Squares on both sides – Indication

squares.jpgCroquet, par l’irréfutable sincérité qui s’en dégageait (et plus encore) avait fait de Squares On Both Sides un magnifique et attachant compagnon de tous ces instants où l’on cherche un peu de recueillement. Et »Dunaj » n’avait fait que conforter ce statut, installant définitivement le jeune Daniel Buerkner au rang des songwriters de l’intime.

Depuis lors, Hausmusik, qu’on ne remerciera jamais assez pour cette découverte, a rendu les armes et cessé toute activité, passant le relais à  la maison luxembourgeoise Own records. En dépit de ce transfert, très peu de choses ont changé, et égoîstement je m’en réjouis, car c’est ainsi que sa musique me touche.

Impeccablement produit, rendant ainsi justice à  la gestion de l’espace et des silences qui y est faite, Indication repose sur des mélodies épurées et pourtant obsédantes, construites avec un savoir-faire indéniable et matériellement peu de choses : basse timide, guitares acoustique ou électrique et piano joués tout en retenue, avec de petites touches de mélodica et de glockenspiel. Avec une telle panoplie, on pourrait craindre un énième disque de folk de chambre suintant la mélancolie, mais Squares On Both Sides se démarque d’une quelconque école traditionnaliste en étayant son propos de fields recordings toujours pertinents, d’interventions numériques discrètes et jamais gratuites, et pour tout dire souvent délectables, comme cette boucle irrésistible qui se met paisiblement en place, pour finalement faire acte de Presence sur le morceau du même nom. Et que dire des interventions électroniques fragiles et volatiles du japonais aus (« Telegraphy »), ou de cette rythmique mimant la lente progression d’un attelage équin sur un Kitsune aux contre-chants murmurés, beau comme du Sparklehorse première mouture (un fantôme lointain que l’on se remémore aussi sur »Author »).

Mais plus que tout, c’est cette faculté qu’a ce garçon d’instaurer des instants complices, aidé en cela d’une voix plus assurée et mise en avant que par le passé, mais qui persiste à  laisser fuir les fêlures de l’âme.

Tant de sincérité et de retenue ne font que parachever mon attachement au personnage et à  sa musique. Plus qu’une Indication, ceci est le signe manifeste que cet album très humain va figurer au chapitre des pages musicales qui comptent.

Sébastien Radiguet

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Tracklist :
01. Pripyat
02. Kitsune
03. Temples 1
04. The lines we seize
05. Cantaloupes
06. Temples 2
07. Presence
08. Author
09. The photographic gun
10. Indication
11. Telegraphy

Durée : 39’10
Sortie : 14 février 2009
Label : Own records / Differ-ant

Plus+
www.squaresonbothsides.de
www.myspace.com/ownrecords

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