtres, qui appariés à ces volutes de notes inversées, nous mènent à un résultat du plus bel effet. Un panorama méditatif.

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Sébastien Radiguet

Tracklist
01. Suddenly Becomes Light
02. Umber
03. Undone
04. To Silence In Sound
05. Truth Burns
06. Forty Years To Find A Voice
07. Windows Doors And Other Openings
08. Sky Blue Glow
09. Exits Into Open Spaces
10. Red Yellow Blue
11. Light Traces
12. Sharps Box
13. St. Seno
14. 291
15. Zurich Trains
16. Nights Air
17. Not Gone. Not Forgotten.
18. Fugue
19. No Space Between
20. Breaking The Fall

Durée : 72’00
Label : Trace recordings / dbds
Sortie : 2007

Plus+
Le site officiel du label Trace recordings
Le site officiel de debruit&desilence

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L'Auteur:

Sébastien Radiguet

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