Millimetrik – Northwest passage’s new era

millimetrik.jpgAlors que la pérennité de ses projets collectifs Below the Sea et Glider demeure improbable, le canadien Pascal Asselin poursuit son échappée solitaire, continuant d’afficher une insatiabilité pour la chose atmosphérique. Mais là  où cette dimension constituait la quintessence de ses disques antérieurs, elle revêt un caractère secondaire, laissant émerger une appétence certaine pour des mélodies intelligibles essaimées par des piano, violoncelle, guitare et contrebasse, et des rythmiques franches et appuyées, solidement amarrées dans le hip-hop. Cette nouvelle tournure amène la musique de Millimetrik à  fréquemment marivauder avec le abstract hip-hop très cinématographique de DJ Shadow, proposant ainsi de possibles B.O. de films obscurs tournés dans le vieux Brooklyn (Le libraire obscur du Mont d’Iberville, ses samples orchestraux poussiéreux, ses trompettes bouchées et scratches de rigueur). Flirtant avec l’opacité des Boards of Canada (Pascaline Knight), ou une certaine forme de trip-hop langoureux, son langage polaire se pare de piano et/ou contrebasse répétitives au phrasé jazzy (En mémoire de Terror et Erebus, La sonate de l’homme bon et sa voix embrumée), ou de tonalités aux vertus anxiogènes, dès lors que The owls are watching us.
Conformément à  ce qu’on était en droit d’attendre d’un pareil défenseur de la cause post-rock atmosphérique sous assistance électronique, Millimetrik s’en est allé dénicher quelques fleurons du genre, à  commencer par Port-Royal, qui paraphe de ses guitares planantes et beats passagèrement crunchy Les artéfacts du futur ; puis Ulrich Schnauss qui, muni de ses claviers stratosphériques et givrés, apporte ampleur et panoramique au Suicide bi-polaire. Une densité synthétique que l’on retrouve sur A travers le temps de retour, en préambule aux Courants intimistes, alliage éthéré dreampop-tronica dans lequel se noie la voix liquéfiée de Marie Jorge.
A défaut de la nouvelle ère annoncée, cet album est le signe d’un glissement réussi et sans heurt vers des territoires plus rythmés et mi-lumineux.

Sébastien Radiguet

4.gif

Tracklist :
01. Sournoise supercherie
02. Reykjavik (Version)
03. Les artefacts du futur
04. Suicide bi-polaire
05. La sonate de l’homme bon
06. Le libraire obscur du Mont d’Iberville
07. En mémoire de Terror et Erebus
08. The owls are watching us
09. À travers le temps de retour
10. Courants intimistes
11. Pascaline Knight

Durée : 46’00
Sortie : mars 2008
Label : Make Mine Music

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *