C’est une défaillance technique qui nous a fait passer à côté de Cut copy en juin 2008 à l’époque de sa sortie. Si si. Un CD récalcitrant qui ne produisait qu’un concept album à base de douze plages d’un seul et même son – un mi si je ne me trompe – redondant. On s’était dit alors, que c’était bizarre Cut copy.
Le temps qu’on se reprocure un album digne de ce nom et qu’on le digère, le temps a passé. Si. Trop en tous cas pour que les Australiens ne viennent intégrer notre top 21 des albums de l’année qui aurait sans doute pour l’occasion été rebaptisé top 22 (ou top 23 parce qu’un autre album du label Modular, aussi découvert sur le tard eût pu venir jouer aussi avec les cadors de mon année). Trop aussi, puisqu’à l’instant où vous lisez ces lignes, le groupes et d’ors et déjà passé disque d’or en France, ce qui n’est gage de rien sinon qu’une centaine de milliers de gens ont acheté leur album et au moins 10 fois autant l’ont désormais stocké sur le pc. Tant pis pour la chronique, tant mieux pour les auditeurs et le groupe.
Ok mais c’est qui Cut copy? Un groupe australien emmené par Tim Goldsworthy, fan avéré des 60’s, des 80’s et de la franche touche (prononcez French touch). Pour ce deuxième album, premier à recevoir via Barclay France une distribution digne de ce nom dans l’hexagone ; le bonhomme a confié les manettes de la prod à Dan Whitford de DFA. Entre le musicien et le producteur s’est formé une alchimie étonnante à base de goût pour ELO et de vénération pour My bloody Valentine. Voilà pour le pitch comme dirait Thierry A. terrien sur le retour.
Etonnamment, ce n’est pas tant à My bloody valentine qu’on songe à l’écoute de cet album très réussi. A l’exception d’un ou deux titres, le goût pour la vague bruitiste est plutôt modéré. Cut copy explore un versant de la pop électronique nourri effectivement aux années 80 et aux gimmicks de la techno du mitan des 90’s. Le postulat est sensiblement le même que mettons, The Rapture, mais le résultat est finalement assez différent. Plutôt que de camoufler ses influences derrières un nid de nouveautés, Cut copy assume sa passion pour le passé, coupe et colle (cut et copy quoi) des petits bouts de sonorités familier à tout trentenaire, pour en faire des morceaux qui suscitent l’attrait de la nouveauté autant que la nostalgie d’une jeunesse sautillante à jamais disparue.
Plus que My Bloody Valentine, Air ou Daft Punk qui n’apparaissent finalement qu’en filigrane dans la manière de poser une atmosphère et dans la limpidité technologique du son synthétique choisi, c’est à un autre géant de nos vertes années qu’on est forcément renvoyé. Cut copy c’est un peu comme le nouvel album de New Order si New Order avait persévéré dans sa veine électronica plutôt que suivre son penchant Electronic et donc électrique. Ne serait la qualité du son et la manière d’utiliser l’espace on songe bien évidemment au standards du groupe mancunien, enfin si on omet le rôle baggy de la basse de Peter Hook à l’époque, et qu’on le remplace par une série d’artifices électroniques qui poussent à l’ondulation plutôt qu’à l’exultation sur la piste de danse. Efficace sans être démonstratif, donc.
Etrangement, on n’a pas du tout envie de crier au plagiat (comme c’est souvent le cas, quand un groupe essaie de revivifier les 80’s en exagérant les ficelles, de la réverb’ à la cravate en cuir noir). Non. On sent que Cut copy vénère suffisamment ses modèles pour ne pas les plagier. Juste les copier. Et avec une évidence telle qu’elle ne souffre pas d’un syndrome de faussaire. Amusant, parce que pas évident de rendre classe, ce qui serait compris ailleurs comme un succédané (mais c’est peut-être la marque de fabrique du label Modular en fait…. On y reviendra lors de la chronique de Ladyhawke). Cut copy connaît son New Order sur le bout des doigts et fournit l’équivalent d’un biopic de cinéma. Soit une biographie romancée de son groupe préféré. La force de ce biopic musical, dans sa facilité à nous convaincre, réside dans sa très bonne documentation sur la vie de ses modèles, et le talent des comédiens capables de faire revivre le mythe sans nous le dénaturer. Même si, pour cause de royalties, aucun des morceaux présents dans la bande son n’est effectivement attribuable au groupe encensé par sa biographie romancée.
Et un tel niveau de réussite, dans un genre balisé et concassé par ses aînés, ça ne se critique pas; ça se salue.
Denis Verloes
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Tracklist
01. Feel The Love
02. Out There On The Ice
03. Lights And Music
04. We Fight For Diamonds
05. Unforgettable Season
06. Midnight Runner
07. So Haunted
08. Voices In Quartz
09. Hearts On Fire
10. Far Away
11. Silver Thoughts
12. Strangers In The Wind
13. Visions
14. Nobody Lost, Nobody Found
15. Eternity One Night Only
Date de sortie: 23 juin 2008
Label: Modular / Barclay / Universal
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La vidéo de hearts on fire via Dailymotion
















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