Stuck in the sound – Shoegazzing kids

En fait, on ne donnait pas cher de Stuck in the sound. Déjà, parce que quand on a appris qu’ils sortaient un nouvel album, on s’est rendu compte qu’on les confondait (et on s’exscuse) avec une autre formation française qu’on a fini par ressortir de notre vieille mémoire :Steeple Remove. Puis on s’est rappelé, comment [...]

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stuck_in_the_sound.jpgEn fait, on ne donnait pas cher de Stuck in the sound. Déjà, parce que quand on a appris qu’ils sortaient un nouvel album, on s’est rendu compte qu’on les confondait (et on s’exscuse) avec une autre formation française qu’on a fini par ressortir de notre vieille mémoire :Steeple Remove.

Puis on s’est rappelé, comment on avait reçu à l’époque ce qui était encore une démo aboutie et comment malgré les bonnes ondes d’une des chroniqueuses occasionnelles de Benzine, on s’était dit que leur musique ne cassait pas trois pieds de chaise.

Puis il y eut le CQFD des Inrocks en 2005, et le premier album réel Nevermind the living dead, qu’on a passé un peu sans voir. Puis shoegazzing kids donc, annoncé par ouais, son single d’introduction. Un album enregistré en France et mixé par Nick Sansano, producteur pour Sonic Youth , Public Enemy et Noir Désir, excusez du peu… Bon OK qu’on s’est dit… Portés par Discograph, français, chouchous de la presse musicale, et mixés par un ponte… manquerait plus que l’année prochaine ils signent chez Barclay et on aurait une histoire somme toute assez banale dans l’hexagone musical contemporain.

Et on a posé le disque dans le lecteur du Scénic. Et on a fait un excès de vitesse. Bon pas non plus un de ces excès de vitesse qui font qu’on perd son permis. Non. Mais un excès de vitesse quand même. Shoegazzing kids, c’est nous, vous, tous ceux qui ont connu le début des années 90 : une époque où on était en âge de picoler au bal des rhétos de l’athénée (une sorte de fête de lycée), où on découvrait la musique du frère et de la sœur d’Olivier (une sorte meilleur ami) dans un pavillon de la banlieue bruxelloise: Ride, Slowdive, My bloody valentine et bien sûr la bande à Thurston Moore. Puis qu’on les imitait en jouant de la Squier porté très bas en bandoulière et overdrivant le tout derrière la pédale Zoom.

Le mix évoque en effet cette période. Avec la voix qui se perche sur une guitare qui roule comme une vague, et du son de laquelle émerge des riffs énervés mais lancinants. Le ton de l’album évoque tout à la fois le experimental jet set des Sonic Youth et Tarantula, album maudit de Ride ensuite splité. Et il le fait plutôt bien d’ailleurs. L’univers est respecté, le mur du son convoqué, la noirceur du sentiment instillée. La voix : en retrait. Pas du tout, mais alors pas du tout inaudible. Pas du tout, mais alors pas du tout taxable de suivisme ou de hype parisienne à deux francs façon post punk, pré strokes… Mieux, shoegazzing kids est le premier qui convoque une époque qui n’est pas encore revenue en grâce en 2009, et préserve Stuck in the sound d’avoir à lutter au milieu du bataillon pour trouver sa place et son quart d’heure de célébrité sur nos platines. Les titres sont torchés, accrochent souvent la mélodie entêtante et font montre d’une belle envie d’en découdre. On appuie sur la pédale d’accélérateur sans vraiment y penser et le temps passe sans jamais peser.

Mais shoegazzing kids ne fait pourtant qu’EVOQUER cette période sise au début des 90’s. Et c’est bien là sa seule limite, qu’on se sait un peu chié de pointer du doigt au vu de la réussite générale de l’opus. On parierait un paquet de Kréma que les gamins derrière cette boîte à musique lancée sur les traces des aînés n’ont pas vécu l’époque de l’intérieur. Il suffit d’écouter shoot shoot ou teen tale pour se rendre compte que les zigues ont été biberonnés à la musique indé un poil plus tard que le vieillard qui pond ces lignes. Ou bien, en tous cas, qu’ils ciblent la jeunesse qui a acheté les mid price de Jeff Buckley, croit que la new Wave est née avec l’émo, a sorti les ongles noirs avec Brian Molko et a crié au génie lors de la sortie du premier Muse.

Cette jeunesse qui écoute plutôt le mouv’ que Lenoir et qui dit Pure Fm plutôt que radio 21. Ce n’est pas un si gros défaut allez… Mais c’est parfois l’ourlet un peu trop voyant qui coud le bas de ce jean musical râpé à la cuisse. La légère pesanteur d’un album qui ne manque par ailleurs d’aucun allant. Qui nous préserve aussi, et c’est plus malheureux, de crier à l’indispensable achat.

Gageons pourtant qu’avec un son pareil sur disque, rendant une belle dose d’énergie canalisée, les concerts débridés, doivent être de belles joutes soniques aptes à transcender un album juste un poil trop pataud pour votre serviteur, un poil trop teenager aussi –mais si vous êtes dans la cible, courrez c’est du tout bon-. Des concerts qui doivent, on parie toujours les Kréma, faire revivre les ferments de l’époque où on regardait nos Gazelle bleues en se disant que c’était là le meilleur point de chute pour notre regard perdu.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Zapruder
02. Ouais
03. Utah
04. Shoot Shoot
05. Teen Tale
06. Playback A.L.
07. Beautiful Losers
08. What ?!
09. Dirty Waterfalls
10. Erase
11. Gore Machine
12. I Love You Dark

Label: Discograph
Date de sortie: 26 janvier 2009

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La vidéo de Ouais via Dailymotion

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

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