Gang gang dance – Saint Dymphna

Tu vois Aphex Twin ? GGD c’est ça. Tu vois Animal collective? GGD c’est ça. Tu vois les premiers albums de TV on the Radio? GGD c’est ça. Tu vois la nappe sonore de My bloody valentine? GGD c’est ça. Le son d’une production RNB ? GGD c’est ça. La voix de Mike Skinner de [...]

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ganggangdance.jpgTu vois Aphex Twin ? GGD c’est ça. Tu vois Animal collective? GGD c’est ça. Tu vois les premiers albums de TV on the Radio? GGD c’est ça. Tu vois la nappe sonore de My bloody valentine? GGD c’est ça. Le son d’une production RNB ? GGD c’est ça. La voix de Mike Skinner de The Streets? GGD c’est ça. Ou celle d’Alison Shaw des Cranes , et des riffs wa wa de film des seventies? GGD c’est ça ! Tu vois ta tête en ce moment ? GGD c’est ça !

Le quatrième album (le premier que je découvre) du quatuor new yorkais emmené par le batteur Tim DeWitt et le claviériste Bryan DeGraw est vraiment un peu de tout ça. Mais d’avoir balancé de la référence à tout va n’est finalement d’une grande aide à personne. Disons qu’au croisement de la world, de l’intelligent techno, du RNB et du rock de shoegazzer il y a Gang gang dance.

Ce genre d’album qui si on l’avait découvert en même temps que tout le monde en 2008, aurait transformé notre top 21 des albums indispensables en un top 22. Et même que si on avait bossé aux Inrocks ou à Technikart on aurait sûrement pondu un dossier mi- musique mi-mollette mi-société qui parle de cette génération artistique qu’on aurait appelée du « piratage » pour appâter le chaland. En fait juste le constat que tout une vague de musiciens actuels, essentiellement américains pour le moment, et new yorkais jusqu’à présent, ont une culture musicale impressionnante. Une culture qu’on ne peut évidemment pas se faire en achetant tout ce qu’on écoute … ce qu’aurait retenu Numerama et un comportement condamné par Pascal Nègre… enfin tout ça.

Force est de constater que de cette culture musicale éclectique et intemporelle, Gang Gand Dance ne fournit pas un sirop respectueux pour toux grasses et ennui mortel. Gang Gang Dance fait se percuter l’ambient et le Wu tang clan, aussi bien d’ailleurs que Snoop Dog et la guitare distordue. Le pire, c’est que si ce n’est pas transformé en un autel respectueux de la conscience musicale, ce n’est pas non plus un joyeux bordel organisé. Ni une explosion de feux d’artifices jetés en tous sens. Non non, c’est trié, organisé, rendu efficace et imparable, tant par l’agencement interne que par le positionnement des titres dans l’album. Le ton n’est d’ailleurs pas que à l’éclat, ni du tout, à l’épate.

C’est un peu comme si chaque élément sonore, chaque mimique, chaque rôle musical était considéré comme une lettre, une variable d’une équation mathématique que seule le groupe semble connaître. Tel son+tel ryhtme x telle origine – la racine carrée tel instrument % tel flow produit la séquence de génétique musicale suivante : caresse de colocataire > ondulation du bassin > énervement de la jambe droite > excitation du tempo du couple > sautillement crétin compulsif et solitaire > groove du popotin > main sur le bassin > prise du buste entre les bras musclés et douce glissade sur un drap de satin > réflexion salutaire et pose de penseur.

Techniquement, la production est léchée et l’architecture des titres une somme de petits bijoux d’ordonnancement. On pourrait lister les éléments qu’on croit reconnaitre, les différents sons qu’on y repère ou les mécaniques qu’on déflore de ci de là, tout heureux de comprendre à quoi sert tel instrument, ou tel artifice… On préfère s’abstenir. Se laisser porter par cette grande fresque picturale musicale, cette formule mathématique -à la foix plein tube et mid tempo- du bonheur contemporain. Gang gang dance est un groupe d’aujourd’hui. Très certainement. Et Saint Dymphna parti pour durer : évidemment.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Bebey
02. First Communion
03. Blue Nile
04. Vacuum
05. Princes
06. Inners Pace
07. Afoot
08. House Jam
09. Interlude
10. Desert Storm
11. Dust

Date de sortie: 17 novembre 2008
Label: Warp / Discograph

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Ocrilim pendant leur tournée 2007 via Youtube

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  alors qu'il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d'interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n'a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu'il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d'autres non.

  • marvin

    Rien mais rien ne me fait decoller dans ce disque. La musique n’est pas une formule mathématique pour obtenir un resultat. c’est avant tout l’expression d un sentiment, d’une emotion….
    la, c’est on colle plein de sons ensemble et on voit ce que ca peut donner.
    Ni virtuose, ni émouvant…juste dans l’air du temps

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