Chroniques express 60

denims.jpgJJ Cale / Jonathan Bénisty / Guillaume de Chassy et Daniel Yvinec / Alif Tree / Coloma / Hot Gossip / Terence Fixmer / Reigns / A Second of June / Swayzak / Lorna / Utopium

jjcale.jpgJJ Cale – Roll On
« Roll On » distile ce genre de musique que l’on entend souvent dans les roads-movie américains avec ces fameux plans d’hélico, travelling arrière, montrant une voiture filant à  toute allure sur une route poussiéreuse en plein milieu d’un désert avec à  son bord des types habillés comme des cow-boys… De l’imagerie à  la Eddy Mitchell sans doute, qui d’ailleurs lui aussi a du beaucoup du être influence par JJ Cale »enfin tout ça pour dire que si ce nième album de JJ Cale n’est pas très passionnant, sur deux ou trois morceaux ça a son charme, et en plus ça pourrait faire un joli cadeau pour le prochain anniversaire de votre vieux papa. (2.0) Benoît Richard
Because Music – mars 2009

cdvariationsnet.jpgJonathan Bénisty – Les variations de l’éther
Au même moment sortent conjointement deux disques signés Jonathan Benisty, d’abord un album de chanson française »Abdominal » et un second, les variations de l’éther, quasi instrumental, né de la collaboration avec le photographe Johann Fournier. C.’est ce second qui a retenu mon intention par ses qualités évocatrices et évidemment pour ses qualités musicales remarquables. Jonathan Bénisty déploie neuf morceaux mélodieux et mélancoliques, bénéficiant d’arrangements et d’une instrumentation riche (guitares, bass, violons, piano, boites à  musiques ») pour ceux qui aiment les petites musiques de films imaginaires. Un album où se mêlent instruments classiques et sonorités diverses (cloches ») dans un style assez proche de ce que pouvait faire Yann Tiersen il y a quelques années, ou encore le californien, certes moins connu mais tout aussi estimable, Tommy Guerrero. (4.0) Benoît Richard
Ubik Productions/anticraft – mars 2009

yvinec.jpgGuillaume de Chassy et Daniel Yvinec : Songs from the last century
Guillaume de Chassy et Daniel Yvinec (pianiste et contrebassiste), accompagnés de Paul Motian (batterie) et de Mark Murphy (chant) proposent un nouveau concept album après »Chansons sous les bombes » dans lequel ils reprenaient des chansons françaises de l’entre deux-guerres, et »Wonderful World » où ils reprenaient des standards américains des années 30 et 40. Cette fois il s’agit de reprendre des titres issus du répertoire de gens tels que Neil Young, Paul Simon, Prince ou encore Ira et George Gershwin dans des versiosn jazz très confortables. Au programme donc 14 thèmes plus ou moins connus, joués très simplement et avec beaucoup de finesse et d’élégance. Ambiance du soir cosy, jazzy, chansons de crooner, avec des orchestrations très douces, très calmes facile à  écouter… bref, un album que l’on pourra apprécier sans pour autant être un grand amateur de jazz. (3.5) Benoît Richard
Bee Jazz/abeille Musique – 26 février 2009

aliftree.jpgAlif Tree – Clockwork
Décidément Alif Tree est un musicien qui sait se faire attendre. Alors que Quatre ans s’étaient écoulés entre »Spaced » et »French Cuisine » son précédent album, il a fallu attendre encore trois ans pour trouver un successeur à  l’excellent »French Cusine » sur lequel ce garçon laissait éclater son goût immodéré pour les musiques de films 70.’s, le jazz, les musiques soul ou latines. Trois ans après c’est avec »Clockwork » qu’il nous revient, un disque enregistre à  Nashville avec notamment Tony Joe White et dans lequel on retrouve invariablement le côté contrasté de sa musique, allant dans pas mal de directions différentes, quitte à  perdre son monde en route. Et c’est un peu ce qui se passe avec ces 10 morceaux dont on a peu de mal à  suivre le fil dont certainse chansons (le gros point faible de l’album) paraissent bien trop lisses et fades (« Never Be The Same » »Reality » »Not Gonna Waste My Time » »mai ») dans une production lounge banale, qui sonne un peu datée et peine forcément à  captiver. (2.0) Benoît Richard
Compost/differ-ant – mars 2009

coloma.jpgColoma – Love’s Recurring Dream
Auteur de trois albums (« Silverware » en 2002, »Finery » en 2003, »Dovetail » en 2006) le duo Alex Paulick et Rob Taylor, que l’on connaît le nom Coloma, proposent un nouvel album (« Love`s Recurring Dream ») sur la structure Italic Records. Malheureusement, on a envie de dire une fois de plus que la pop sophistiquée de Coloma déçoit après le déjà  moyen »Dovetail ». Sur ce nouvel album, le groupe cherche la complication avec des titres excessivement alambiquées dans un ensemble très mais où l’on se perd vite et où on a du mal à  s’attacher à  tel ou tel titre. Alors certes, on appréciera l’audace du groupe, le côté non-conformiste de leur musique qui se fiche des modes et des courants, qui propose des arrangeants très travaillés avec clavecin, vibraphone, choeurs généreux mais au final la fraîcheur, l’émotion semblent bien absents et l’ennui gagne très vite. Leur jour où Coloma reviendra à  plus de simplicité et plus d’allant pop, on retrouvera sans doute le groupe qui nous avait terriblement emballé avec »Silverware » et »Finery ». (2.0) Benoît Richard
Italic/Module – mars 2009

1517.jpgHot Gossip – You look faster when you are young
Plus fort que The Gossip (sans problème !), Hot Gossip est un groupe italien qui sort son second album après »Angles » en 2006. Si on attend jamais trop rien des formation italienne dont la réputation reste à  faire, en revanche on pourra compter sans problème avec Hot Gossip dont ce »You Look Faster When You Are Young » constitue une vraie bonne surprise. Dans un style assez classique, que l’on pourrait qualifier de dance-rock pas très loin de ce que peuvent faire les Franz Ferdinand ou encore, LCD Soundsystem, ce trio milanais insuffle une fraîcheur et une énergie incontestable à  travers 12 titres additifs, à  la fois simples et efficace, je ne peux que vous recommander chaudement. Direct, sans manière ni prise de tête, pétri de mélodies faciles à  retenir, cet album constituera un excellent choix pour débuter une journée avec entrain. (4.0) Benoît Richard
Ghost records – mars 2009

fixmer.jpgTerence Fixmer – Fiction fiction
Sans faire de bruit mais avec une certaine régularité, le lillois Terence Fixmer s’est imposé au fil des années comme une des valeurs sûres de la techno hexagonale avec notamment 2 albums solo sur Gigolo, plusieurs maxis sur Novamute, Citizen ou Datapunk et des remixes pour des gens comme Sven Väth, Radio Slave, Dave Clarke ou DJ Hell. En ce début 2009, on découvre don un troisième album emprunt de noirceur de froideur, dans la lignée des grands maîtres de Detroit mais pas seulement… Si les album de Terence Fixmer, jusqu’alors, n’avaient que très peu attiré ma curiosité, je dois dire qu’avec ce »Fiction Fiction » la surprise est bien là . Car en plus de faire une techno solide et efficace, le garçon sait créer des ambiances et parvient à  proposer des titres assez tordus et alambiquées pour susciter un réel intérêt. Et même si l’album est un peu long, on trouvera largement de quoi satisfaire son gôut pour les sonorités techno grâce à  une production qui sort largement des sentiers battus. (3.0) Benoît Richard
Module – février 2009

reigns.jpg

Reigns – The House on the Causeway
« The House on the Causeway » est le troisième album Reigns. Après »We Lowered A Microphone Into The Ground » (2005) et »Styne Vallis » (2006), les frères Farthing reviennent vers nous cette fois sur Monotreme avec une nouveau concept narratif qui tourne cette fois autour d’une maison isolée et fantomatique qui rappelle étrangement la maison de Norman Bates dans »Psychose ». Habitué aux histoires à  dormir debout, Reigns accompagne ses textes de musiques aux accents cinématographiques mélangeant audacieusement post-rock et tronica dans des constructions d’où ressortent guitares lumineuses, basse sourdes, piano froid, chant fantomatique et divers bruits qui rendent le tout très prenant. Une formule que l’on avait déjà  pu apprécier sur les deux précédents LPs mais aussi chez des gens comme Hood, Why ? ou Piano Magic et qui ici encore fonctionne à  merveille. (4.0) Benoît Richard
Monotreme – differ-ant – mars 2009

