Emmanuel Lundgren, ci devant meneur de la petite troupe de I am from Barcelona (mais en fait plutôt de Suède) a cherché un concept moteur du successeur à l’introductif we’re from Barcelona. Il l’aurait trouvé au confluent de ses histoires de jeunesse et de la lecture d’un livre biographie et conjecturel autour de la mort du célèbre magicien Harry Houdini.
On ne saura jamais le degré de réalité de l’ensemble, ou si l’image est née essentiellement dans l’esprit des responsables de la promotion du nouvel album… Toujours est-il que Emmanuel Lundgren aurait, réellement ou symboliquement, décidé de rentrer en studio et de faire jeter la clé de ce dernier par la personne chargée de sa santé. Ceci afin de rester concentré. Réussir à sortir de l’espace confiné uniquement une fois l’album terminé, comme Houdini s’enfuyait de pièces fermées. Le tout par ailleurs comme un « big up » à la jeunesse d’Emmanuel Lundgren qui, petit, se serait bien vu devenir magicien.
Si ceci est peut-être un prétexte pour faire causer le chroniqueur, il tendrait pourtant à confirmer l’exemplaire unité d’un album stylé qui se dévore d’une traite. Parce qu’on aimait bien le premier opus, d’abord, parce qu’on ne peut que se laisser embarquer par cette mécanique pop imparable (notamment le single Paper planes, allez on vous met au défi de ne pas muser; ou encore Ophelia… repris régulièrement à tue tête à la maison par une petite fille de quatre ans).
Les arrangements sont beaux, la voix du bonhomme monte et se fêle comme on l’attend d’un bon rockeur, le charme naît parfois de la mélodie, parfois du gimmick, parfois de la forme qui se révèle dans la droite ligne du précédent opus. Pourtant, il y a un pourtant. Étrangement, on a une étonnante sensation qui point derrière l’exemplaire unité de forme et de ton, et derrière ces mélodies taillées exprès pour ravir le cœur des popeux. Une sensation qui vint en son temps à l’écoute du fin de siècle de Divine Comedy (juste après le magistral Casanova) ou qui vient quand on écoute un bon album de Keane et de Travis. On aurait tendance à appeler ça le syndrome du « gendre idéal ». Bien brossé, bien peigné, bien poli, bien souriant et tout à fait présentable à sa mère. Autant d’éléments qui rassurent autant qu’ils risquent parfois de faire flipper l’auditeur parfois aussi séduit par le défaut, l’accro ou l’haleine douteuse.
Tellement évident qu’on se met à regretter qu’il n’y ait pas un mauvais morceau osé, tellement efficace qu’on se dit qu’on aimerait que tout ne tourne pas aussi rond et propre. On serait presque tenté d’aller chercher le grain de sable dans cette machine bien huilée, pour faire couiner un engrenage.
Who killed harry Houdini? est en fait un album tellement bien, qu’il finit par fatiguer un peu. Un album tellement écoutable qu’on finit par ne plus tant avoir envie de l’écouter. Et pourtant on n’arrive pas vraiment à tout à fait s’en passer ni à chasser les mélodies qui viennent s’insinuer dans le ciboulot comme si de rien n’était. Un album tellement pop qu’il peut servir d’exemple, un album tellement bien fait qu’on se dit que le producteur a fait un super travail, un album tellement bien joué et orchestré qu’on baille un peu, à la fin. Mais on sait, on sait qu’un autre chroniqueur prendrait nos arguments et nous les retournerait comme des doigts de gants jetés ensuite au visage.
Le nouveau I am from Barcelona est un album super réussi. Pétri de bons sons et de bonnes mélodies. Tellement réussi en fait qu’on l’aimerait un peu moins lisse. Qu’il s’adresse un peu moins à notre cerveau et un peu plus à nos tripes. Mais bon on abuse aussi sûrement un peu
Denis Verloes
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Tracklist
01. Andy
02. Paper Planes
03. Headphones
04. Music Killed Me
05. Gunhild
06. Mingus
07. Ophelia
08. Houdini
09. Little Ghost
10. Rufus
Date de sortie: le 22 septembre 2008
Label: Virgin / EMI
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La vidéo de Paper planes via Youtube














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