La casa – Les trucs abîmés

La Casa est un groupe français qui ne donne ni dans la « nouvelle chanson française » ni dans « on aimait bien Noir désir nous, ça s’entend hein, et vous ? ». Un groupe qui depuis sa Mayenne natale nourrit sa musique de son amour pour les grands espace champêtres et vachers de la [...]

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lacasa.jpgLa Casa est un groupe français qui ne donne ni dans la « nouvelle chanson française » ni dans « on aimait bien Noir désir nous, ça s’entend hein, et vous ? ». Un groupe qui depuis sa Mayenne natale nourrit sa musique de son amour pour les grands espace champêtres et vachers de la France (Laval n’est-il pas le siège de Lactel France ?), mais aussi pour les culottes de cow boy et du Stetson qu’on porte du côté de Tucson en Arizona.

Pierre Le Feuvre et Jef Péculier ont trente ans, et on passé un grande partie de leur jeunesse en voisins à Saint-Denis les Gastines, à quelques encablures du sus mentionné Laval en Mayenne. Et au fil de cette jeunesse faite d’amitié (tin on se croirait dans un résumé de Tom Sawyer) ils en ont profité pour jouer ensemble tout un tas de musique, au cours de formation finalement réduites au duo d’aujourd’hui : La Casa. Mais pas que.

Parce qu’ils sont éloignés de pôles comme Rennes et Paris, ils n’ont pu bénéficier du réseau collectif ou associatif lié. Du coup c’est à force d’idée, de débrouille et de démerde artistico-administrative que les deux bonhommes ont en marge de leur activité musicale stricto sensu, monté différents festivals régionaux, histoire de voir du rock aussi dans leur région…

De cette excentration, de ces années passées à exercer différents métiers bénévoles ou lucratifs, de cette volonté à faire émerger des représentations musicales en régions… la musique de La Casa conserve une belle dose de maturité, et un esprit do it yourself qui point au fil de ce premier véritable album distribué par le 3e bureau (nouvelle structure « découverte » de Wagram ). Une façon aussi de ne pas se prendre trop au sérieux, dans l’attitude, (dont on a pu se rendre compte lors de l’interview /chat expérimental sur notre site. Merci à eux).

Musicalement, c’est du côté des grands espaces, et du rock que lorgne les trucs abîmés. Et on ne voit pas comment faire l’impasse sur une référence majeure dans le style : Calexico d’ailleurs avoué dans la bio des bonhommes. Parce que La casa tient plus de la bande à John Convertino relevé sur un esprit débrouille ou mondialiste façon Mano Negra (sans le côté obsessionnel latino) que des essais de la bande à Fred Pellegrini avec ou sans ses Little rabbits. On prend l’atmosphère, on suce l’univers, mais on oublie la pose. Et ça fait du bien. Musicalement, les trucs abîmés est un joli compromis entre l’Amérique et la France, Les cowboy et les fermiers.

Et pour parachever l’exercice, chante en français. Choix esthétique qui est à la fois la grande force et sa limite sémantique. On apprécie, beaucoup, l’idée d’un groupe de cowboys sans les bottes, qui sortent la guitare pour chanter en français autant à l’aise sur le plateau de Taratata que dans une station service à mille mille de toute terre habitée en plein milieu du far west. On aime le choix, on aime ne pas être choqué par l’idiome au milieu d’une musique pourtant éculée, mais qui trouve ici un joli souffle.
On a plus de mal, parfois, parce qu’on comprend les paroles, avec les thèmes abordés par le duo. On sait que d’autres encenseront pour les mêmes raisons, mais on est un peu perdus quant à nous, par certaines des paroles qui parce qu’on les comprend, nous passent parfois à des lieues au dessus de la caboche. Dommage.

Dommage parce qu’on aurait aimé aimer inconditionnellement, pour cette fraicheur, cette absence de prise de tête et cette bonne humeur qui transparait au fil de l’album et semble jaillir du duo lui-même. Mais comme parfois on coince sur les paroles, on se fatigue ici et là au fil des trucs abîmés dont on peine du coup à faire notre album de chevet. Et on remet à plus tard notre totale adhésion, persuadé que d’autres y trouveront de quoi « faire leur journée ».

Denis Verloes

3.gif

Tracklist
01. 2 Novembre
02. Go Go Go
03. No Style
04. Les Trucs Abîmés
05. La Ruta
06. La Lune
07. Qui Veut Nos Peaux
08. Mon Frère
09. Triste Comme Un Violoncelle
10. Mademoiselle
11. Los Angeles
12. Pas De Plan Sur La Comète
13. Cerveza’S Song

Date de sortie :12 janvier 2009
Label :3e bureau / Wagram

Plus+
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Le site officiel
Les vidéos via Google
Le vidéo interview réalisé hiver 2008

La vidéo de GO, GO, GO sur Dailymotion

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

  • stephane

    héhé bien joué la new version

    et pas mécontent d’inaugurer la nouvelle home avec La Casa ;o)

  • Eusèbe

    Limite sémantique? On coince parcequ’on comprend les paroles? Musique éculée?

    On croit rêver quand même.
    Quand en France, pays bouffé par la variet merdique, les chroniqueurs ne sont pas foutus de tirer par les hauts les bons groupes rock/pop/folk francophone, on se dit quand même que c’est mal barré pour voir changer la donne dans ce foutu paysage musical français.
    Et pendant ce temps, ces même chroniqueurs donnent un prime à la médiocrité pour les groupe anglophone.

    Repensez vos chroniques les gars, il est encore temps.

    Eusèbe, content de voir Montgomery, un homme et une femme ou Elista à coté de Radiohead, Arcade fire, les pixies ou Beirut sur son étagère.

  • http://emgenius.free.fr Denis Verloes

    Coule notre premier Troll. Qui prouve de lui-même qu’il ne lit pas Benzine.
    OH man on peut ne pas trouver des limites à la Casa et ne pas être francophobe. Regarde nos chros de Montgomery, BO, et plein d’autres.

  • Eusèbe

    Troll, moi ? Peuh, même pas vrai!
    Le vrai troll c’est la litanie sur le « rock en français ».

    Je ne parle pas de « francophobie », mais de méfiance! Les chroniqueurs français se méfient tous des groupes chantant en français (de peur de chroniquer positivement un groupe qui pourrait se lisser, voire sombrer dans la variété en cherchant le succès ?)

    Je connais les articles de Benzine, dont celui sur Montgomery.
    Il faut effectivement des groupes comme montgomery, qui surclassent ce qui se fait en ce moment (france et ailleurs) pour avoir une critique ‘sympa’.

    Dommage collatéral : vous placez alors la barre haut pour les suivants!

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