asojtilaws_200.jpgA Second of June – The Inside Laws
Pour qui apprécient Sonic Youth, la scène shoegaze ou encore les divins Hood ou Blonde Redhead, aimer la musique de A Second Of June ne devrait pas poser trop de problème tant elle présente une certaine ressemblance avec les groupes pré-cités en plus d’offrir des pistes et des références solides.Groupe strasbourgeois, A Second Of June a enregistré cet album au Studio Növalis dans les Vosges (pas très loin de chez moi) avant d’attaquer une série de concerts en Allemagne et Europe de l’Est au printemps 2009. Pour parler un peu plus de cet album, on pourrait dire qu’il oscille entre pop et rock indé duquel se dégage une mélancolie froide qui me rappelle certaines formation new wave/ cold wave des années 80, voire même le groupe de Propper-Sheppard, The God Machine, certes en moins sonique, mais qui lui aussi dégageait cette forme de beauté triste très touchante. Avec »The Inside Laws » A Second Of June signe là  un album sans fioriture et appliqué, qui fera sans doute plus office de Madeleine de Proust que de réelle découverte mais qui vaut largement plus que les dizaines de buzz lancés chaque mois pour des groupes qui ne valent pas tripette.(3.5) Benoît Richard
kim records – décembre 2008

swayzak.jpgSwayzak – Snowboarding in Argentina (réédition)
Plus de 10 ans après sa sortie, le mythique »Snowboarding in Argentina » premier album u duo Swayzak, est réédité. l’occasion de se rendre compte à  quel point les anglais avaient déjà  tout compris à  la minimal techno et que l’on pouvait même y insuffler une touche de pop et de dub pour la rendre encore plus belle !
Du coup, pour beaucoup, la découverte de ce groupe et de cet album fut à  l’époque une sacrée claque. Un album qui laissait entrevoir de belles possibilités qui se concrétisèrent avec »Himawari » (200) et »Dirty Dancing » (2002). Deux albums eux aussi indispensables et qui firent à  tout jamais la renommée de Swayzak. Entièrement remasterisé, les titres de l’album a été également remanié pour restituer fidèlement les intentions premières de James S. Taylor et David Brown. Chaque chanson apparaît également dans sa version longue et du coup on est passé de 9 titres au départ à  seulement 7 titres dans cette version rééditée. Mais au final, rien est perdu et l’esprit et le son de l’époque restent intacts. (4.5) Benoît Richard
Swayzak/Module – février 2009

lorna.jpgLorna – Writing Down Things To say
Mark et Sharon Rolfe et leurs amis nous ont déjà  montré par le passé (Trois albums déjà ), combien ils maîtrisaient cette petite alchimie qui consiste à  faire une musique pop, folk léger, soignée, emprunte d’une grande douceur et à  laquelle on s’attache très vite et sans la moindre difficulté. Si ce nouvel album est peut-être moins surprenant que le précédent, il n’en reste pas moins une petite merveille de folk mélancolique bénéficiant (comme toujours chez Lorna) d’arrangements somptueux, très variés, où l’on retrouve des sonorités électroniques fines aux côtés d’instruments plus traditionnels tels que les banjos, violons, trompettes vibraphones ou guitares pedal-steel. Comme ses prédécesseurs, »Writing Down Things To say » est un disque simple, immédiat, que l’on accueillera avec tout le respect qu’il se doit, tout comme on a pu accueillir par le passé ceux de Coastal, (le voisins de label) Galaxy 500, Mojave 3, Walkabouts, Mazzy Star ou Spain. (3.5) Benoît Richard
Word on Music – janvier 2009

utopium.jpgUtopium – Doubleplusgood
On a déjà  croisé la formation Utopium en 2006 avec un premier LP »No Memory Man » on les retrouve en 2009 avec leur second essai »Doubleplusgood » sur le label Planet of Sounds où le groupe marche plus que jamais sur les traces de Placebo dont l’ombre semble poursuivre le groupe une bonne partie de l’album. Dommage qu’une telle référence colle autant à  ce groupe car le rock sonique de Utopium se révèle tout de suite plus intéressant quand il se démarque de ce style dans des compos instrumentales, plus atmosphériques, plus post-rock et nettement plus captivantes aussi. Bref, un disque à  double facette, à  moitié convaincant mais que les amateurs de murs du son ne devraient pas manquer. (2.5) Benoît Richard
Planet of Sounds – février 2009

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