Ladyhawke – Ladyhawke

Commencer une chronique en précisant, pour la gent masculine de plus de trente ans, que la jeune femme platine qui se cache derrière le patronyme Ladyhawke évoquera bien évidemment des souvenirs de lycée dans les années 80… ce n’est pas une bonne introduction. Continuer en signalant que les félines aquarelles du livret et du joli [...]

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ladyhawke.jpgCommencer une chronique en précisant, pour la gent masculine de plus de trente ans, que la jeune femme platine qui se cache derrière le patronyme Ladyhawke évoquera bien évidemment des souvenirs de lycée dans les années 80… ce n’est pas une bonne introduction.

Continuer en signalant que les félines aquarelles du livret et du joli digipack retiennent l’œil et qu’une chanson est dédiée à Paname… c’est un manque d’idée patent. Car le second album majeur en 2008 pour le label Modular (qui nous a déjà donné les excellents Cut copy un peu plus tôt dans l’année) mérite une plus jolie introduction que celle qu’on lui trouve ici.

Comme chez Cut copy, et en forme de signature à Modular, l’album éponyme de la belle qui un pied à Sydney, un autre à Wellington et un troisième (hihi) en Angleterre, est avant tout un album de copiste inspiré. Comme chez Cut copy, on identifie assez rapidement les années 80 dans lesquelles nous replonge l’ambiance du disque de Pip Brown aka Ladyhawke. Comme chez Cut copy, la relecture de cette époque tient de la nostalgie plus que du plagiat, et se garantit une telle dose de personnalité qu’il faudrait être vraiment chien pour ne pas trouver à l’album une sidérante présence, sinon une totale inscription contemporaine.

On peut s’amuser, à lister quelques unes des influences majeures qu’il ne faut pas être grand clerc pour repérer au fil de l’album. Le chant féminin façon Blondie, le jeu synthétique mâtiné des sons métalliques d’à peu près tous les premiers essais électroniques de nos jeunes années ; mais avec une prédominance pour le discret gimmick en arrière plan, bien réverbéré comme dans les premiers Depeche Mode. Oui mais… que quelques unes en fait. Parce que passés Depeche Mode et Blondie, on se rend compte qu’on peut toujours instinctivement rattacher l’opus aux années 80 avec le chapeau des années college et le le kefjé façon intifada… mais on est presque incapables de citer des noms précis : Pet shop boys, B’52s, Kraftwerk, New order, Kim Wilde, Bowie, Cindy Lauper… A les citer toutes on en citerait aucun…

Ladyhawke a capté l’air d’une époque qu’elle n’a pas connu et a réussi à en siroter la substantifique moelle pour produire un album rudement bien torché, qui passerait sans aucun problème sur une compile 80’s et dont une bonne moitié des auditeurs diraient« ah ouais ça je connais, c’est quoi déjà ? ».

Et c’est sans doute là sa plus grande force. On se rend compte qu’on a déjà sorti cette phrase pour d’autres disques par le passé, mais étonnamment, souvent pour des groupes dits « intellos » pop dans la démarche plus que dans l’essai à proprement parler. Ladyhwake s’avale d’une traite, et on a à peine fini qu’on s’en reprendrait bien une rasade. POP. Le mot n’est pas ici galvaudé, tant aucun titre n’est à jeter, aucun ne s’oublie facilement.

La réussite est totale au fil d’un album à la production pourtant très, très clinique et dénué de la moindre faille. Les années 80 font leur come back sous le casque sans qu’on crie au scandale et au vol (Modular’s touch). On se rend compte par ailleurs qu’une des mécaniques nous préservant du plagiat consiste en ce qu’aux 80’s réelles s’additionnent des eighties fantasmées, déjà passée à la moulinette du début de ce siècle. Ladyhawke ajoute à ses références de base, une bonne connaissance des machines à danser de la fin du 20e s et du début du 21e. Peaches, Phoenix, Felix da Housecat, Mojo… ne sont jamais tout à fait loin, ajoutant un peu de gloss aux réminiscences du passé qui manqueraient parfois sinon un peu de groove. Le résultat est sans doute l’album le plus pop de 2008 (qu’on a évincé de notre top pour l’avoir découvert trop tard), et la bande son de toute bonne soirée festive. Un subtil mélange de pop, de nostalgie, d’envie de se remuer un peu ivre, au milieu du salon d’un pote dont les parents seraient partis pour un soir… ou les enfants couchés depuis quelques heures.

Excellentalbum !

Denis Verloes

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Tracklist

01. Magic
02. Manipulating Woman
03. My Delirium
04. Better Than Sunday
05. Another Runaway
06. Love Don’T Live Here
07. Back Of The Van
08. Paris Is Burning
09. Professional Suicide
10. Dusk Till Dawn
11. Crazy World
12. Morning Dreams

Date de sortie: 29 septembre 2008
Label: Modular / Barclay / Universal

Plus+
Le site officiel
L’espace Myspace
L’album en écoute sur Deezer
Les vidéos via Google

La vidéo de Paris is burning sur Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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