Pénétrer dans le nouvel album d’Alela Diane, c’est avant tout se demander ce qu’on vient y chercher de neuf, qu’on aurait pas encore découvert sur l’introductif the pirate’s gospel
Alela perpétue en effet, avec les chœurs de son amie Mariée Sioux, un ouvrage entamé en 2007. Etrangement, poussif et ennuyeux chez la plupart des groupes qui s’y plongent, la réduplication du même procure un doux et réconfortant sentiment de proximité, s’agissant d’artistes comme Alela Diane ou Andrew Bird. Il y a beau avoir des accointances et similitudes plutôt évidentes entre l’album de 2007 et to be still ; personne ne penserait à en blâmer Alela Diane.
Musicalement, la jeune femme apparue dans l’actualité musicale du début 2009 pour son incarnation en chanteuse pop mélancolique en compagnie des Headless Heroes, convoque à nouveau un univers doux, sombre, charmant mais gris pastel à la croisée de la folk et du blues américain originel. On y reprend pied comme on rentre chez soi, un dimanche taciturne en fin de vacances, après un voyage émerveillé. Comme un mélange de home sweet home et de nostalgie d’instants forts et à peine envolés.
Seule la présence plus prégnante des cordes (violons, violoncelles, mandoline) ou des percussions et de la pedal steel témoignent d’une certaine évolution musicale entre 2007 et 2009. Une évolution dont bénéficient les ré-arrangements des morceaux du EP songs whistled through white teeth déjà paru en 2008 et présents sur to be still. Ils font le pont entre l’écriture du précédent album avec son jeu folk décharné et l’incarnation de 2008 plus riche en instruments. On est pour le reste toujours spectateur ou complice de ces histoires dont l’amour ou la rupture sont les ferments constitutifs. Et dont le charme nait en slow tempo.
On ne se risquera pas à laisser entendre une quelconque lassitude de chroniqueur, tant l’ensemble nage largement au dessus d’une mêlée folk pléthorique (si on est pas expert ou amateur de sous genres ou sous identités). To be still est beau, charmant, limpide et diablement bien torché. Reste qu’il nous semble juste que la voix d’Alela Diane nous transportait encore plus dès l’instant où elle était l’événement principal et l’instrument majeur des compositions.
Diluée (à peine) au milieu des cordes notamment, il lui est imposé de céder un peu de champs au milieu de la scène. Et l’album perd (un tout petit peu) de l’intensité dramatique du premier opus. To be still demeure néanmoins, de très très très haute volée.
Denis Verloes
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Tracklist
01. Dry Grass & Shadows
02. White As Diamonds
03. Age Old Blue
04. To Be Still
05. Take Us Back
06. The Alder Trees
07. My Brambles
08. The Ocean
09. Every Path
10. Tatted Lace
11. Lady Divine
Date de sortie: 17 février 2009
Label: Fargo / Naïve
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La vidéo de White as diamond sur Dailymotion














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